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Décryptage

Prépas scientifiques : tout savoir sur les classes étoilées

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En France, 30% des classes de maths spé’ sont des "étoilées". // © Adobe stock/Alexander Raths
En France, 30% des classes de maths spé’ sont des "étoilées". // © Adobe stock/Alexander Raths

Les CPGE étoilées accueillent en maths spé’ (deuxième année de prépa scientifique) des élèves qui bénéficient d’une préparation particulière aux concours des écoles d’ingénieurs les plus sélectives (X, ENS, Mines, Centrale, Supaéro…). À qui sont ouvertes les prépas étoilées ? Quels cours y sont dispensés ? L’Etudiant fait le point.

Accessibles après une première année de CPGE scientifique dans l’une des options suivantes MPSI (mathématiques, physique et sciences de l'ingénieur), PCSI (physique, chimie et sciences de l'ingénieur), PTSI (physique, technologie et sciences de l'ingénieur), les prépas MP*(mathématiques et physique), PC*(physique-chimie), PSI* (physique et sciences de l'ingénieur) et PT* (physique – technologie) sont des classes dites "étoile"(*) ou "étoilées" qui préparent spécifiquement leurs élèves aux concours réputés les plus sélectifs.

Elles sont réparties sur tout le territoire, avec une présence plus dense en Ȋle-de-France, où se concentre par ailleurs une offre importante et variée de classes préparatoires. En France, 30% des classes de maths spé’ sont des "étoilées", qui accueillent autant de filles que de garçons, excepté en MP. Il n’existe pas de BCPST* (biologie, chimie, physique et sciences de la vie et de la Terre) ni de TSI* (technologie et sciences industrielles).

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Quel profil pour intégrer une prépa étoilée ?

"Les prépas étoilées accueillent des étudiants qui en ont sous le pied et qui souhaitent explorer les sciences avec un plus grand degré d'approfondissement, décrit Mickaël Prost, professeur de mathématiques en PT* au lycée Chaptal, à Paris, et président de l’UPS (Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques). On y retrouve des profils d’élèves qui avancent à un rythme soutenu, qui appréhendent les concepts facilement et qui ont moins besoin d’être guidés que leurs camarades en classe non étoilée pour résoudre des problèmes de maths ou de physique-chimie."

Pour intégrer une classe étoile, il faut être travailleur, rapide et autonome. Il n’est pas obligatoire de viser ces classes dès son arrivée en première année de prépa. Ce sont les écoles que l’on espère décrocher et la manière dont on évolue durant la première partie de la sup’ qui sont des facteurs déterminants pour envisager une poursuite en CPGE*.

En première année, les professeurs analysent le parcours de chaque élève, les progrès accomplis, la marge de progression encore envisageable, afin de repérer ceux qui seront le plus épanouis en classe étoilée. Les notes en sciences comptent évidemment, mais le niveau dans les disciplines littéraires est aussi examiné.

Les étudiants peuvent faire connaître leur envie d’aller en prépa étoile directement à leurs professeurs, sans attendre qu’ils le leur proposent. Mais la décision finale revient toujours au conseil de classe. Ceux qui poursuivent en prépa non étoilée ne sont pas forcément moins bons. "Ils peuvent avoir besoin d’un rythme moins poussé mais qui leur permettra de progresser et de très bien réussir, alors qu’ils auraient été dans une posture moins évidente de succès en prépa étoilée", explique Mickaël Prost.

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CPGE étoile : un programme spécifique ?

Même volume horaire, même programme de cours et de khôlles, même nombre de devoirs, pas plus de concours blancs… Sur le papier pas de différences entre une prépa étoile ou non. "Le programme est identique car les attendus aux concours ne varient pas", explique Romain Ramozzi, professeur de chimie en PC* au lycée Poincaré de Nancy (54).

"Cependant, en étoile, la classe avance plus vite dans la compréhension du cours et ses applications directes pour passer à des notions plus poussées", poursuit-il. Les exercices sont principalement piochés dans les banques des concours Mines-Ponts, Centrale, X/ENS, etc. L’exigence disciplinaire est plus forte et le niveau d’investissement demandé aux élèves est plus important.

Les professeurs pratiquent d’ailleurs une pédagogie différentiée pour accompagner le développement de chacun en allant encore plus loin avec ceux qui le peuvent. Parfois même en s’éloignant de la préparation pure des concours. "Ils ne sont pas le seul horizon en prépa, rappelle Mickaël Prost, il faut aider nos étudiants à voir au-delà."

"En prépa étoilée, les élèves n'ont pas seulement 'la tête dans les concours', ils posent beaucoup de questions sur l’'après' : la réalité du métier d’ingénieur, ce que pourront être leurs futures carrières. Ce sont des élèves brillants intellectuellement et riches humainement", souligne Romain Ramozzi.

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"Je n'ai pas pensé à la classe étoile de toute ma 1re année de prépa!"

Anne-Sophie Cramilly, élève en 5/2 en PSI* au lycée Corneille, à Rouen (76).

"En terminale, j’ai pris des renseignements concrets sur la prépa scientifique car je voulais devenir pilote de chasse. Forcément, on espère aller en étoile en 2e année. Mais je n’ai pas pensé à cet objectif de toute ma 1re année de MPSI. J’étais surtout concentrée sur mes notes et, en dehors de quelques échanges avec mon parrain sur des DS, je n’avais pas de contacts particuliers avec les 2e année, qu’ils soient en étoile ou non (nous avons les deux dans notre lycée).

J’ai commencé à penser à la classe étoile vers le milieu de la sup', car j’avais un bon classement et de bonnes chances de l’intégrer. J’ai même eu le choix entre trois classes de maths spé' : la MP étoilée, la MP non étoilée et la PSI étoile. J’ai opté pour la physique plus que les maths !

Ceux qui ne sont pas en étoile, c’est qu’ils ne le souhaitaient pas ou que les profs, qui nous connaissent très bien, le leur ont déconseillé. Dans le fond, cela ne change pas grand chose, en tout cas, ce n'est pas une source de démotivation pour eux et, en plus nous nous entraidons tous. D’ailleurs, en ce moment, la période est difficile pour toutes les classes de maths sup' : nous sommes à plus de la moitié de l’année, la fatigue se fait sentir…

Je vis cela pour la deuxième fois, car j’ai choisi de refaire une seconde 2e année, qui se passe très bien pour moi notamment grâce au groupe d’amis auxquels je suis très liée. Je vise large et me suis inscrite aux concours des CCP, Mines, Centrale, et X/ENS. Ensuite, je me présenterai à l’ENAC, car je veux désormais devenir pilote de ligne…"