1. Collège, lycée : toujours moins de cours en juin ?
Décryptage

Collège, lycée : toujours moins de cours en juin ?

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En juin, l'organisation des examens bouscule l'emploi du temps des collégiens et lycéens. // © plainpicture/Peter Glass
En juin, l'organisation des examens bouscule l'emploi du temps des collégiens et lycéens. // © plainpicture/Peter Glass

Avec l'arrivée du mois de juin, bon nombre de cours commencent à manquer à l'appel dans les collèges et les lycées. Difficile pour les professeurs de boucler le programme et pour les élèves de rester motivés ! Quelles sont solutions pour reconquérir le mois de juin ?

Samedi 8 juillet 2017 : c'est la date officielle à laquelle se termine votre année scolaire. Pourtant, dans certains collèges et beaucoup de lycées, les cours se raréfient au fur et à mesure que le mois de juin avance. Voire dès le mois de mai. Ce qui n'est pas pour déplaire à certains !

Des emplois du temps à trou

Dans le collège de Sacha, à Nogent-sur-Marne (94), la fin de l'année est fixée au 14 juin. Et déjà des cours manquent à l'appel. "Pas mal de professeurs sont absents. Quand ils ne sont pas là on va en permanence ou alors on termine la journée plus tôt", témoigne l'élève de 6e. Dans sa classe, l'ambiance est plus détendue depuis quelque temps. "On rigole beaucoup, mais on travaille aussi beaucoup, car il faut aller vite pour terminer le programme", observe Sacha, qui trouve un peu "bizarre" de finir l'année scolaire dans deux semaines : "Cela va arriver très vite !"

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Sacha est loin d'être le seul à avoir un emploi du temps à trous, si l'on en croit notre sondage express sur Twitter :

La faute aux examens

Qui blâmer pour cet emploi du temps façon emmenthal ? "Les professeurs sont convoqués en tant qu'examinateurs pour le brevet et le baccalauréat. Les établissements faisant fonction de centres d'examen sont mobilisés. Des élèves vont passer des concours pour l'enseignement supérieur..." énumère Philippe Tournier, secrétaire général du syndicat de chef d'établissement SNPDEN-Unsa.

"Tout se gâte à partir du collège. Tous les niveaux et toutes les classes sont touchés à cause des examens", déplore Gérard Pommier, président de la Peep, fédération de parents d'élèves. Les établissements s'organisent donc en conséquence. "Par principe de précaution, le conseil de classe de troisième a généralement déjà eu lieu dans la plupart des collèges", rappelle Philippe Tournier. Et les professeurs essaient de terminer le programme. "Soit ils mettent le turbo, soit ils font des choix... Les programmes sont déjà très denses et conçus sur dix mois..." observe Gérard Pommier.

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La difficile (re)conquête du mois de juin

"Cette situation ne fait que se dégrader", regrette Philippe Tournier. Pourtant, il y a presque dix ans, le ministère de l'Éducation nationale décidait de partir en chasse contre ses heures perdues. C'est ce que l'on a appelé la reconquête du moins de juin ! L'organisation du baccalauréat a été modifiée pour maintenir les cours pendant cette période, des personnels ont été recrutés pour surveiller les examens, le nombre de centres d’examen a augmenté pour permettre à plus de candidats de composer dans leur propre établissement...

Une opération qui a visiblement fait un flop. "Un vague mouvement d'amélioration s'est mis en place pendant deux ans, puis a été emporté par la multiplication des épreuves anticipées du baccalauréat et du contrôle en cours de formation dans l'enseignement professionnel", juge Philippe Tournier. "Aujourd'hui, il faudrait presque parler de reconquête du mois de mai..."

Mettre le bac au régime sec ?

En attendant, pour les élèves, il faut s'occuper. Il y a ceux qui révisent déjà le bac chez eux, ceux qui feront un atelier théâtre ou encore ceux qui iront chez leurs grands-parents. "Les familles se débrouillent comme elles peuvent. Elles trouvent des activités, font jouer la solidarité avec d'autres parents... On peut divertir les élèves mais ce n'est qu'un palliatif. Il faut s'attaquer à la cause", insiste Gérard Pommier.

Comment faire alors pour (re)conquérir le mois de juin ? Alors que le nouveau président de la République veut diminuer le nombre d'épreuves du baccalauréat, certains acteurs plaident pour le régime sec ! "Il faut réduire toutes les épreuves, pas seulement les terminales. On voit bien qu'avec le contrôle en cours de formation dans les lycées et les stages, la situation est tout aussi compliquée", relève Philippe Tournier. "Il faut s'interroger : à quoi sert le baccalauréat ? Si l'on répond à cette question, beaucoup de choses se résoudront d'elles-mêmes", estime-t-il.

Développer l'engagement associatif des élèves

Pour le SGL (syndicat général des lycéens), la bataille n'est pas à mener contre les examens. "De toute façon, il y aura toujours des épreuves en juin et il sera toujours compliqué de mettre en place des cours. Il faut faire avec", relativise Alexia Rebeyrolle, sa présidente. Elle propose d'instaurer des séances des révisions encadrées par des professeurs dans les établissements.

Et pour les élèves qui ne passent pas d'examens ? "Il serait intéressant de nouer des partenariats avec des associations. Au lieu de rester chez eux, les élèves pourraient s'engager". Une expérience à valoriser ensuite sur son CV.