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Décryptage

Prépas solidaires : pour les étudiants boursiers, un tremplin vers les grandes écoles

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Dans les "prépa solidaires", des jeunes diplômés aident les élèves issus de milieux favorisés à préparer les concours d'entrée aux grandes écoles, écoles de journalisme et écoles de la fonction publique. // © zinkevych/Adobe Stock
Dans les "prépa solidaires", des jeunes diplômés aident les élèves issus de milieux favorisés à préparer les concours d'entrée aux grandes écoles, écoles de journalisme et écoles de la fonction publique. // © zinkevych/Adobe Stock

#OUVERTURESOCIALE [Série spéciale]. Vous venez d’un milieu populaire, vous êtes boursier et vous voulez intégrer une grande école ? Dans ce cas, les "prépas solidaires" sont peut-être pour vous ! Visant à renforcer la diversité sociale, ethnique et territoriale au sein des formations les plus sélectives, ces structures accompagnent chaque année plusieurs centaines d’étudiants. Sur le plan pédagogique, organisationnel, mais également, parfois, financier. Explications.

"Grâce à CAP ESSEC, j’ai préparé et passé le concours de l'ESSEC après l'obtention d’un Master 1 LEA. Encadrement par des tuteurs diplômés de l‘école ou des anciens élèves de la prépa, cours de TAGE MAGE, de TOEIC, entretiens : sans cet accompagnement, je n’y serais pas arrivée", raconte Fatou. Comme d’autres étudiants boursiers, cette jeune femme de 22 ans est passée par une "prépa solidaire" avant d’intégrer une grande école.

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"On ne peut pas inventer le monde de demain avec le même type de profils"

Des structures analogues permettent en effet de réviser les concours de l’ENA, de la haute fonction publique, des grandes écoles de commerce et de management ou encore des écoles de journalisme. Avec un objectif clair : renforcer la diversité sociale, ethnique et territoriale au sein des meilleures formations, afin que les cadres de demain ressemblent davantage à la France d’aujourd’hui, plurielle et multiculturelle. "On ne peut pas inventer le monde de demain avec, en permanence, le même type de cerveaux, de profils", estime Chantal Dardelet, directrice du Centre Égalité des Chances de l'ESSEC.

Mises en place par ces écoles ou de manière indépendante, ces formations d’appui et de soutien sont en général sélectives sur le plan scolaire et académique. "270 personnes cherchent, chaque année, à intégrer CP’ENA Egalité des Chances pour 36 étudiants retenus, après sélection sur dossier et lors d’oraux. Nous devons être sélectifs car pour avoir une chance d’intégrer l’ENA ou d’autres formations d’élite, il faut avoir un niveau et un dossier d’excellente facture. Chose à retenir : nous soutenons financièrement nos étudiants et nous les logeons", précise Thierry Rogelet, directeur des enseignements et de la recherche à l’ENA.

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Objectif égalité des chances

Basées sur des critères de sélection scolaires, financiers et sociaux, ces "prépas" ne s’inscrivent pas dans une démarche de discrimination positive. "On accompagne les étudiants qui peuvent intégrer ces formations mais qui, seuls, n’y parviendraient pas. En effet, quand on vient d’un milieu populaire, on peut s’autocensurer, méconnaître les concours, manquer de 'codes sociaux' dans des sphères inconnues jusque-là", analyse Marc Epstein, président de 'La Chance', réservée aux boursiers souhaitant intégrer les écoles de journalisme reconnues par la profession.

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Plus largement, d’autres passerelles existent et interviennent à des moments variables de la scolarité. Ainsi, l'ESSEC a mis en place CAP Prépa, un campus d’été gratuit 'coachant' certains bacheliers boursiers avant l’entrée en CPGE. "Le chemin vers les grandes écoles est semé d’embûches, notamment quand la cellule familiale ne peut pas guider l’élève sur le plan scolaire. Lors du 1er trimestre, il y a énormément d’abandons. Une colle en classe préparatoire n’est pas du tout notée comme une colle de niveau lycée !", explique Chantal Dardelet.

Autre exemple, cette fois dans la région lilloise, avec 'Prépa Solidaire', une initiative aidant les jeunes de quartiers sensibles souhaitant réussir les concours de la fonction publique, en catégorie A, mais aussi en catégories B et C. Une excellente idée : après tout, il n’y a pas de raison que seuls les étudiants passés par des CPGE ou par l’enseignement supérieur puissent bénéficier d’un coup de pouce.

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