1. Ma vie d’étudiante en Chine : Alix dépasse le choc culturel
Reportage

Ma vie d’étudiante en Chine : Alix dépasse le choc culturel

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Alix, en 3e année du master grande école de Kedge, a passé un semestre sur le campus de Suzhou en Chine. // © Cécile Peltier
Alix, en 3e année du master grande école de Kedge, a passé un semestre sur le campus de Suzhou en Chine. // © Cécile Peltier

En troisième année du programme grande école de Kedge Business School, Alix, 23 ans s'est envolée pour un semestre d'études sur le campus de l'Institut franco-chinois de Suzhou, à 80 km de Shanghai. Rencontre avec cette sinophile qui en profite pour découvrir le business et la culture "made in China".

Plébiscitée par les étudiants d'école de commerce en quête de dépaysement, la Chine sonnait plutôt comme un retour aux sources pour Alix, 23 ans, en master 2 du programme grande école de Kedge Business school : "J'ai vécu à Shanghai de la 6e à la 3e. Je parlais un peu chinois, que j'ai passé en LV3 [langue vivante 3] au bac, puis j'ai complètement arrêté. Quand il a été question de partir à l'étranger, la Chine s'est imposée naturellement, raconte l'étudiante attablée à la cafétéria de l'Institut franco-chinois de Suzhou. C'est un pays, mais aussi une culture et une langue que j'aime beaucoup."

Des cours tournés vers la culture chinoise

À Kedge, les étudiants doivent valider au minimum un semestre d'études à l'étranger. Les places en échange sont attribuées en fonction des résultats académiques. Bien classée, Alix aurait pu opter pour l'université de Tsinghua à Pékin, ou Tongji à Shanghai, mais elle a préféré l'institut franco-chinois de Suzhou "car les cours étaient davantage tournés vers la culture chinoise". 

Au programme : droit chinois, business en Chine, géopolitique… dispensés sous forme de séminaires par des professeurs de l'école ou des vacataires locaux. "C'est intéressant, cela permet de mieux comprendre la culture chinoise."

Apprendre le chinois dans la rue

Depuis son arrivée mi-septembre 2016, Alix prend aussi six heures de cours de mandarin par semaine avec un professeur chinois afin de réanimer ses bases et tenter de progresser : "J'écris un peu et j'ai un accent correct que les cours m'aident à améliorer, mais c'est dans la rue que j'apprends le plus, quand je commande en chinois dans un restaurant ou que je fais les courses."

L'étudiante achète les produits de base dans les petites boutiques de la place Wenxin, à quelques minutes de bus du campus de Kedge, situé au cœur des nouveaux quartiers du parcours industriel de Suzhou, ou dans le mini-supermarché de sa résidence : "Des gâteaux, de l'eau minérale, car on ne peut pas boire celle du robinet, mais c'est à peu près tout. Les produits frais, comme les fruits, sont rares et chers. Du coup, on prend presque toujours de la nourriture à emporter qu'on mange à la maison car ici, dans les restaurants, le bruit est gage de qualité!", s'amuse Alix.

D'autant que pour un Français, à Suzhou, le coût de la vie est "raisonnable". Nourriture et sorties comprises, Alix dépense autour de 350 euros par mois. À titre d'exemple, il faut par exemple compter 15 yuans, soit à peine plus de deux euros pour un repas sur le pouce.

En colocation pour 350 euros par mois

Alix, comme beaucoup de ses camarades de Kedge Business school a  opté pour la colocation dans la résidence étudiante située à 10 min de l'institut franco-chinois.

"Chacune a sa chambre, sa salle de bains et ses toilettes, et on partage le salon et la cuisine", détaille Alix. La résidence ultra-moderne de 15 étages, qui s'élève le long de la grande route, a comme le reste du parc industriel de Suzhou des airs un peu lunaires… Mais Alix s'est rapidement habituée à l'architecture austère de cette partie de la ville qui a poussé comme un champignon. 

Au sein de la résidence, peuplée d'étudiants étrangers, l'ambiance est "familiale". Entre deux séances à la salle de sport, Alix retrouve ses colocataires et amis au foyer situé au rez-de-chaussée de la résidence pour une partie de ping-pong ou de baby-foot. La cafétéria du lieu fait office de restaurant international : "On est à assez loin du centre-ville du vieux Suzhou, à environ 25 minutes de voiture et plus d'une heure de bus et beaucoup d'étudiants étrangers ne sortent pas beaucoup du campus", reconnaît l'étudiante qui essaye d'échapper à "l'entre-soi". 

À la rencontre des étudiants chinois

Alix qui est venue avec le souci de découvrir une ville encore "très chinoise" profite des activités proposées par Kedge : calligraphie, visite d'une ferme chinoise, etc. "Pour le carnaval, j'ai accepté de chanter avec une étudiante chinoise, c'était super sympa", se souvient Alix. 

L'emploi du temps des cours offre à ceux qui le souhaitent l'occasion de s'immerger dans la culture locale. Depuis son arrivée, Alix a ainsi visité les nombreux jardins traditionnels classés au patrimoine mondial de l'Unesco et les ruelles bordées de canaux qui font la réputation de Suzhou surnommée la "Venise de l'Est". 

Le soir, les étudiants internationaux ont leurs habitudes dans quelques bars et boîtes du centre-ville. "En tant qu'étrangers on est très bien reçus. On est très souvent invités dans le carré VIP."

Virées shopping et culture à Shanghai

Souvent le week-end, Alix et ses amis sautent dans le train à grande vitesse qui relie Suzhou à Shanghai pour des virée mêlant culture, shopping et sorties nocturnes dans les boîtes et les bars de la mégalopole cosmopolite. Lors de ses premières balades, elle a été frappée par le contraste entre "les halls magnifiques des grands hôtels et les rues bruyantes et sales de la vieille ville".

A Suzhou, le coût de la vie est assez

Elle a aussi profité de grands week-ends pour voyager à travers le pays, avec des excursions en Mongolie intérieure ou au parc forestier de Zhangjiajieles dans le Nord-Ouest de la province du Hunan, qui selon la légende locale aurait inspiré le réalisateur du film "Avatar".

"Le choc culturel est vraiment énorme" 

Après quatre mois sur place, elle a le sentiment d'avoir retrouvé ses repères et resterait bien encore un peu. "Le choc culturel est vraiment énorme et beaucoup de camarades sont pressés de rentrer en France. La notion de savoir-vivre n'est pas la même que chez nous et certaines attitudes peuvent nous paraître énervantes, comme celle de dire toujours 'oui', même si c'est non, par peur de perdre la face… reconnaît l'étudiante. Mais j'ai appris à prendre du recul. D'autant que les gens sont adorables et se mettent en quatre pour vous aider."

Alix et ses camarades ont été témoins à plusieurs reprises des limitations en matière de libertés d'expression sur lesquelles elle a tenté d'interroger ses camarades : "Les Français posent beaucoup de questions sur le parti ou sur ce qu'on appelle la zone grise, ce flou qui entoure certaines pratiques, comme par exemple le fait que beaucoup de gens téléchargent un VPN pour accéder à des sites officiellement interdits…"

À son retour, Alix effectuera jusqu'en juin son stage de fin d'études dans le merchandising ou l'événementiel, avec l'idéee de peut-être un jour "retourner travailler en Chine"…

AVANT DE PARTIR

Visa.  Pour un séjour d'étude supérieur à 180 jours, vous devrez souscrire un visa de type X1 et un visa de type X2 pour un échange de moins de 180 jours. Vous pouvez télécharger votre dossier de demande sur www.visaforchina.org et le poster ou le déposer en main propre dans l'un des deux centres de visa français, Paris ou Marseille. Le délai normal d'obtention est de sept jours ouvrés. Vous pouvez aussi décider de passer par le site visa-en-ligne.com. Il vous en coûtera alors 160 euros.

SUR PLACE

Inscription
Une fois arrivé en Chine, vous disposez de 48 heures pour déclarer votre présence au poste de police le plus proche. Vous devrez fournir le contrat de location de votre appartement ou celui du locataire officiel et présenter votre passeport.

Budget
1 Yuan (CNY) ou Renminbi (RMB), surnommé "Kuai" = 0,137 euros

Aller-retour
Il faut compter entre 600 et 800 euros hors période de vacances pour un billet d'avion aller-retour Paris-Shanghai, puis 39 yuans (5,35 €) un aller simple en train Suzhou-Shanghai. 

Se loger
Pour trouver un appartement à Shanghai, consultez la rubrique "s’installer et vivre en Chine" du Milu (gomile.com), le site des nouveaux arrivant à Shanghai

Se déplacer

A Suzhou, un ticket de bus coûte 2 yuan (0,27 €) et  1 yuan (0,14 €) en cas d'absence de climatisation et de chauffage, et la course de taxi démarre à 12 yuan (1,65 €). À 16 yuan (2,19 €) à Shanghai.

ADRESSES UTILES

Le site de l'ambassade de Chine en France, pour vos démarches administratives.
Le site du consulat général de France à Shanghai.