Partir étudier à New York, mode d’emploi

Par Jessica Gourdon, publié le 09 Avril 2014 - Mis à jour le 24 Mars 2015
8 min

New York : une destination mythique pour les étudiants du monde entier, mais réputée difficile. Étudier dans la grosse pomme, mission impossible ? Pas tant que cela. À condition de s’y prendre très tôt et de bien ficeler son budget.

New York est la première ville étudiante des États-Unis. Plus de 500.000 jeunes fréquentent les bancs de ses 110 établissements, disséminés partout dans la ville. Parmi eux, on compte de plus en plus de Français : près de 1.500 sont inscrits de manière autonome dans des universités new-yorkaises. À ce chiffre, il faut ajouter les centaines d'étudiants qui viennent dans le cadre d'échanges, généralement pour un semestre.

Partir étudier à New York - Jessica // DR

Pourquoi tant de succès ? Sans doute car cette mégalopole de 8 millions d'habitants, très cosmopolite, est au cœur du monde de la finance, des médias, de la publicité, de la mode, et qu'elle séduit les étudiants pour sa frénésie permanente. Jessica avait découvert New York quand elle avait 16 ans, et eut "le coup de foudre". Après une première année loupée à Paris 3, elle a convaincu ses parents de lui financer ses études à New York. Elle est actuellement étudiante au La Guardia community college, qui dépend de la City University de New York (CUNY). "Je ne regrette pas du tout, explique la jeune femme. Le système scolaire me convient beaucoup plus. À terme, je souhaite m'installer ici, et travailler dans la production de cinéma. Et dans ce domaine, un diplôme américain est fortement recommandé."

Partir étudier à New York - Marie // DR

Marie, de son côté, a fait le grand saut après son master 1 à Paris 8. Elle a fait un emprunt bancaire et s'est inscrite dans un master en relations internationales à City College, qu'elle est sur le point de terminer. "L'idée, c'est vraiment d'ouvrir mon horizon, et de me donner plus de chances sur le marché du travail. J'aimerais plus tard travailler dans une ONG ou une organisation internationale. Mon master m'a donné l'occasion de faire un stage à l'ONU, ce que j'aurais difficilement obtenu depuis Paris". Et au passage, elle est devenue bilingue en anglais.

Un projet à anticiper 1 an en amont

Le taux de sélection à l'entrée des facs new-yorkaises est très variable. Mais partout, on vous demandera plus ou moins la même chose : vos notes, des lettres de recommandations, parfois un texte à rédiger, et des scores à différents tests comme le SAT ou l'ACT pour l'entrée en premier cycle, le TOEFL (un test d'anglais), le GMAT (pour les MBA).

Pour faire son choix de cursus, sachez que la plupart des établissements new-yorkais organisent des visites guidées ("campus tours" ou "open house") ou des conférences, parfois plusieurs fois par semaine, au printemps ou à l'automne. À défaut de voyager sur place, on peut faire une visite virtuelle sur le site YouVisit.com ou sur CampusTours.com.

Soyez attentif aux labels et accréditations (à vérifier sur le site du Council for Higher Education Accreditation), et les classements – le plus connu est celui réalisé par US News & World Report. Attention : les inscriptions dans les universités américaines se réalisent très tôt, entre novembre et décembre pour une rentrée en septembre suivant.

Partir étudier à New York - City college 2 // DR

Le City College est un établissement d'enseignement supérieur dépendant de la City University de New York (CUNY). // © City College

Le financement, une question charnière

Reste la question la plus douloureuse : celle du financement. Les frais de scolarité dans les universités new-yorkaises sont très élevés.
L'université la moins chère est la City University de New York (CUNY). Dans cet établissement public, qui possède des antennes partout dans la ville, une année en community college vous reviendra à environ 8.300 €. Si vous optez pour un Bachelor généraliste dans cette université, il vous en coutera 14.800 € par an. À l'autre bout du spectre, pour une année de master à Columbia, les frais de scolarité atteignent 43.000 €, voire plus selon les spécialités.

Beaucoup d'étudiants réalisent un prêt pour financer cette dépense. Par ailleurs, il est commun d'aménager son emploi du temps pour travailler à côté – il est possible de répartir ses crédits sur plusieurs semestres pour alléger son nombre d'heures de cours.
Le visa étudiant permet de travailler uniquement sur le campus la première année. À partir de la seconde, les étudiants étrangers peuvent prendre un job jusqu'à 20 heures par semaine.

Quant aux bourses, elles sont rares en premier cycle (Bachelor), et réservées aux Américains. À ce niveau d'études, mieux vaut se tourner vers les aides à la mobilité étudiante en France, notamment auprès des villes, des CROUS, des conseils régionaux.

Pour les étudiants de master et doctorat, il existe quelques possibilités : les bourses Fullbright, les bourses de la fondation Monahan pour les ingénieurs, les bourses de la fondation George Lurcy pour les SHS... Les bourses "Serge Bellanger" ont été lancées il y a deux ans par la fondation de la French American Chamber of Commerce. D’une valeur de 10.000 US$ (environ 9.200 €), ces bourses sont attribuées à des étudiants français admis dans un MBA aux États-Unis.

Deux sites de référence vous permettront de trouver des bourses selon votre profil : EduPass, et l'IEFA.

Vie quotidienne : attention au loyer

La vie quotidienne à New York (nourriture, transports, sorties) coûte plus cher qu'à Paris, notamment en raison d'un taux de change peu favorable aux Européens. Et les loyers atteignent des sommets. Une chambre dans une colocation à Manhattan vous coutera généralement entre 1.000 et 1.300 US$ (900 et 1.200 € par mois) – à Brooklyn ou dans le Queens, il est possible de faire baisser l'addition aux alentours de 700 à 800 € mensuels (aux alentours de 800 US$), au prix de trajets de métro un peu plus longs.

Partir étudier à New York - Columbia // ©Jessica Gourdon

Pour trouver des annonces, le site Craig's List reste la référence. Les Français ont aussi leur communauté, Les Frenchies à New York - incontournable pour trouver une coloc avec des compatriotes. Il existe également des soirées speed roommating qui mettent en relation des personnes qui cherchent une colocation et d'autres qui ont une chambre libre.

Zoom sur les diplômes
Comme ailleurs aux États-Unis, les universités new-yorkaises sont organisées en cycles.
- Les "Bachelors" (de premier cycle, appelé undergraduate) durent quatre ans. C'est à ces programmes que vous devrez candidater si vous sortez du lycée, ou si vous n'avez pas de diplôme de licence.
- Les "Community colleges" dispensent des programmes en deux ans, plus généralistes et plus accessibles. Ils sont, en gros, l'équivalent de nos IUT.
- Les "masters" et "MBA" sont des programmes de 2e cycle. Ils durent un ou deux ans, et sont accessibles en théorie aux étudiants qui possèdent une licence (mais il est conseillé d'avoir au moins un master 1).
Coup d'œil sur 9 universités new-yorkaises
- Columbia. Université d'élite, membre de la IvyLeague, Columbia est tournée vers la recherche. Elle est très sélective (7 % d'admis). Barack Obama y a fait une partie de ses études.
- NYU. La New York University est l'autre université privée d'excellence de New York. Elle est un peu plus accessible que Columbia. Elle rassemble 50.000 étudiants, dont 10.000 étrangers.
- CUNY. La City University of New York est la grande université publique new-yorkaise : elle compte 270.000 étudiants. Une vraie ville ! Elle est disséminée partout dans New York. Les frais de scolarité sont moins élevés que dans les facs privées.
- Fordham. Université catholique, dont le campus principal est situé dans le Bronx. Elle a été au cœur des luttes d'émancipation des minorités dans les années 60. Côté classement, elle se situe dans le premier tiers (58e sur 300, d'après US News).
- Yeshiva. Université juive de 9.000 étudiants, notamment réputée en droit, sciences, médecine. Elle est classée 48e (sur 300) par US News and World Report.
- St John's. Université catholique privée (20.000 étudiants), St John's propose avant tout des cursus professionnalisants : business (22 % des élèves), communication, métiers de la santé. Côté classements, elle se situe en milieu de tableau (145e sur 300 dans US News and World Report).
- The New School. Université avant-gardiste, tournée vers les arts (photo, jazz, cinéma, design) et les sciences sociales. Son école de mode, Parsons (avec des spécialités en création, design, lumières, communication etc.), est réputée mondialement.
- Juilliard School. École ayant formé de nombreux artistes, la Juilliard School est destinée aux futurs danseurs, musiciens, acteurs.
- Le FIT. Le Fashion Institute of Technology est une école de mode (publique) réputée, rassemblant 10.000 étudiants. Outre la création et le design, le FIT propose des cursus en business, technologie, histoire, toujours en lien avec la mode.

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