1. Les jeunes diplômés ne s'estiment pas toujours assez compétents
Enquête

Les jeunes diplômés ne s'estiment pas toujours assez compétents

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Jeunes diplômés © Francy // © Fancy
Jeunes diplômés © Francy // © Fancy

Selon une enquête du Céreq de novembre 2015, les jeunes diplômés bac+5 trouvent leur niveau de compétences générales en dessous de ce que requiert leur emploi. 

Les jeunes diplômés s'estiment-ils compétents pour occuper leur emploi ? C'est ce qu'a voulu savoir et mesurer le Céreq (Centre d'études et de recherche sur les qualifications). L'enquête "compétences", datée de novembre 2015, apporte une réponse mi-figue, mi-raisin...

Pas de déficit majeur en compétences spécifiques...

Dans l'ensemble, les 2.700 jeunes diplômés à bac+5 interrogés estiment avoir acquis un niveau satisfaisant de compétences dans leur spécialité de formation. Celui-ci est même très souvent supérieur au niveau requis pour occuper un emploi, jugent les sondés. Par exemple, les jeunes ingénieurs estiment à 2,1 sur une échelle de 0 à 5 leur niveau de compétences acquises en formation. Cela peut paraître peu, mais c'est bien assez par rapport au niveau de compétences qu'ils jugent requis pour occuper un emploi : 1,7 seulement !

Globalement, quelle que soit la discipline, il n'y a donc pas de déficit majeur en compétences. Néanmoins, les diplomés de l'université estiment moins leurs acquis que leur alter ego sortant de grandes écoles. "Les étudiants de grandes écoles apprécient leurs compétences à des niveaux plus élevés, ce qui correspond sans doute à une représentation plus positive de leurs acquis", note Julien Calmand, coauteur de l'étude du Céreq.

... mais des lacunes en compétences générales

Là où le bât blesse, c'est sur le socle commun de compétences générales communes. Par exemple, organiser le travail et la gestion des activités, organiser la recherche et le traitement de l'information, identifier, poser une problématique et les étapes d'un projet, etc. Les jeunes diplômés s'autoévaluent de 2,5 à 3,5 sur 5 selon la discipline et le type de diplôme préparé. Ils jugent que c'est un bon niveau. Mais estiment que ce niveau acquis est toujours inférieur à celui requis en emploi. "C'est en matière de compétences relatives à l'organisation du travail et à la gestion des activités que le déficit est le plus important", relèvent les auteurs de l'étude du Céreq, notamment chez les titulaires de masters scientifiques. Mais les diplômés d'un master de droit, de gestion ou ceux qui sont issus d'une école d'ingénieurs font part, eux aussi, d'un écart important pour ce groupe de compétences.

La grande majorité des diplômés déclare manquer également de compétences en communication au sens large : structurer, argumenter et présenter ses résultats à l'écrit comme à l'oral ne serait pas leur point fort. Leurs formations ne les préparent pas assez non plus à intégrer les contraintes de propriété intellectuelle et industrielle dans la diffusion des informations. De même, ils ne se sentent pas au niveau requis par le monde du travail pour s'exprimer à l'oral dans une langue étrangère...

Les établissements d'enseignement supérieur, notamment les universitaires, doivent donc s'interroger : faut-il poursuivre dans la professionnalisation des cursus, jugée nécessaire pour améliorer la spécificité des formations et favoriser l'insertion des jeunes diplomés ? Pour ces derniers, il y aurait plutôt urgence à renforcer les compétences transversales pour être au niveau requis dans l'emploi.