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Master of Science : l’atout international

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Bain multiculturel garanti au sein des MSc. Ici, l’école de commerce et de management Kedge Business School accueille de nombreux étudiants venus d’Asie. // © Sébastien Ortola/REA
Bain multiculturel garanti au sein des MSc. Ici, l’école de commerce et de management Kedge Business School accueille de nombreux étudiants venus d’Asie. // © Sébastien Ortola/REA

Cours en anglais, prestations haut de gamme, ambiance multiculturelle : le MSc (Mastère en science ou Master of Science) est d’abord destiné aux étudiants étrangers. Mais il accueille aussi les Français voulant s’expatrier.

Dernier né des labels de la CGE (Conférence des grandes écoles), le MSc (Mastère en science) a une vocation internationale. Destiné en priorité aux étudiants étrangers désireux de parfaire leur formation dans une grande école française (60 % des effectifs), il accueille aussi les étudiants de l'Hexagone qui visent une expatriation rapide. À condition toutefois d'être titulaire d'un diplôme de niveau bac+4 (ou bac+3 à titre dérogatoire) et de maîtriser l'anglais.

En effet, "50 % des cours doivent être enseignés en langues étrangères", précise Christophe Digne, fraîchement nommé à la présidence de la commission accréditation de la CGE. Un taux qui atteint 100 % dans 78 % des formations, qui ont pour la plupart choisi la langue des affaires. Il existe toutefois un MSc in Business Project Management où l'espagnol est associé à l'anglais à l'ESCP Europe.

Parmi les 103 MSc accrédités par la CGE, 84 sont proposés dans des écoles de management, pourtant moins nombreuses que les écoles d'ingénieurs au sein de l'instance (155 contre 38). "En recrutant des étudiants non francophones, les MSc participent à l'internationalisation des campus, ce qui est aussi important pour l'expérience d'inter­culturalité vécue par tous, y compris les élèves français suivant d'autres cursus", observe Christophe Digne.

Plus de 80 nationalités

En intégrant un MSc, préparez-vous à plonger dans un bain multiculturel. Parmi près de 1.900 étudiants étrangers à la rentrée 2016, plus de 80 nationalités étaient représentées. 

Les étudiants les plus nombreux à venir étudier en France sont, dans l’ordre décroissant : les Chinois, les Indiens, les Marocains, les Italiens, les Allemands, les Américains, les Espagnols et les Russes. "Nous essayons d’assurer un équilibre entre les nationalités dans les promotions, confie Antonio Giangreco, directeur des programmes postgraduate de l’IÉSEG. Quand beaucoup d’étudiants sont issus d’un même pays, nous faisons en sorte qu’ils se mélangent avec les autres."

Et le brassage cible aussi les étudiants français. "Chaque année, nous accueillons des étudiants aux profils divers, arrivant de Sciences po, d’écoles de commerce ou d’ingénieurs, de droit, de sciences sociales…", détaille Hervé Gasiglia, directeur des MSc à l’EM Lyon.

À l'EM Lyon, les MSc coûtent entre 24.000 à 29.000 €

Si les droits d'inscription s'élèvent entre 9.000 et 10.000 € dans les écoles de commerce postbac et dans celles installées dans des villes de taille moyenne, ils passent du simple au double dans les établissements les plus prestigieux.

À Neoma, pour l'année 2016-2017, les frais de scolarité des MSc s'établissent entre 15.000 et 15.300 €, à l'EDHEC entre 18.000 et 21.500 €, à l'ESCP Europe entre 17.500 et 24.500 €, et à l'EM Lyon, de 24.000 à 29.000 €. "Les MSc sont des programmes très ambitieux. Notre établissement donne aux étudiants les clefs pour être recrutés parmi des dizaines de candidats", plaide Hervé Gasiglia, qui rappelle que ces écoles privées ne sont pas subventionnées et emploient des professeurs de renom.

Lire aussi : Les meilleurs MSc au banc d'essai

Pas encore d'enquête sur l'insertion

Conçus pour répondre à un besoin des entreprises, les MSc labellisés sont censés garantir une bonne insertion à la sortie. Et donc, un retour rapide sur investissement, compte tenu des coûts élevés de formation. Or, la CGE n'a jamais effectué d'enquête sur l'insertion de ces diplômés...

"L'objectif d'insertion est bien vérifié dans le cadre de la procédure de renouvellement du label pour chaque MSc. Pouvoir fournir des chiffres agrégés est une priorité", assure Christophe Digne, qui planche également sur la mise en place d'audits, afin de suivre davantage la qualité des formations.

Néanmoins, les MSc semblent être appréciés des entreprises quand ils ont été suivis dans une école réputée. À l'EDHEC, plus de la moitié des diplômés, en 2015, ont trouvé un emploi avant la fin de leur formation. Et, les entreprises reconnaissent la capacité d'adaptation de ces diplômés. Dans certains secteurs, comme le Big Data, c'est l'assurance de trouver des profils expérimentés, encore trop peu nombreux face à la demande.

Vers une offre 100 % labellisée ?

Depuis 2002, le "Mastère en science", abrégé "MSc", est une marque de la CGE. Pourtant, un certain nombre de business schools proposent des "Masters of Science" non labellisés CGE, présentés aussi sous l’abréviation "MSc". C’est le cas de l’ESSEC, de l’EDHEC, de Neoma… Mais les choses bougent. "Le décret du 28 octobre 2016, pris en application de la loi relative au droit des étrangers en France, reconnaît le MSc comme une formation de qualité permettant aux étrangers de bénéficier de titres de séjour, comme le Passeport Talent", précise Christophe Digne. Plusieurs écoles se sont ainsi déjà manifestées auprès de la CGE.

"Longtemps, nous avons jugé que la labellisation n’était pas une priorité, notre diplôme grande école étant déjà visé par l’État et le MSc bénéficiait d’accréditations internationales. Mais les étudiants étrangers veulent un diplôme reconnu par une autorité française ; cela facilite leurs démarches d’obtention d’une bourse ou d’un visa", explique Emmanuel Métais, directeur du master grande école et des MSc, à l’EDHEC Business School.

Néanmoins, la "non-labellisation" n’empêche pas une très bonne réputation. Les MSc de l’EDHEC n’ont pas souffert d’un manque d’attractivité de la part des étudiants et des entreprises. "Les entreprises françaises viennent chercher nos étudiants pour les faire travailler à l’étranger, et des sociétés étrangères les sollicitent", explique Emmanuel Métais. Et, du côté des recruteurs, la question du label de ce diplôme est inexistante.

Une soixantaine de MSc labellisés

À ce jour, 103 MSc sont accrédités, en France, par la CGE dans 34 écoles membres. Leur durée de formation varie de dix-huit mois à trois ans (pour un cursus en alternance), avec au moins 450 heures d'enseignements (contre 350 heures en Mastère Spécialisé) incluant des enseignements théoriques, des travaux pratiques et des travaux de groupe. Les candidats doivent être titulaires d'un bac+4, d'un Bachelor ou d'un master 1. "Désormais, et à titre dérogatoire, des étudiants de licence (bac+3) peuvent prétendre à la formation. C'est à l'établissement d'apprécier la qualité du parcours académique et professionnel du candidat par rapport à la formation qu'il offre", rajoute Christophe Digne, président de la commission Accréditation de la CGE. Le processus de labellisation de celle-ci est très strict. "Nous avons des exigences sur le processus de recrutement, de délivrance de diplôme, de suivi des anciens et de cohérence avec les besoins du marché, poursuit Christophe Digne. Nous recevons beaucoup de dossiers mais nous refusons de nombreuses accréditations."