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Bacheliers STI2D : pourquoi ne pas intégrer une école d'ingénieurs ?

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En moyenne, les bacheliers technologiques représentent environ 7 % des effectifs des écoles d'ingénieurs. // © ICAM
En moyenne, les bacheliers technologiques représentent environ 7 % des effectifs des écoles d'ingénieurs. // © ICAM

Les études d'ingénieurs ne sont pas réservées aux bacheliers scientifiques. Les écoles, en quête de profils plus variés, s'intéressent de plus en plus aux bacs technologiques. De préférence les STI2D, qui disposent de compétences pratiques. Ces derniers représentent aujourd'hui près de 7 % des effectifs.

Contrairement à certaines idées reçues, devenir ingénieur n'est pas réservé qu'aux bacheliers scientifiques. Les écoles recrutent en effet de plus en plus d'élèves issus de bacs technologiques, qui représentent aujourd'hui 6,7 % de leurs effectifs, selon les statistiques du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation.

Que ce soit à l'issue d'une prépa TSI (technologies et sciences industrielles), d'un DUT (diplôme universitaire de technologie) ou même directement après le lycée, ces profils sont loin de désintéresser les écoles d'ingénieurs. Au contraire, leurs connaissances pratiques, notamment celles des bacheliers STI2D (sciences et technologies de l'industrie et du développement durable), sont appréciées et, avec du travail, leurs lacunes dans les matières plus théoriques peuvent être rattrapées.

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Retrouver confiance en soi

Premier obstacle pour les lycéens de filière STI2D : le manque de confiance et l'impression de ne pas avoir sa place dans une école d'ingénieurs. À l'ESIEA, les élèves issus de cette filière représentaient 16 % des effectifs en 2017. "Nous avons commencé à nous intéresser à ces profils il y a une quinzaine d'années. Mon premier conseil pour ces lycéens est de prendre confiance, car ils se pensent souvent moins bons que les filières généralistes, ce qui les fragilise. Leur profil est tout aussi intéressant, ils sont juste davantage portés sur l'applicatif", souligne Abdelrhani Daoudi, directeur du cycle licence de l'établissement.

Le manque de confiance, c'est justement ce qu'a ressenti Lucie, aujourd'hui en deuxième année à 3IL, école d'ingénieurs spécialisée dans l'informatique située à Limoges. À cause de mauvaises notes dans les matières scientifiques en 1re S, elle est orientée vers un bac STI2D. "Je voulais faire une école d'ingénieurs pour travailler dans l'informatique, mais une fois en filière technologique, j'ai abandonné l'idée. Plusieurs de mes professeurs m'ont répété que ce n'était pas possible", soupire-t-elle.

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Passionnée, elle se lance donc dans un DUT informatique. "À l'issue de ces deux ans, j'avais envie de poursuivre mes études. J'ai demandé à l'entreprise dans laquelle j'effectuais mon stage de fin d'année si elle accepterait de me prendre en apprentissage. Ils ont dit oui. J'ai ensuite postulé à 3IL, où j'ai été admise, ce qui m'a redonné confiance", raconte la jeune femme, qui insiste sur l'importance de croire en soi.

Ce parcours peut être une bonne option si le bachelier craint de postuler directement dans une école d'ingénieurs. "Le DUT est un bon choix en cas de doute. Cela laisse le temps de gagner en maturité et de voir si l'on a envie de se lancer dans un bac+5. En revanche, je le répète à ceux qui sont sélectionnés pour intégrer une école d'ingénieurs postbac : osez et ayez confiance en ceux qui vous recrutent ! S'ils l'ont fait, c'est que vous avez le potentiel pour y arriver", lance Abdelrahi Daoudi, de l'ESIEA.

Des lacunes en maths, mais une aisance en travaux pratiques

Pour les bacheliers STI2D, les matières scientifiques, maths en tête, constituent une difficulté qu'il faut être prêt à surmonter. C'est ce qu'a ressenti Julien, étudiant en deuxième année à Supméca. Malgré un passage en prépa TSI, qui lui a apporté "de bonnes méthodes de travail", le futur ingénieur a dû beaucoup s'investir pour rattraper ses lacunes. "J'avais toujours un gros retard sur les matières théoriques. On m'a toujours dit que l'école d'ingénieurs était plus 'cool' que la prépa, mais il faut quand même être préparé à travailler. Le plus dur, ce sont les maths, car certains cours partent loin dans la théorie. Mais si on se donne les moyens de bosser, rien n'est impossible", déclare Julien.

À l'inverse, il est très à l'aise sur les travaux pratiques, plus que ses camarades issus de filière générale. "Nous avons une grosse avance sur la pratique. C'est quand même dingue que certains camarades connaissent la théorie sur le bout des doigts, mais sont perdus face à cela !", s'exclame-t-il. Á chacun ses forces, donc.

Et aux écoles d'ingénieurs d'assurer un niveau homogène à terme dans la promotion. "Nous mélangeons ces profils différents, car la multiculturalité académique crée de la richesse. En dernière année, il n'y a plus aucune différence entre un élève issu de bac technologique ou général", conclut Dominique Baillargeat, directrice de 3IL, où les STI2D représentent 21 % de la dernière promotion intégrée. Avis donc aux lycéens STI2D, il ne reste qu'à vous renseigner sur les modalités de recrutement de l'école d'ingénieurs qui vous intéresse, qui sont souvent spécifiques à la filière.