1. Sélection à l'entrée de l'université : l'UNEF recense 379 licences "illégales"
Décryptage

Sélection à l'entrée de l'université : l'UNEF recense 379 licences "illégales"

Envoyer cet article à un ami
L'université Paris-Sorbonne est l’université qui propose le plus de licences sélectives selon l'UNEF. // © E. Vaillant et C. Stromboni
L'université Paris-Sorbonne est l’université qui propose le plus de licences sélectives selon l'UNEF. // © E. Vaillant et C. Stromboni

La sélection en licence ? C'est déjà une réalité selon le syndicat UNEF qui chiffre à 379 le nombre de filières choisissant ses étudiants par dossier, entretien ou prérequis. Une pratique jugée "illégale" par l'organisation étudiante qui alerte sur son augmentation.

43. C'est le nombre de formations supplémentaires qui pratiquent "une sélection illégale" en 2017 par rapport à 2016, selon l'UNEF (Union nationale des étudiants de France). L'organisation a publié mercredi 19 juillet 2017 son enquête annuelle sur l'entrée à l'université. Elle n'y recense pas moins de 379 formations sélectives à l'entrée de la L1, dont 194 par le biais de prérequis.

Les universités franciliennes en tête

Comme l'an passé, la majorité des établissements qui ont recours à une sélection dans certaines licences se situent en Île-de-France. Paris-Sorbonne occupe toujours le haut du classement établi par l'organisation étudiante, avec 36 formations, suivie de l'université Paris-Est Créteil (22) et Paris-Diderot (19).

Rang Universités Nombre de formations sélectives
1 Paris Sorbonne 36
2 Paris-Est Créteil 22
3 Paris Diderot 19
4 Paris Panthéon-Sorbonne 17
5 Bordeaux-Montaigne 16
6 Université Charles-de-Gaulle–Lille 3 15
7 Lyon 3–Jean Moulin 14
8 UPMC 13
9 Clermont Auvergne 13
10 Grenoble Alpes 12

Quelle sélection ?

Toutes ces universités n'opèrent pas la même sélection. Il y a celles qui demandent l'envoi d'un dossier spécifique, celles qui organisent un entretien, et enfin, celles qui listent les "prérequis" nécessaires pour intégrer la formation. "Parmi les universités qui pratiquent de la sélection illégale, 39 le font par le biais de prérequis. Si ces derniers sont très divers, plusieurs catégories reviennent fréquemment", observe l'UNEF. Ces formations "demandent majoritairement un baccalauréat général, excluant de fait les bacheliers technologiques et professionnels", regrette le syndicat.

Lire aussi : Encore 87.000 inscrits sans proposition d'admission sur APB

Mais certaines universités réclameraient également une "formation extérieure au cursus scolaire". À l'image d'une licence "management du sport", option "activités équestres de sport et de loisir" qui demande un niveau minimum d'équitation. Une requête inacceptable ? "L'équitation est un marqueur social. Il faut faire en sorte que des cours soient suffisamment accessibles en lycée avant de demander une maîtrise minimale à l'université. C'est comme exiger un niveau en natation pour entrer en STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives). Il y a de fortes inégalités en termes de pratique de cette activité et notamment géographiques", argumente Lilâ Le Bas, à la tête de l'UNEF.

"Cela n'a rien d'illégal"

Pour l'université Paris-Sorbonne, cette pratique "n'a rien d'illégale". "Nous avons l'autorisation de pratiquer une sélection sur certaines formations comme les doubles cursus", illustre Alain Tallon, vice-président "formation et scolarité" de Paris 4. "Au mois de novembre, nous présentons au rectorat ces informations sur nos formations sur APB et tout a toujours été validé", précise-t-il.

Selon lui, son université pratique une sélection sur 25 de ces formations et non 36 comme l'avance l'UNEF. "Il s'agit soit de doubles cursus avec des établissements extérieurs comme Panthéon-Assas, l'UPMC ou Sciences po, ou internes, en langues notamment, où nous demandons un niveau minimum pour pouvoir suivre les cours en anglais, comme lettres modernes-anglais", illustre le vice-président. Cette sélection serait aussi la seule solution pour éviter le tirage au sort comme en histoire-anglais où l'université reçoit 1.000 demandes pour 60 places. Alain Tallon est sur ce point catégorique : "Je préférais supprimer ce diplôme très demandé plutôt que de passer par cette méthode."

Vers davantage de prérequis ?

Cette enquête est publiée alors que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation vient d'ouvrir une concertation pour mettre fin au tirage au sort à l'entrée à l'université en 2018. Parmi les sujets en discussion, figure l'instauration de prérequis en licence. Les négociations sur ce contrat de réussite étudiant proposés par la ministre, Frédérique Vidal, devraient aboutir au mois d'octobre 2017.