1. Plates-formes de jobs étudiants : 6 questions à se poser avant de s'inscrire
Décryptage

Plates-formes de jobs étudiants : 6 questions à se poser avant de s'inscrire

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Livraisons à vélo, baby-sitting... De plus en plus de sites web proposent des jobs compatibles avec l'emploi du temps d'un étudiant. // © Olivier POLET/REPORTERS-REA
Livraisons à vélo, baby-sitting... De plus en plus de sites web proposent des jobs compatibles avec l'emploi du temps d'un étudiant. // © Olivier POLET/REPORTERS-REA

Happysitters, StaffMe, LocalEyes, Deliveroo, Crème de la crème... De plus en plus nombreuses, les plates-formes proposant des missions rémunérées et adaptables à tout emploi du temps visent en particulier les étudiants. Fausse promesse ou bon plan ? L'Etudiant décrypte pour vous cette nouvelle tendance.

Gagner de l'argent à la mission, en fonction de ses disponibilités et de son envie, le tout en quelques clics : c'est en somme la promesse des plates-formes de jobs qui se multiplient sur le web. Que ce soit pour du babysitting, de la distribution de flyers, en passant par le consulting, l'audit, ou encore la livraison à domicile, beaucoup d'étudiants recourent à ces intermédiaires pour travailler, quand ils ne constituent pas la population explicitement visée par ces plates-formes. Mais à quel prix ? Voici quelques avantages mis en avant par ces plates-formes, passés au crible.

1. Moins d'engagement ?

Happysitters, Staffers, Eyes, Talent... les différentes plates-formes ont leur façon de nommer les personnes qui proposent leur force de travail, pour ne pas dire leur "employés". De fait, l'ensemble de ces plates-formes ne vous proposent des missions qu'à condition que vous ayez le statut d'auto-entrepreneur. Un statut d'indépendant, qui permet d'être rémunéré à la tâche, dans la limite d'un certain montant gagné chaque année (32.900 € HT). À la mission, comme chez LocalEyes, à l'heure, comme chez StaffMe ou Happysitters. La plupart des plates-formes proposent du coup des guides pour bénéficier du statut, compatible avec celui d'étudiant, et qui ne suppose qu'une simple inscription en ligne.

Un accompagnement qui ne va pas plus loin, car celui qui remplit la mission n'est pas employé directement par la plates-forme. "Nous ne sommes pas dans l'emploi, il n'y a pas de lien de subordination entre le jeune et nous", précise Livio Lumbroso, cofondateur de LocalEyes. L'auto-entrepreneur vend un service à une entreprise ou à une famille, qui devient donc son client.

2. Une inscription en quelques clics ?

Implantée sur le web, les plates-formes de jobs et missions "à la carte" supposent pour le futur travailleur de s'inscrire en ligne. À partir de là, il obtient un compte souvent agrémenté d'un profil, où, selon les sites, il renseigne des informations le concernant. Certains sites, notamment de livraison, fonctionnent via une application. 

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"Les missions proposées dépendent de la géolocalisation via l'application", explique Livio Lumbroso, dont la société LocalEyes, propose à des marques et enseignes de recueillir des données sur le merchandising de leurs produits en se basant sur l'observation de particuliers. "Nous avons environ 25 % d'étudiants inscrits dans notre base", souligne le chef d'entreprise, "ils prennent des photos sur les rayons, comptent le nombre de produits présents, leurs prix, et saisissent ces données."

S'inscrire en quelques clics ne suffit pas toujours cependant. Certaines plates-formes sélectionnent et écrèment les candidats, selon un processus s'apparentant à un recrutement. "À l'inscription en ligne, l'étudiant renseigne ses compétences, comme pour un CV, puis nos équipes le rappellent pour un bref entretien de personnalité et pour vérifier que les cases cochées sont cohérentes", explique Jean-Baptiste Achard, fondateur de StaffMe qui propose des missions exclusivement aux étudiants, du déménagement au porte-à-porte en passant par la relecture ou le conditionnement. Même principe chez Happysitters, site de garde d'enfants : "Nous confirmons l'inscription par un entretien téléphonique pour vérifier les compétences et motivations des futurs happysitters", explique Capucine Boulanger, sa fondatrice.

3. Peu ou pas de paperasse ?

Si s'inscrire comme auto-entrepreneur est relativement simple, recourir à ce statut signifie pour l'étudiant que c'est sa responsabilité qui est engagée dans le travail fourni, et que c'est à lui de gérer son activité. Cela passe par une déclaration et un versement de charges à l'Urssaf chaque trimestre (à hauteur de 5,9 % si vous avez moins de 26 ans, 22,9 % sinon), l'édition de factures aux clients, et le cas échéant, l'édition de contrat. Sans oublier, chaque année, la déclaration de revenus pour les impôts.

Certaines plates-formes proposent de prendre en charge l'édition de ces factures (StaffMe), ou offrent des modèles de contrat de prestation de services. À l'instar de HappySitters : "Nous avons des modèles pour que nos happySitters puissent s'entendre en amont avec les familles sur le nombre d'heures à assurer et les missions", précise Capucine Boulanger. Au final, il revient quand même à l'auto-entrepreneur de garder une trace des différentes factures et autres contrats, en cas de problème avec le client.

4. Davantage de sous ?

Contrairement à un job en CDD, qui suppose un contrat de travail, travailler pour une plate-forme de jobs en ligne ne vous garantit aucun salaire mensuel ni hebdomadaire. Celui-ci dépend uniquement de votre motivation et de votre disponibilité. "Pour 25 heures travaillées par mois, ce qui est la moyenne des Staffers, l'étudiant gagne 300 €", indique Jean-Baptiste Achard pour StaffMe. Un montant auquel il faut retirer les charges à verser à l'Ursaff.

Certaines plates-formes imposent un montant minimum de la prestation, ou donne un "tarif conseillé". "Nous recommandons de payer 15,90 € l'heure de babysitting, ce qui fait 12,72 € dans la poche du HappySitter une fois les charges versées", explique Capucine Boulanger, "les tarifs réellement pratiqués sont en moyenne à ce niveau." C'est de toute façon la plate-forme qui verse la rémunération directement aux étudiants ou autres travailleurs indépendants.

5. Travailler quand je veux ?

L'inscription de vos disponibilités est plus ou moins souple et pratique selon les sites : renseignement à la semaine (HappySitters, LocalEyes) ou au moment de l'inscription (StaffMe). À charge ensuite pour les algorithmes des plates-formes d'associer votre profil aux missions demandées par les clients.

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Chez Happysitters, les jeunes sont directement appelés par les familles, qui reçoivent plusieurs profils correspondant à leur demande. Chez StaffMe, un texto pour une mission est envoyé à 10 étudiants, le premier qui répond l'obtient. Chez LocalEyes, vous choisissez votre mission sur l'appli, et vous avez entre deux et sept heures pour l'effectuer !

6. Et si ça ne se passe pas bien ?

Là encore, contrairement à un contrat de travail qui prévoit les motifs de rupture du contrat, pour l'employeur comme le salarié, votre devenir quand vous travaillez à la mission varie selon les plates-formes. Certaines, comme StaffMe, mettent en place un système de notes de votre profil, dès l'inscription, sur 5. "Pour recevoir des missions, il faut avoir entre 3 et 5", explique son fondateur. L'entreprise qui a demandé la mission doit valider un relevé d'heures une fois la mission effectuée, et attribuer deux notes (l'une sur les compétences, l'autre sur la personnalité) à l'étudiant. "C'est une façon de permettre le droit à l'erreur pour l'étudiant", poursuit Jean-Baptiste Achard.

Ce qui n'empêche pas le client d'écourter la durée de la mission si votre travail n'est pas satisfaisant. Chez LocalEyes, le versement de la rémunération ne se fait que si la mission a été effectuée. Chez HappySitters, la famille a la possibilité de rompre le contrat à tout moment, mais aucun système de sanction ou d'évaluation n'est prévu. "Les HappySitters peuvent mettre des recommandations d'anciens clients sur leur profil, à condition qu'ils ne soient pas clients de la plate-forme", souligne Capucine Boulanger. Donc à vous de gérer votre petite entreprise !

Quelle différence avec les Junior-Entreprises ?

Certaines plates-formes de travail à la mission vont jusqu'à proposer aux étudiants d'effectuer des tâches directement en lien avec leurs études, pour le compte d'entreprises : missions de consulting, conduite de projets, études de marché... Des offres alléchantes pour ceux qui veulent accélérer leur insertion professionnelle. Et qui s'apparente plus à ce que permettent aujourd'hui les Junior-Entreprises, statut à part réservé aux étudiants dans le cadre de leurs études.
"Les Junior-Entreprises ont une réelle valeur ajoutée, les missions proposées sont de qualité, en lien avec la formation, nous ne sommes pas sur des micro-tâches", explique Romain Tanguy, président de la Confédération Nationale des Junior-Entreprises (CNJE), "il n'y a pas d'administratif pour les junior-consultants, et les DRH n'ont pas de surprise en faisant appel à eux, car nous bénéficions d'une réelle reconnaissance." Les junior-consultants bénéficient par ailleurs de formation via les Junior-Entreprises, et leur rémunération n'est pas imposable.