1. Au cœur du lycée Aristide-Briand, un établissement à l’ambiance familiale
Reportage

Au cœur du lycée Aristide-Briand, un établissement à l’ambiance familiale

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Un étudiant du BTS aéronautique travaille sur un jet Corvette d’Airbus, logé dans les bâtiments. // © Thomas Louapre / Divergence pour l'Étudiant
Un étudiant du BTS aéronautique travaille sur un jet Corvette d’Airbus, logé dans les bâtiments. // © Thomas Louapre / Divergence pour l'Étudiant

Le lycée Aristide-Briand, à Saint-Nazaire (44), abrite 2.500 élèves sur un campus qui, avec le lycée professionnel Brossaud-Blancho, en compte au total 3.500. Parmi les cursus proposés, sept BTS industriels, trois BTS tertiaires ainsi que deux classes prépas scientifiques. Un savant mélange où chaque étudiant se sent considéré et a l’impression d’étudier dans un petit établissement "familial".

À un kilomètre des plages de Saint-Nazaire s’étend le campus du lycée Aristide-Briand, vaste de 16 hectares, long de 950 mètres, où se répartissent irrégulièrement dix bâtiments sobres, bordés d’espaces verts que les goélands survolent toute la journée.

À l’entrée, le Cœur vous accueille : ce bâtiment circulaire et blanc, surmonté d’une cheminée jaune de paquebot, sert d’espace de vie et de cafétéria. "Ici, on est dans notre petite bulle", lâche Paul, en deuxième année de CPGE TSI (classe préparatoire aux grandes écoles technologies et sciences industrielles).

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Ce matin-là, l’étudiant est en TD (travaux dirigés) dans une classe d’une quinzaine d’étudiants. Guillaume et Xavier, ses camarades de promotion, acquiescent : ce lycée est vraiment "très familial". La preuve ? "À la cantine, le chef nous prépare des petits gâteaux servis à l’assiette, et tout est produit sur place", se félicite Sébastien Mandoux, le proviseur adjoint en charge des formations postbac.

Un des plus grands lycées de France

Un petit lycée ? Pas si petit ! Puisqu’il compte 2.500 élèves, auxquels il faut ajouter près de mille étudiants du lycée professionnel Brossaud-Blancho. En tout, près de 3.500 élèves franchissent ainsi, chaque matin, les grilles blanches du campus alors que les lycées généraux et technologiques en France accueillent en moyenne 980 élèves et les lycées professionnels 405 élèves.

Ambiance paisible sur le campus de 16 hectares, qui est composé de deux lycées. Ici l’allée centrale du lycée Aristide-Briand, qui est l’un des plus grands de France. // © Thomas Louapre / Divergence pour l'Étudiant
Ambiance paisible sur le campus de 16 hectares, qui est composé de deux lycées. Ici l’allée centrale du lycée Aristide-Briand, qui est l’un des plus grands de France. // © Thomas Louapre / Divergence pour l'Étudiant

"C’est un des plus grands lycées de France, mais on y croise très peu de lycéens et d’étudiants, s’étonne Quentin, en deuxième année de BTS CPRP (brevet de technicien supérieur conception des processus de réalisation de produits) en alternance. J’ai l’impression d’être dans un IUT [institut universitaire de technologie] : un bâtiment avec des machines, des avions, une petite promo de 13 personnes. Pendant les pauses, on ne va pas dans la cour, on a notre propre espace. Et quand on a besoin de quelque chose, on est accueillis par les enseignants qui nous connaissent tous individuellement. Je n’ai pas la sensation d’être un parmi les autres."

Manon, en deuxième année de BTS assistant de manager, a la même impression. "Notre BTS, comme tous les BTS tertiaires, est situé dans le bâtiment G : nous y avons nos salles et nous croisons peu de monde. Nous sommes un peu entre nous." C’est la cinquième année que Manon passe sur le campus, puisqu’elle est entrée en seconde. Elle aussi a le sentiment d’être écoutée : "L’année dernière, j’étais enceinte et les enseignants m’ont aidée à poursuivre mes études, à m’organiser pour mon accouchement. J’ai été beaucoup soutenue et j’ai le sentiment que c’est comme ça pour tous les élèves de ma classe."

En plus des lycéens, l’établissement accueille des étudiants dans sept BTS en industrie, trois BTS en sciences humaines, deux CPGE et une formation préparatoire aux IFSI (instituts de formation en soins infirmiers).

Ce matin, c’est la découverte des oscilloscopes pour les élèves de classe préparatoire PCSI. // © Thomas Louapre / Divergence pour l'Étudiant
Ce matin, c’est la découverte des oscilloscopes pour les élèves de classe préparatoire PCSI. // © Thomas Louapre / Divergence pour l'Étudiant

En classe de BTS MUC (management des unités commerciales), les étudiants de deuxième année travaillent sur un projet professionnel, dans une salle informatique. Studieux. "Avant, j’étais au lycée Notre-Dame [à Saint-Nazaire], c’était strict ! Ici, c’est plus détendu", souligne Jérémie. "Oui, mais c’était le privé !" rigole son voisin. Et après le BTS ? "Je veux travailler tout de suite, réagit Tanguy. Je veux découvrir les métiers, faire de l’intérim, j’en ai assez des cours." Maud, elle, veut créer son entreprise "ou faire du marketing international", précise-t-elle. C’est pourquoi elle vise un master 2 en IAE (institut d’administration des entreprises).

Les BTS industriels, les stars du lycée

De l’autre côté du campus se trouvent les bâtiments dédiés aux BTS industriels, les stars du "lycée Aristide". Deux d’entre eux attirent tout particulièrement l’attention des jeunes : le BTS CICN (conception industrielle et construction navale) et le BTS aéronautique. Le premier attire 450 candidats pour 30 places ; le second 1.100 candidats pour 20 places. "Les BTS tertiaires sont un peu noyés à cause de la forte médiatisation des BTS industriels", regrette Sébastien Mandoux.

Le BTS aéronautique attire chaque année 1.100 candidats pour 20 places. Ici, un étudiant de ce BTS décortique le moteur d’une Corvette d’Airbus. Le constructeur, principal recruteur dans la région, est dans tous les esprits. // © Thomas Louapre / Divergence pour l'Étudiant
Le BTS aéronautique attire chaque année 1.100 candidats pour 20 places. Ici, un étudiant de ce BTS décortique le moteur d’une Corvette d’Airbus. Le constructeur, principal recruteur dans la région, est dans tous les esprits. // © Thomas Louapre / Divergence pour l'Étudiant

Quentin a fait partie des nombreux candidats au BTS aéronautique. "Le secteur me plaisait et le cadre scolaire du BTS m’a attiré, explique-t-il devant une imprimante 3D à fibres carbone et Kevlar. J’avais fait une première année de licence en électronique à l’université de Nice [06] mais la faculté ne me convenait pas. C’était trop libre ! Pas assez encadré." Recalé à la sélection du BTS aéronautique, Quentin découvre le BTS CPRP, où les étudiants apprennent tous les procédés de fabrication des produits industriels. Il postule et est sélectionné : "Sans regret pour Nice : la vie y était différente mais, finalement, j’ai mis plus de temps à m’habituer là-bas qu’à Saint-Nazaire", conclut-il.

Avions et bateaux en construction

Après être passé devant deux avions rutilants abrités dans le bâtiment, on découvre les salles du BTS électrotechnique, avec leurs armoires électriques et leurs panneaux photovoltaïques d’étude sur lesquels quelques étudiants s’affairent à prendre des mesures.

Au sous-sol, dans les locaux du BTS conception industrielle et construction navale, deux ateliers attirent l’attention : un atelier métal et un atelier composite. Le premier est un hangar où trônent sur le sol gris plusieurs grosses machines dont la presse plieuse, la cintreuse ou encore la machine de découpe plasma. "Les étudiants y construisent des bateaux de 4 à 6 mètres, explique Hervé Nael, enseignant en construction navale. Par exemple, le département nous a commandé une barque pour entretenir l’étang d’une réserve."

Table de ping-pong ? Non ! Les panneaux photovoltaïques sont de sortie pour les étudiants en BTS électrotechnique, qui apprennent à prendre des mesures avec leur enseignant. // © Thomas Louapre / Divergence pour l'Étudiant
Table de ping-pong ? Non ! Les panneaux photovoltaïques sont de sortie pour les étudiants en BTS électrotechnique, qui apprennent à prendre des mesures avec leur enseignant. // © Thomas Louapre / Divergence pour l'Étudiant

Six mètres, c’est petit par rapport aux grands paquebots construits à Saint-Nazaire ? "C’est parce qu’on donne aux jeunes des méthodes de travail qu’ils pourront ensuite adapter à l’entreprise. S’ils entrent par exemple aux Chantiers de l’Atlantique, c’est tellement vaste qu’ils seront superviseurs sur une toute petite partie." Finalement, une minorité des diplômés iront directement travailler aux Chantiers : 90 % d’entre eux poursuivront en licence professionnelle, notamment dans celle de l’IUT de Saint-Nazaire, industrie navale et maritime. Puis ils exerceront dans l’industrie ou la plaisance. "J’ai postulé ici parce que j’aime les yachts et les cargos, se souvient Arthur, en première année du BTS CICN, qui semble détendu alors qu’il est à quelques minutes d’une évaluation sur table. C’est ce qu’il me fallait, le travail y est concret. Ensuite, je voudrais rester dans la construction navale et, si possible, devenir architecte naval, après une école d’ingénieurs."

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La mixité sociale, secret de la sérénité

Logées dans le bâtiment central, les prépas PCSI-PC (physique-chimie-sciences de l’ingénieur – physique-chimie) ont le regard tourné vers la mer. Dos à Nantes ! En effet, pour les bacheliers de la région, la question se pose : Nantes ou pas ? Ce matin, les étudiants s’affairent sur des générateurs et des oscilloscopes, en TP d’électricité. Pour Paul, en prépa TSI, "sa filière est plus accessible que celles de Nantes. Pourtant, j’étais pris là-bas mais j’avais mis Saint-Nazaire en premier choix", explique le jeune homme. Pour Alexandre, "c’est le côté familial qui a fait la différence : son ambiance bon enfant, sans compétition."

es filles ont toute leur place dans les BTS industriels du lycée Aristide-Briand qui incite les bachelières à ne pas s’autocensurer dans leur choix. // © Thomas Louapre / Divergence pour l'Étudiant
es filles ont toute leur place dans les BTS industriels du lycée Aristide-Briand qui incite les bachelières à ne pas s’autocensurer dans leur choix. // © Thomas Louapre / Divergence pour l'Étudiant

Il se dégage des allées du lycée Aristide-Briand une atmosphère sereine et calme. La proviseure, Isabelle de Loupy, estime que la mixité sociale en est la clé. "Ici, nous avons 31 % d’élèves issus de familles défavorisées, ce qui est énorme pour un lycée général et technologique. Et nous avons 23 % d’étudiants issus de familles plus aisées. Le mélange rend le climat serein."

Le lycée abrite aussi une prépa TSI, accessible seulement aux bacs STI2D. Il n’en existe qu’une trentaine en France. "Je ne pensais pas aller en prépa… Je me dirigeais plutôt vers un DUT", se souvient Guillaume. "Or, avec un bac techno, on peut aller en école d’ingénieurs ! insiste Xavier. Beaucoup d’élèves de ma classe ont le niveau pour faire une prépa mais ils ne s’en sentent pas capables." La force alliée à l’autocensure et au manque d’information éloigne chaque année d’excellents profils STI2D de la prépa. Le lycée Aristide-Briand veut briser ce cercle en les attirant dans ses cursus.

Se former au lycée Aristide-Briand

Le lycée prépare aux baccalauréats généraux et technologiques. Après le bac, vous pouvez poursuivre vos études dans un parcours sciences humaines (avec les BTS tertiaires et la préparation à l’entrée aux IFSI, instituts de formation en soins infirmiers) ou dans un parcours scientifique (avec les BTS du secteur industriel et les CPGE, classes prépas aux grandes écoles).

Trois BTS du secteur tertiaire
– Assistant de manager.
– Management des unités commerciales.
– Services et prestations des secteurs sanitaire et social.

Sept BTS du secteur industriel
– Aéronautique.
– Conception industrielle et construction navale.
– Conception des processus de réalisation de produits.
– Conception et réalisation chaudronnerie industrielle.
– Construction métallique.
– Électrotechnique.
– Système numérique.

Deux classes préparatoires aux grandes écoles d’ingénieurs
– PC-PCSI (physique-chimie – physique-chimie-sciences de l’ingénieur).
– TSI (technologies et sciences industrielles) réservée aux bacheliers STI2D.

Une formation complémentaire
Préparation au concours d’entrée dans un IFSI.