1. Arnaud, étudiant ingénieur, en année de césure sur un sous-marin nucléaire
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Arnaud, étudiant ingénieur, en année de césure sur un sous-marin nucléaire

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 // © Marine nationale
// © Marine nationale

Pendant leur année de césure, certains étudiants partent faire le tour du monde, d’autres créent leur entreprise. Arnaud, lui, a choisi de servir sur Le Triomphant, un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) basé à Brest. Cet étudiant en école d’ingénieurs de 22 ans est ainsi aspirant volontaire de la Marine nationale depuis cinq mois. Rencontre.

De la voile, encore de la voile, toujours de la voile. Quand on vit à Brest, c’est presque cliché. « Le Havre, Caen, Nantes et puis de nombreuses vacances à La Rochelle : j’ai toujours vécu près de la mer, se souvient Arnaud, 22 ans, et j’y ai toujours fait de la voile ou de la planche à voile. » Aujourd’hui qu’Arnaud est jeune officier aspirant de la Marine nationale, son engouement reste intact, puisqu’il continue de faire de la voile sur ses temps de loisir et que sa récente formation à l’École navale de Lanvéoc (sur la presqu’île de Crozon) prévoyait des périodes de navigation sur un J80, un joli voilier de sport de 8 mètres de long.

Le sous-marin doit disparaître aux yeux de tous…

Son quotidien de marin est pourtant bien éloigné des plaisirs de la glisse. Disons qu’Arnaud a plutôt opté pour les joies des profondeurs en s’engageant sur un sous-marin nucléaire lanceur d’engins : Le Triomphant. Par nucléaire, entendez la propulsion mais aussi les missiles M51 que transporte ce bâtiment submersible de presque 140 mètres de long, logé sur l’Île Longue, une île dans la rade de Brest entièrement occupée par les activités militaires.
La mission d’Arnaud est double, puisqu’il est à la fois adjoint officier renseignement et adjoint à la tenue nautique. « Les SNLE sont les pivots de la dissuasion nucléaire française ; quand ils partent en mer, au départ de Brest, ils naviguent en surface un moment puis plongent. Là, ils doivent disparaître aux yeux de tous. Pour savoirs quels “yeux” nous entourent, j’établis une carte de toutes les unités en surface ou sous l’eau afin que le SNLE puisse trouver une zone où il ne sera pas détecté au moment de sa plongée. » Voilà pour la première mission. La seconde consiste à savoir… écouter. « Lorsque le SNLE est en exercice, il essaie de suivre les bâtiments qui l’entourent, rien qu’en les écoutant. Mon rôle c’est d’entretenir sur un calque la position des bateaux à chaque instant et de déduire leur évolution. Pour m’aider, un officier opérateur écoute et un autre officier détermine le cap, la vitesse et la distance de chaque bateau. »

Première plongée il y a quelques semaines

La journée-type n’existe pas pour Arnaud. La semaine-type non plus. Pour cette mission, on parlerait plutôt d’année-type. Car sur un SNLE, le rythme des équipages est basé sur 10 mois : 70 jours de patrouille en mer, 2 mois d’entretien à sec pour remises en état et améliorations, et 2 mois de formation sur simulateurs essentiellement (« à raison de 4 heures tous les 2 jours en ce qui me concerne !  »). Lorsqu’un équipage est en formation, l’autre est en patrouille. Ce qui a le plus marqué Arnaud, c’est sa première plongée, il y a à peine quelques semaines. « C’était l’occasion de mettre en œuvre tout ce que j’avais appris en simulateur, se félicite-t-il. Et puis à bord il y a un esprit qui se crée entre les 15 officiers et le reste de l’équipage (110 marins), le côté relationnel est très fort. La vie en équipage est proche de ce que l’on vit sur un voilier, mais lors des opérations, ça n’a rien à voir. »

Intérieur d'un sous-marin de la Marine Nationale // © Marine nationale
Intérieur d'un sous-marin de la Marine Nationale // © Marine nationale

L’année prochaine, retour à l’école d’ingénieurs

À écouter Arnaud, très à l’aise dans sa fonction, il semble que cela fait des années qu’il est engagé dans la Marine nationale. Eh bien pas du tout : cela fait 6 mois. Et dans 6 mois, c’est fini. Explications : après un bac S en 2014, Arnaud intègre l’ICAM, une école d’ingénieurs post-bac, à Nantes. Il valide sa 4e année et décide de partir en année de césure. Et c’est là que nous le rencontrons. « Cela fait maintenant 6 mois que je suis engagé, sous le statut de volontaire officier aspirant. J’ai suivi 1 mois de formation initiale d’officier à l’École navale de Lanvéoc où j’ai appris les connaissances de base de l’officier militaire (le système des grades, le fonctionnement de la Marine, les missions, les types de bateaux) ; suivi une formation sportive, ainsi que l’initiation au tir au Famas, et quelques navigations à la voile et au moteur. » En septembre prochain, Arnaud raccroche sa casquette d’officier et retourne à l’ICAM valider sa 5e année, nécessaire à l’obtention du titre d’ingénieur.

« La césure me permettra d’appuyer ma candidature l’année prochaine  »

Son objectif, une fois le titre d’ingénieur en poche, c’est… de revenir dans la Marine nationale. « Ici, je peux lier mes deux passions : l’ingénierie et le monde de la mer, explique-t-il. Je peux naviguer souvent et être dans l’action. J’ajoute que le côté mythique des sous-marins rend les opérations passionnantes : la lutte contre les navires de surface, celle contre les autres sous-marins, la détection, etc. Si j’ai choisi de faire une césure, c’est qu’elle me permet de découvrir la Marine nationale en y travaillant, mais aussi d’appuyer ma candidature pour l’année prochaine.  » Il voit loin Arnaud. Et son projet le mène déjà dans 8 ans. « Après mon titre d’ingénieur, je candidaterai comme officier sous contrat pour une durée de 8 ans, dont les 6 premiers mois à l’École navale et 6 autres mois intégré aux équipages d’un porte-hélicoptères amphibie (PHA) et d’une frégate dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc. Les bases d’affectation dépassent Brest : Toulon, la Guyane, la Réunion, etc. » Les opportunités de faire de la voile vont encore être nombreuses.

Le parcours d’Arnaud

2014 : bac S
2015 : intègre l’ICAM à Nantes
2018 : valide sa 4e année à l’ICAM et décide de partir en année de césure
2018 : 6 mois de formation à l’École navale de Lanvéoc
2020 : validera sa 5e et dernière année en école d’ingénieurs.

Rejoignez l’équipage !
Chaque année, la Marine recrute et forme 3 500 jeunes hommes et femmes, du niveau 3e à bac + 5, âgés de 16 à 30 ans, dans 50 métiers répartis en 4 domaines d’emploi (les opérations navales, la mécanique des forces de surface et sous-marines, l’aéronautique navale, les métiers du soutien). Une présentation détaillée de chaque métier est à découvrir sur www.etremarin.fr.