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Reportage

Europe : des étudiants dans la peau des parlementaires

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Dans l'hémicycle du Parlement européen, les débats des étudiants de l'ESCP Business School sont animés. // © Dahvia Ouadia
Dans l'hémicycle du Parlement européen, les débats des étudiants de l'ESCP Business School sont animés. // © Dahvia Ouadia

ESCP Business School a organisé pour la dixième année un séminaire au Parlement européen avec l’ensemble de ses étudiants de master 1. Une occasion unique pour eux de se frotter à la politique européenne. Reportage.

"Impressionnant", "une chance unique", "incroyable"… Près de 1.000 étudiants des six campus d’ESCP Business School se sont retrouvés fin février à Bruxelles, au Parlement européen. Pendant deux jours, ils ont participé à la simulation d’une session parlementaire pour aboutir à des résolutions autour du "green deal" européen et de la loi sur le climat.

Comprendre les rouages du Parlement européen

Né en 2009 à l'initiative de Pascal Morand, alors directeur de la business school, cet événement reflète l'identité européenne de l'école. Un ADN qui se retrouve dans les couloirs du Parlement où l’on entend parler italien, anglais, français, espagnol ou encore allemand.

Objectif ? "Faire comprendre les rouages du Parlement européen aux étudiants, comment sont constituées les lois européennes, comment travaillent les groupes et partis politiques, les lobbies, etc.", indique Léon Laulusa, directeur académique d’ESCP Business School. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les étudiants jouent le jeu.

Après un discours d’inauguration de Michel Barnier, diplômé d’ESCP et chargé des négociations liées au Brexit au Parlement, les étudiants se jettent directement dans le bain des travaux en commission où ils endossent leur rôle en tant que membre, rapporteur, ou encore coordinateur, de différents partis politiques.

Un séminaire en conditions réelles au cœur de l'Europe.  // © Dahvia Ouadia
Un séminaire en conditions réelles au cœur de l'Europe. // © Dahvia Ouadia

Un jeu de rôle et une simulation de négociations

La plupart d’entre eux se prêtent clairement au jeu. Les débats sont riches, intenses et les propositions pertinentes. Alexandre, 22 ans, est arrivé à l’ESCP en septembre 2019, après trois ans à l’université de Bocconi, à Milan. Dans la commission économique, il est simple membre du groupe Renew Europe, centriste : "j’ai participé aux discussions de mon groupe pour aboutir à des propositions fortes pour le green deal, mais il n'y a pas eu beaucoup de débats."

À la tribune, en revanche, huit jeunes hommes, costumes bleu impeccables, présentent les différentes propositions dans un anglais souvent parfait. À l’issue des échanges, la salle, éparse, se prononce sur les propositions pour en retenir quelques-unes.

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Autre salle, autre ambiance. Dans la commission industrie, quatre étudiants s’affairent à la tribune. L'atmosphère est tendue et studieuse. Miriam, étudiante allemande de 24 ans, joue le rôle de rapporteur. Entourée de deux de ses pairs et de leur tuteur, elle finalise en urgence les propositions émises par les différents partis politiques.

"C’est une chance de travailler sur un sujet aussi fort et d’approfondir les débats. Ce rôle de rapporteur me permet aussi de parler dans l’hémicycle, une tâche qui ne sera pas facile mais que j’ai hâte de vivre", estime la jeune femme.

Le timing est serré mais la commission parvient à voter, dans les délais impartis, les principales propositions qui seront présentées dans l’hémicycle.

Le temps des négociations : dans la peau des parlementaires

Arrive le point culminant, le moment attendu de tous. Dans l’hémicycle, la salle est comble. À la place du président, les modérateurs de la simulation sont là pour diriger les débats. Les représentants des partis politiques sont installés aux premiers rangs, ils font face au président. Autour d'eux, installés par "affinités politiques", les membres prennent place.

Les représentants des délégations à la tribune pout défendre leurs propositions.  // © Dahvia Ouadia
Les représentants des délégations à la tribune pout défendre leurs propositions. // © Dahvia Ouadia

Pendant près de trois heures, les représentants des 15 délégations se succèdent à la tribune pour défendre leurs propositions. Les voix sont claires, l’anglais fluide, les propos pertinents. Les résolutions sont présentées et argumentées telles de véritables projets politiques, chaque "étudiant parlementaire" soucieux de convaincre les autres et de voir les résolutions de son groupe adoptées.

Le moment des votes arrive… Chacune des propositions est rappelée, les représentants des partis politiques donnent leur consigne de vote, pouce en l'air pour les pro, pouce baissé pour les contre. Certaines résolutions sont très largement adoptées, pour d’autres, la salle est divisée. L’impression de réalité est prégnante.

Une fois les votes terminés, les étudiants quittent l’hémicycle avec le sentiment d’avoir vécu une expérience à part. "C’est une chance unique dans une vie…", sourit Miriam.

Un jeu de rôle pédagogique

Ce séminaire est obligatoire pour tous les étudiants de master 1 d'ESCP Business School, quel que soit le campus. Il donne des crédits ECTS.

Les étudiants ont préparé le sujet dans le cadre du module "designing Europe" et ont également suivi un Mooc sur le sujet pour renforcer leurs connaissances des mécanismes. "Ils ont ensuite défini les rôles qu’ils voulaient prendre pendant le séminaire", précise Léon Laulusa.

À l’issue des deux jours de simulation, les étudiants doivent rendre un rapport.