1. Rentrée en fac : votre premier amphi, c’était comment ?
Reportage

Rentrée en fac : votre premier amphi, c’était comment ?

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Des Bachelors vont obtenir le grade de licence. // © Camille Stromboni
Des Bachelors vont obtenir le grade de licence. // © Camille Stromboni

Amphis bondés, profs peu disponibles, anonymat des étudiants... Toute une palette de fantasmes et de craintes accompagnent vos premiers pas à l’université. Cauchemars ou réalité ? Reportage à la sortie des amphis, pour recueillir les impressions des nouveaux étudiants.

L'image que se font de nombreux lycéens de l'université avant d'y mettre les pieds est parfois angoissante. Quels sont leurs sentiments après quelques heures sur les bancs de la fac ? Réponse, à la sortie de leurs premiers amphis, d'étudiants qui entamment leur droit à Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et d'autres leur psychologie à Paris-Diderot.

Impression #1 : oui, l’amphi c’est grand !

Impressionnant. Le mot est dans toutes les bouches à la fin des cours dans l’amphi licence 1 de droit de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Les étudiants étaient environ 300 à suivre leur premier cours d’introduction au droit.

"Quand on voit le nombre d’élèves, ça n’a rien avoir par rapport au lycée !", s’exclame Jordan, 19 ans. "C’est beaucoup plus grand que ce que j’imaginais", reconnaît Candice, 17 ans. "On a vraiment l’impression de franchir un cap, un peu d'entrer dans l’âge adulte, ajoute le jeune homme, en riant. En tout cas, ça donne assez envie d’y retourner, c’est sympa."

Mêmes réactions à la sortie des deux premiers amphis de psycho à l'université Paris-Diderot, qui ont rassemblé quelque 200 étudiants. "J'avais peur de ne pas bien entendre ce que dirait le prof. Mais finalement, ça se passe bien, même sans micro !", témoigne Omaima, désormais curieuse de découvrir ce nouvel univers.

Impression #2 : non, on ne va pas finir tout seul

Si certains savaient qu’ils allaient retrouver quelques amis du lycée à la fac, Candice, 17 ans, qui a eu son bac L à Mantes-la-Jolie (78), et Camille, du même âge, littéraire également, issue d’un lycée versaillais, ne connaissaient personne. Les deux jeunes filles se sont retrouvées côte à côte au hasard des places.

“Je m’étais fait plein de films. J’appréhendais pas mal la rentrée, sans connaître personne, avoue Camille. Tout s’est passé à l’inverse de mes craintes : je suis venue à la prérentrée et j’ai rencontré une fille sympa. Sinon, l’ambiance en amphi est bonne, c’est bien moins pire que ce que des amies en médecine m’avaient raconté, en me disant que c’était du ‘chacun pour soi’.”

Amphithéâtre à Paris Diderot dans le bâtiment de la Halle aux farines © Hervé de Brus - Direction de la communication - Université Paris Diderot

Amphithéâtre à Paris-Diderot dans le bâtiment de la Halle aux farines. // © Hervé de Brus - Direction de la communication - Université Paris Diderot

Précisément, avant de s'inscrire en psycho, Stéevie, 20 ans, est passée l'an dernier par la PACES (première année commune aux études de santé) et en effet, la différence est, selon elle, radicale : "Ici, on sent tout de suite qu'il n'y a pas de compétition comme c'est le cas en médecine. Les gens n'hésitent pas à poser des questions, on est beaucoup plus à l'aise." Quant aux rencontres, elles ont, pour la jeune fille, commencé dès le moment des inscriptions : "J'ai retrouvé dans l'amphi des personnes que j'avais croisées il y a quelques jours", sourit-elle.

Candice avait, pour sa part, surtout “peur de ne pas trouver un groupe pour [s]’entraider durant l’année. En fait, j’ai déjà discuté avec deux ou trois étudiants, et on n’est encore qu'au premier jour.” Pour Auriane, 19 ans, qui a déjà suivi une première année de droit à Clermont-Ferrand (63) et qui est venue à Versailles pour tenter à nouveau sa chance, un seul mot d'ordre : "Ma devise pour s’intégrer est simple : arriver en souriant et parler à tout le monde."

Impression #3 : oui, on est tout de suite dans le bain

Rousseau, Lamarck, Darwin, Piaget… Pour le premier cours de psychologie du développement, l'enseignante égrène les noms des grands scientifiques qui ont marqué l'histoire de cette discipline. Donnant au passage des références bibliographiques. “Ça fait beaucoup d'auteurs et de livres qu'on ne connaît pas du tout, lâche Omaima. On sent que la fac, c'est un niveau au-dessus du lycée !” Il faut dire que la psychologie comme le droit sont deux matières totalement nouvelles pour les ex-lycéens. "Pour l’instant c’est un peu pénible, c’est beaucoup d’introductions. On nous donne des bases, du vocabulaire", décrit Jordan.

Article 221-6 du Code pénal sur l’homicide involontaire, l’erreur inexcusable, le contrat synallagmatique, l’interprétation téléologique… En effet cela peut surprendre ! "Nous verrons de nombreuses définitions en cours, souligne l’enseignante en droit privé, mais vous devrez aussi aller en chercher dans les lexiques juridiques." "C’est le travail personnel qui fait un peu peur", reconnaît Jordan, qui attend de voir ce que cela va donner. "Si ça a l’air tranquille, c’est qu’on ne travaille pas assez", sourit Auriane, qui est déjà passée par là.

Quant à ceux qui découvrent la psycho, l'hésitation est encore de mise après les deux premières heures. “Pour le moment, j'aime bien, ça ressemble un peu à la philo”, avance Stéevie. Qui reste néanmoins "sur la réserve, à cause du côté moins scientifique que la médecine. Je ne sais pas encore trop si ça va vraiment m'intéresser", poursuit l'étudiante qui a "quand même envie de tenter jusqu'à la L3".

Impression #4 : non, les profs ne sont si distants

Côté enseignants, loin du cliché du prof caché derrière le polycopié qu'il marmonne, la plupart font des efforts pour s'adapter à leur public, surtout en L1. "Je m'attendais à ce qu'ils soient froids. En fait, ils ne sont pas fermés, ils acceptent de discuter et de répondre aux questions, en apportant des anecdotes", décrit Omaima, qui a aussi apprécié de voir l'enseignante se présenter et revenir sur son parcours. Une manière de dépasser le simple rapport prof-élève du lycée, en mettant en place une relation d'adulte à adulte.

Université Versailles Saint Quentin - UVSQ - Amphi Licence 1 Droit - Septembre 2014 ©Camille Stromboni

Amphithéâtre de L1 de droit à l'université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, en septembre 2014. // © Camille Stromboni

Là encore, Stéevie insiste sur la différence avec la médecine : “Les profs sont beaucoup plus proches des étudiants et prennent leur temps pour expliquer les concepts. Cela nous met à l'aise tout en étant assez interactif.”

Impression #5 : oui, on peut réussir à suivre

Reste le rythme du cours. "C’est stressant au début, je me demandais si j’allais réussir à noter tout ce que disent les profs”, ajoute Candice, qui s’en est sortie, même si selon elle : “Ça va beaucoup plus vite qu’au lycée.” “Pour l’instant, la prise de notes se passe bien, confirme Jean-Philippe, 18 ans. Mais c'est la rentrée, la professeure nous ménage.” En  effet, pour ce premier cours de droit, l’enseignante a répété deux fois les phrases importantes et à pris son temps pour bien transmettre les premières notions juridiques.

Difficile de s’y perdre : l’enseignante a décliné son plan de cours au fur et à mesure, enchaînant les titres de "sections" et de "paragraphes", qu’affectionnent les juristes. Avec toujours un exemple très concret : "Pouvez-vous écrire des insultes sur Facebook ?", pour illustrer ses propos sur la règle de droit et son application. Lorsqu’un étudiant ne comprend pas une expression et que l’enseignante le remarque, elle écrit au tableau les mots en question. "J’avais aussi peur de suivre un cours de trois heures ! En fait, ça passe plutôt vite quand on prend des notes, on reste facilement concentré", décrit Camille. D’autant plus que leur professeure fait une pause toutes les heures !

D'autres, de plus en plus nombreux, déposent les supports de leur cours sur l'ENT (espace numérique de travail) de l'université. De quoi rassurer Omaima, qui confie être "stressée quand il [lui] manque un bout d'une phrase. On m'avait dit de récupérer les cours des redoublants, mais ce ne sera pas la peine", se réjouit la jeune fille, qui prévoit de se connecter une fois rentrée chez elle pour compléter ses notes. Une bonne habitude à prendre pour ne pas perdre pied !

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À découvrir aux éditions l’Etudiant :
"Réussir sa licence de droit", par Frédéric Debove, sous la direction d’Éric Cobast.