Vis ma vie de photographe : quatre pros racontent leur parcours et leur quotidien

Par L'Etudiant Fab, publié le 14 Avril 2021
11 min

Le métier de la photographie vous fait de l’œil – sans mauvais jeu de mot – ? Découvrez les témoignages de quatre photographes pros, âgés de 23 à 57 ans, qui évoluent dans des univers différents. Ils nous racontent leurs études, leurs désirs, leur journée type. Super inspirant et motivant.

Vous espérez devenir photographe ? L’Efet Photographie, grande école de photographie basée à Paris vous attire ? Découvrez le parcours et le quotidien de quatre photographes professionnels, histoire de plonger les deux pieds dans ce métier passionnant et d’accroître votre motivation !

Emma, 23 ans, « photographe du quotidien » à son compte : « J’aime capter les moments forts de l’existence »

« Dès la classe de troisième, je savais que je voulais exercer un métier lié à la création et à l’image. J’ai alors décidé d’effectuer un bac pro Photographie au Havre. Mais les places sont chères et je suis arrivée trop tard pour les sélections. J’ai alors fait une année de graphisme et imprimerie à Lisieux, avant de retenter ma chance au Havre et de pouvoir accéder à la formation. Après trois ans et l’obtention de mon bac, j’ai réalisé une année de licence en Art du spectacle à Rennes, c’était très enrichissant d’un point de vue graphisme et construction des images. Mais le système de la fac ne me convenait guère, si bien que j’ai filé pour Biarritz, où j’ai obtenu un BTS Photographie en deux ans avant de faire un CAP AEPE (Accompagnant Éducatif Petite Enfance). C’était important pour moi, car j’aimais photographier l’enfance et je projetais de me lancer en partie dans cette voie. J’ai ensuite créé mon entreprise et aujourd’hui, je me considère comme une “photographe du quotidien” : je photographie des couples, des familles, des enfants, la naissance. J’aime capter ces moments forts de l’existence et le sourire des gens, tout comme leurs larmes, est une énorme récompense. Pour l’instant, je débute, je suis obligée d’avoir un job à côté pour payer mes charges. La contrepartie, c’est que je ne peux pas consacrer mon énergie à 100 % pour trouver des clients, mais je fais le maximum, notamment en m’appuyant sur Facebook, Instagram et le bouche-à-oreille. Là où je bataille le plus aujourd’hui, c’est au niveau des tarifs : souvent, les gens estiment une séance photo trop chère, sans forcément réaliser tout le travail que ça demande. J’ai conscience que si je casse mes prix – c’est tentant – je ne pourrais pas vivre de la photographie, or c’est mon rêve, et je sais que c’est possible. Dans cet univers, il y a tant à capter, partager et valoriser ! Ce métier est empli d’émotions, il représente la vie, alors je m’accroche et je continue de me nourrir de toutes les magnifiques rencontres que je fais et qui me propulsent petit à petit vers la carrière qui m’attend. »

Antoine Collas, 36 ans, photographe, social media manager et influenceur : « Un community manager est obligé d’avoir des notions assez poussées en prise de contenu et en post-production »

« J’ai fait une école d’ingénieurs, puis une école de commerce en marketing. En parallèle, j’étais passionné de photo, activité que j’exerçais surtout en vacances et en voyage. C’est quand on m’a offert un Reflex que j’ai décidé de suivre des cours pour progresser. Tous étaient dispensés par des photographes pros très présents sur internet. Avec eux, j’ai commencé à faire de la photo au quotidien, à Paris. On sortait, ils me donnaient des conseils. C’était l’occasion d’apprendre et d’adapter, petit à petit, ma technique à mes goûts. À partir de là, j’ai ouvert un compte Instagram et suis devenu influenceur. Quand j’ai rejoint la création d’une start-up d’hôtellerie – l’idée était de proposer aux acteurs du secteur un nouveau mode de réservation en ligne –, j’ai été amené à utiliser mes compétences photo pour accompagner ce projet. À partir du moment où une marque a besoin de contenu récurrent et volumique pour ses réseaux, il est important de jongler entre une casquette “social media” et une casquette “production de contenu”. Grâce à mon réseau, et après l’expérience start-up, j’ai décroché de nouveaux clients. Aujourd’hui, j’évolue en freelance et j’accompagne plusieurs acteurs du tourisme – pour l’essentiel, à développer leur image sur les réseaux sociaux. Je travaille sur leur stratégie de communication, mais aussi sur les photos. Parfois, on me commande simplement des contenus. Mais à l’inverse, si on me sollicite pour la partie social media, il est indispensable que je sorte l’appareil photo. Un community manager est obligé d’avoir des notions assez poussées en prise de contenu et en post-production, mais aussi en vidéo ; le futur de la photo, c’est la vidéo. De plus, la concurrence est rude sur le terrain de la photographie aujourd’hui : tous les gens qui possèdent un smartphone sont finalement des concurrents. Beaucoup de marques relaient en ligne des photos prises par des particuliers, ça ne coûte rien, voilà pourquoi dans mon métier, il faut pouvoir proposer des contenus de qualité capables d’exprimer quelque chose. En tout cas, plus jeune, je m’imaginais plutôt bosser dans un bureau. Finalement, je trouve ça super d’être à mon compte. Faire de la photo me permet de bouger, de voyager, de rencontrer plusieurs acteurs et puis c’est chouette de faire un métier-passion, qui invite à sans cesse se renouveler et se challenger artistiquement pour se démarquer. »

Hélène*, 30 ans, photographe mode enfant : « Je photographie à l’instinct mais la technique permet de donner une certaine allure à la photo »

« Je voulais bosser dans la com. Après le bac, j’ai suivi une formation d’attaché(e) de presse et relations publiques durant trois ans, puis j’ai été embauchée en CDD dans une boîte de mode enfant, parce que j’adorais cet univers. J’ai évolué au sein du service de com. Lorsque mon contrat a été renouvelé, on m’a proposé d’intégrer le pôle Identité visuelle. Je gérais alors les shootings, j’organisais les castings… Mais je ne touchais jamais à l’appareil photo, sauf chez moi, pour le plaisir. Je prenais toutes mes copines en photo, ainsi que des enfants, des fringues… et je tenais un blog. Un jour, j’ai montré mon travail à ma boss, qui a souhaité m’acheter une vidéo. Puis une photo. Puis une autre. Jusqu’à ce que l’on me demande de réaliser un premier shooting en nature morte. À partir de là, tout a démarré. J’ai réalisé plusieurs shootings et je suis devenue photographe à temps complet pour ma boîte, avec un statut de freelance. Aujourd’hui, je m’occupe de plusieurs shootings par an, je cherche les lieux, gère les castings et la direction artistique, c’est-à-dire que je suis force de proposition sur le travail à effectuer et le rendu attendu. Certains photographes ne font qu’appuyer sur le bouton, mais moi, j’aime tout ce qu’il y a autour, l’avant et l’après. J’adore mon quotidien, je suis autodidacte et reste assistée par des photographes très calés en technique. J’ai besoin d’eux. J’ai tout fait à l’instinct, ce qui est une bonne chose, mais au fil d’une carrière, je pense que ça peut devenir un handicap. La technique permet de donner une certaine allure à la photo, à choper le résultat que l’on projette. Si c’était à refaire, je me lancerais peut-être dans une formation de qualité, même si je ne regrette rien aujourd’hui. »

Jean-Marc Lailheugue, 57 ans : « Dans une même semaine, je peux réaliser un reportage dans une multinationale puis un autre chez un artisan au fin fond du Pays basque »

« Je suis photographe professionnel et membre de l’Union des Photographes Professionnels et auteurs depuis 2012. J’ai un parcours plutôt atypique, même si au départ, j’ai suivi une voie plutôt classique : j’ai obtenu un bac scientifique, puis un BTS action commerciale. Mais la photo n’était pas loin : mon arrière-arrière-grand-père, Léopold Mathet, a été l’un des créateurs d’un procédé de photo en couleur. Très jeune, j’ai eu l’occasion d’être au contact de tout ce matériel photographique qui m’a certainement donné le goût pour l’univers de la photographie. Au départ, je n’ai rien fait de tout ça : entre 1986 et 2012, j’ai gravi les échelons de la direction commerciale d’une grosse société multinationale de la cosmétique. J’ai managé 120 personnes. Mais en 2012, j’ai profité d’un plan social et j’ai décidé de créer une société de conseil en stratégie commerciale avec comme objet secondaire la photographie ; stratégie commerciale parce que c’était dans mes cordes et donc plutôt rassurant, photographie parce que cela me passionnait et que j’avais besoin de changement et de remise en question, ce qui m’a conduit à prendre une vingtaine d’heures de cours de photos, si bien que je me considère autodidacte. Ces deux pans – stratégie et photographie – ont cohabité un certain temps, puis la photographie a pris le dessus. Aujourd’hui, je suis indépendant, 50 % de mon activité est consacrée à du portrait, les 50 % restants se répartissent entre l’architecture, le reportage publicitaire, le produit et l’événementiel. Volontairement, je n’ai pas voulu me spécialiser pour éviter de me faire gagner par l’ennui et pour être à l’écoute de tous les secteurs en développement. Je n’ai aucune journée type. Généralement, le matin, je consacre une heure ou deux à ma communication sur les réseaux sociaux. Si je n’interviens pas chez des clients, je passe aussi énormément de temps à perfectionner ma technique. L’intérêt de cette activité réside dans le fait que l’on approche des environnements très différents les uns des autres. Je peux, dans la même semaine, réaliser un reportage dans une multinationale, puis un autre chez un artisan au fin fond du Pays basque. J’adore mon métier – depuis tout ce temps ! J’aime exprimer ma créativité, j’aime que le champ des possibles soit infini. Seule la solitude peut parfois être un peu pesante, mais elle est aussi un moteur, l’occasion de se confronter à sa part artistique. »

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