Clémence Joneau, portrait d’une jeune femme presque ordinaire

Par Lison Bourgeois, publié le 20 Juillet 2021
3 min

Trisomique, Clémence Joneau a joué l’un des rôles principaux du téléfilm "Mention particulière". En dehors de l'écran, elle est une violoniste au caractère bien trempé.

Le téléfilm "Mention particulière" raconte l’histoire d’une jeune fille trisomique qui prépare le bac et aspire à la même liberté que tous les jeunes de son âge. Clémence Joneau, 25 ans, qui interprète l’amie du personnage principal, elle aussi trisomique, y est bluffante.

Tranquillement assise sur le canapé de son salon, Clémence rit avec sa mère. Leurs discussions recouvrent les ronflements du chien, étalé sur le carrelage. Elles reviennent ensemble sur le parcours de la jeune femme et leurs anecdotes se complètent.

Une construction personnelle guidée par l’amour de la musique

"Mes parents m’ont toujours éduqué avec cette phrase : 'L’innocent ne sachant pas que la chose était impossible, la tenta et la réussit'", se souvient Clémence avec beaucoup d’émotion. C’est ce mantra qui l’a conduite à apprendre à parler, à écrire, à faire du vélo mais surtout à jouer du violon. Depuis qu’elle a découvert cet instrument, elle le travaille au moins une heure par jour.

Anne Joneau, la mère de Clémence, est psychomotricienne. Selon elle, la musique a aidé sa fille dans sa construction d’adulte. "Elle avait du mal à se concentrer et à se tenir droite mais dès qu’elle a eu un violon dans les mains, ce n’était plus la même personne !" se rappelle-t-elle. En 2008, grâce au bouche-à-oreille, Clémence apprend l’existence d’un orchestre composé de quinze musiciens handicapés mentaux. Depuis, elle fait partie de ce groupe nommé Tétras Lyre.

Tombée amoureuse du violon, Clémence le travaille au moins une heure par jour.
Tombée amoureuse du violon, Clémence le travaille au moins une heure par jour. // © Lison Bourgeois

Le cinéma, un projet parmi tant d’autres

Clémence sourit lorsqu’on lui demande si elle souhaite devenir comédienne. "On m’a proposé ce rôle, alors j’ai voulu essayer. Mais je ne veux pas en faire toute ma vie !" explique la jeune femme.

"Aujourd’hui, je suis très fière de moi car j’ai mon appartement et je suis autonome financièrement", détaille-t-elle, un sourire aux lèvres. Titulaire du Bafa (brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur), elle travaille aujourd’hui en tant qu’animatrice-puéricultrice. Et alterne les journées de travail, les moments partagés avec son conjoint, les voyages avec son orchestre et les répétitions quotidiennes de violon. "En fait, je ne me sens pas différente des autres".

"Mention particulière" a reçu le soutien de l’Unesco et du ministère de la Santé. Avec ce film, Clémence espère faire changer le regard des téléspectateurs sur le handicap. Un combat de longue haleine que la jeune femme et sa mère mènent tous les jours.

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