1. Comment reconnaître un bon master : 7 questions à vous poser avant de postuler
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Comment reconnaître un bon master : 7 questions à vous poser avant de postuler

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Pour votre choix de master, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. // © Olivier Got Université de Bordeaux
Pour votre choix de master, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. // © Olivier Got Université de Bordeaux

C’est un secret de Polichinelle. Sur le papier, tous les masters universitaires délivrent un même diplôme national, récompensant une même qualité. Mais dans les faits, certains satisfont mieux les étudiants que d’autres. Décryptage.

Choisir un master n’est pas une mince affaire. Votre choix doit être d’abord l’aboutissement d’une réflexion approfondie sur votre projet professionnel : dans quel secteur avez-vous envie de travailler ? Offre-t-il des perspectives de carrière intéressantes ? Quels sont les métiers accessibles aux débutants ? Quelles sont les qualités qui vous permettront de réussir dans cette voie ? Autant de questions qui méritent des réponses claires.

Puis vient le temps de l’enquête minutieuse qui vous aidera à identifier l’offre foisonnante. Attention, dans ce maquis de formations disponibles, celle que vous choisirez doit être cohérente avec votre licence 3. Car désormais, vous devrez prouver la logique de votre parcours. D’ailleurs, évitez de déposer dans une même fac des dossiers de candidature à tout-va, au risque de paraître indécis, voire peu motivé lors de vos entretiens.

Et si vous hésitez encore, frappez à la porte de professeurs, de professionnels et d’anciens élèves. Pensez aussi à participer aux salons et aux journées portes ouvertes dans les établissements. En attendant, voici une série de questions-réponses pour vous aider à vous décider.

Comment sont organisés les masters ?

Toutes les universités ont organisé leur offre de formation autour de grands domaines de compétences (sciences, technologies, santé ; sciences humaines et sociales ; arts et lettres, etc.), à l’intérieur desquels coexistent plusieurs mentions, elles-mêmes déclinées en diverses spécialités. On peut donc suivre, par exemple, un master en droit (domaine), mention droit de l’entreprise, spécialité droit fiscal des affaires.

Chaque université ayant bénéficié d’une grande autonomie dans la mise en place de cette nouvelle organisation, un diplôme similaire (voire un même diplôme s’il est cohabilité par plusieurs établissements) peut se présenter sous un intitulé différent d’une fac à une autre. Cela pose un problème évident de lisibilité, notamment pour les étudiants qui peinent à s’y retrouver. Pour y remédier, une grande réforme a été engagée afin de simplifier l’offre de formation. Des 5.000 intitulés de masters, le ministère n’a retenu que 246 mentions. Une réforme qui, pour l’instant, n’est appliquée que par une quinzaine d’universités…

La semestrialisation et les ECTS, c’est quoi ?

Théoriquement, les formations universitaires sont organisées en semestres. Le premier semestre commence en octobre et se termine en janvier. Le second s’étale de début février à fin mai. Une licence s’effectue en six semestres, un master en quatre semestres et un doctorat en six semestres. Chacun de ces semestres est constitué d’UE (unités d’enseignement), auxquelles sont affectés un certain nombre de crédits ECTS (European Credit Transfert System). Un crédit représente un certain volume d’heures de cours, de travail personnel ou de stages. Un semestre permet d’acquérir 30 crédits, et pour obtenir un master, il faut valider 120 crédits. Les crédits sont capitalisables à vie et transférables d’une université à une autre.

Cette mesure doit donc normalement favoriser la mobilité des étudiants. Mais en réalité, jusqu’à présent, la réforme n’a eu que peu d’impact sur celle-ci. Les ECTS souffrent en effet d’un manque de crédibilité en dehors des frontières de l’université qui les a délivrés, si bien qu’ils restent difficilement "monnayables".

Par ailleurs, en France, les universités n’ont pas encore franchement fait le pas d’une véritable organisation semestrielle, puisque le statut étudiant (inscription, Sécurité sociale, logement…) reste annuel. Et d’une manière générale, force est de reconnaître que pour favoriser la mobilité, il faut jouer sur d’autres leviers, par exemple les aides financières (bourses, aides au logement).

Professionnel ou recherche, quelle différence ?

Les masters, lors de leur création, ont été divisés en deux catégories. D’un côté, ceux qui permettent de se diriger vers une filière professionnelle ; de l’autre, ceux qui s’orientent vers un parcours recherche. Néanmoins, cette dichotomie entre la finalité recherche et la finalité professionnelle du master est aujourd’hui remise en cause par une grande partie du monde universitaire, qui milite pour la possibilité de délivrer un diplôme unique, sans différenciation (du moins dans l’intitulé du diplôme). Les partisans de ce master indifférencié souhaitent ainsi favoriser les "fertilisations croisées" et surtout une culture de l’ouverture, alors qu’aujourd’hui les deux mondes ont plutôt tendance à s’ignorer. Les étudiants qui se destinent à la recherche seront ainsi mieux sensibilisés aux réalités socio-économiques de leur domaine, tandis que les autres connaîtront les questionnements et les enjeux de la recherche dans leur secteur d’activité. De fait, aujourd’hui, la plupart des masters des universités sont indifférenciés.

Qu’est-ce que l’appréciation HCERES des masters ?

Le HCERES (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur), qui succède depuis novembre 2014 à l’AERES (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur), évalue les établissements et leurs formations, y compris les masters, tous les quatre ans, en délivrant une appréciation textuelle. Hormis le principe de la notation qui a été abandonné, les missions du HCERES sont globalement identiques à celles de l’AERES.

Le site Web du HCERES présente notamment les rapports d’évaluation des établissements et de ses formations. Pour chaque master, le rapport établit une synthèse de l’évaluation qui met en évidence les forces et les faiblesses de la formation. Le master construction et aménagement durable de l’université Lille 1 est, par exemple, signalé comme une formation aux contenus pédagogiques solides et "en adéquation avec les besoins des professionnels", tandis que le master didactique des langues FLES de l’université de Perpignan (66) affiche malgré la "bonne qualité" de la formation un "adossement insuffisant à la recherche".

Mais au-delà de la valeur, évaluée par le HCERES, la qualité du master dépend avant tout de celle de l’enseignant-chercheur qui le porte.

Quels sont les services offerts aux étudiants ?

Si le master possède son propre site Internet, cela montre qu’il y a une implication des enseignants et qu’il règne un esprit de communauté autour de la formation. Cependant, tous les sites de masters ne se valent pas : certains sont rudimentaires, d’autres, au contraire, très fournis. Ainsi, sur le site du master en communication et technologie numérique, proposé conjointement par l’École des mines d’Alès (30) et le Celsa (Paris 4), on trouve les profils des étudiants de la promo en cours ainsi que des témoignages d’anciens, la description de projets menés, etc. De quoi se faire une idée !

Certains masters proposent aussi des services complémentaires : forums emploi, conférences, placement spécifique… Sur le site du master projets européens de l’université de Cergy (95), les étudiants peuvent consulter une plate-forme avec des offres de stages réservées à leurs profils. C’est également le cas dans les masters qui dépendent d’écoles universitaires, comme les IAE (instituts d’administration des entreprises).

Que deviennent les diplômés ?

Certains masters publient des enquêtes sur l’insertion de leurs diplômés, accessibles sur le portail de l’université ou du master lui-même. Si l’on trouve des résultats complets, il s’agit d’un excellent signal. Car au-delà des données brutes (niveaux de salaire, durée de recherche d’emploi…), cela montre que les responsables du master sont impliqués sur cette question, qu’ils ont mis en place un suivi des diplômés et assument la transparence.

Les enquêtes sont parfois très poussées. Ainsi, pour le master communication d’entreprise de l’université de Grenoble (38) sont indiqués, entre autres, le type de contrat signé, la fonction occupée ainsi que le salaire attribué… avec le nom des entreprises !

Par ailleurs, quelques masters possèdent leurs propres associations d’anciens étudiants, à l’instar du master droit des affaires internationales de Tours (37). Là encore, il s’agit d’un très bon point. De plus, cette association permettra peut-être à l’étudiant d’obtenir un coup de pouce pour une candidature à un stage ou à un job. Avant de postuler, il est même possible de contacter le responsable de ce réseau pour obtenir des informations sur le master.

Quel est le taux de sélection à l’entrée ?

En ce qui concerne les masters 1, l’entrée est souvent acquise de droit pour les titulaires de la licence 3, si tant est que ce précédent diplôme appartienne à la même filière.

La véritable sélection s’effectue pour le master 2. À ce niveau-là, la sélection à l’entrée varie, et tous les étudiants ne sont pas logés à la même enseigne : certains masters reçoivent plusieurs centaines de candidatures alors que d’autres peinent à remplir leur quota d’étudiants inscrits (dans les filières scientifiques par exemple). Dans les IAE, un candidat sur deux en moyenne est admis en master 2.

Cependant, les chiffres montrent que, depuis quelques années, la poursuite d’études au sein d’un master tend à devenir la règle générale. Autrement dit, de moins en moins d’étudiants s’arrêtent à l’issue de leur master 1, faute d’avoir trouvé une place en master 2. Même si parfois, décrocher le Graal relève du parcours du combattant.