1. Sélection en master et droit à la poursuite d'études : ce qu'il faut savoir
Décryptage

Sélection en master et droit à la poursuite d'études : ce qu'il faut savoir

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Depuis 2017, les règles d'admission en master ont changé. // © Camille Stromboni
Depuis 2017, les règles d'admission en master ont changé. // © Camille Stromboni

Vous êtes en troisième année de licence et vous vous apprêtez à candidater à des masters ? Sachez que depuis 2017, les règles d'accès ont été modifiées. Le point en neuf questions-réponses.

1. En quoi consiste la réforme du master ?

Depuis la rentrée 2017, les universités ont la possibilité de sélectionner les étudiants à l'entrée de la première année de master. En contrepartie, la sélection entre le M1 et le M2 disparaît.

Et un droit à la poursuite d'études en master a été créé pour les étudiants titulaires d'un diplôme national de licence. Concrètement, cela signifie que, si vous n'êtes admis dans aucun des masters pour lesquels vous avez postulé, vous pourrez enclencher une procédure afin que l'on vous trouve une place dans un autre master.

2. Comment fonctionne le droit à la poursuite d'études ?

Pour en bénéficier, il faut réunir plusieurs conditions. Vous devez avoir obtenu votre licence il y a moins de trois ans, avoir effectué au moins deux candidatures pour une admission en première année de master à la rentrée 2018. Seuls les étudiants qui n’ont eu aucune réponse positive peuvent participer et doivent fournir pour chaque candidature un justificatif daté de refus de l’établissement.

Attention, la procédure ne se déclenchera pas automati­quement. Ce sera à vous de contacter le recteur de la région académique concernée. Prenez garde aussi aux délais, qui sont très courts !

Vous devez vous manifester dans les quinze jours suivant la date d’obtention de la licence si tous vos refus vous ont déjà été notifiés ou dans les quinze jours suivant le dernier refus s’il intervient après l’obten­tion de votre diplôme.

3. Le recteur a-t-il l'obligation de vous proposer un master dans votre fac d'origine ?

Non. Le recteur doit "en priorité" vous proposer une formation dans l’établissement dans lequel vous avez obtenu votre licence. Si ce n’est pas possible, il doit vous soumettre une formation "dans un établissement de la région académique". Le recteur a en revanche l’obligation de vous faire trois propositions d’admission dans un master, au plus tard en octobre.

Vous avez alors quinze jours à compter de la réception de la proposition du rectorat pour l’accepter ou la refuser. Ces propositions "tiendront compte du projet professionnel et des prérequis des formations". Mais rien ne précise si vous serez orienté vers un domaine d’études proche de celui visé…

4. La réforme concerne-t-elle tous les masters ?

Quelques universités, en psychologie et en droit, ont pu conserver une sélection entre le M1 et le M2. Si, ce statut dérogatoire devrait progressivement s'arrêter, des formations feront encore exception à la rentrée 2018. 

5. Comment les universités sélectionnent-elles ?

Chaque responsable de master fixe les critères d’admission dans sa formation. Les étudiants seront admis soit à l’issue d’un concours, soit après l’examen de leur dossier. Notes, cohérence du projet professionnel, motivation sont regardées de près.

Lire aussi : Les meilleurs masters à la fac : 259 formations au banc d'essai

6. "Trouvermonmaster.gouv.fr", c'est quoi ?

Trouvermonmaster.gouv.fr est une plate-forme d’information du gouvernement. Sur ce portail, vous avez accès à la liste exhaustive des masters proposés par les universités. Les formations sont listées de manière homogène et chaque fiche de master présente une description de la filière, les mentions de licence conseillées pour postuler, le nombre de places… Vous pouvez faire des recherches par mots clés.

En revanche, les candidatures se font pour l'instant sur le site de chaque université.

Peut-on bénéficier du droit à la poursuite d’études en master avec un diplôme qui donne le grade de licence ?

Non, seul le diplôme national de licence donne droit à la poursuite d’études. Les étudiants titulaires d’un diplôme donnant le grade de licence (diplôme de comptabilité et de gestion, diplôme d’infirmier, d’ergothérapeute…) n’en bénéficient pas. Ils peuvent bien entendu s’inscrire en master, mais ils n’auront pas la garantie d’obtenir une place.

Quel bilan pour le droit à la poursuite d’études ?

En 2017, plus de 3.300 étudiants ont saisi le recteur. Et ce, principalement dans certains champs disciplinaires comme l'économie-gestion, la biologie, la psychologie et les langues vivantes. Un peu plus de la moitié des dossiers, soit 2.000, ont été retenus par les rectorats, car jugés complets. En tout, la procédure aura permis à 735 étudiants de trouver une place dans un master. Mais entre 700 et 1.000 restent encore sans réponse malgré un dossier complet. Le bilan de cette première session est donc mitigé. En cause : la complexification de la procédure. En effet, la loi "master" prévoit des allers et retours entre le recteur et les présidents d’université et ces derniers doivent de leur côté sonder les doyens qui consultent à leur tour les responsables de formation…

La procédure connaîtra-t-elle des évolutions à la rentrée 2018 ?

Le ministère de l’Enseignement supérieur a promis des ajustements pour la rentrée 2018 afin de simplifier la procédure. Plusieurs pistes sont sur la table et notamment l'harmonisation du calendrier. Les universités devraient avancer leur jury de L3 avant l'été, afin de répondre aux demandes d'inscription dans les masters à la mi-juillet au plus tard. Pour faciliter le déroulement de la procédure, davantage d'informations devraient être demandées aux étudiants et fournies aux universités, comme les notes en dernière année de licence.

Le ministère souhaiterait également que les étudiants de licence émettent plus de vœux qu'ils ne le font actuellement. Pour saisir le recteur, le nombre de refus de candidatures en master à justifier, aujourd'hui fixé à deux, devrait ainsi être revu à la hausse. Un délai de réponse de quinze jours pourrait être imposé aux établissements. De même que la possibilité de leur demander une contre-proposition, en cas de refus. Mais ces solutions restent encore au stade de la réflexion. À suivre…

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