Éducation : "J'ai repris pied à l'école de la deuxième chance"

Par Etienne Gless, publié le 24 Janvier 2022

Créées il y a 25 ans, les écoles de la deuxième chance (E2C) accueillent des jeunes de 16 à 25 ans sortis de l'école depuis plus d'un an sans diplôme ni qualification. L'Etudiant a suivi Maëva, Camélia et Youssef qui construisent leur projet professionnel et d'insertion.

À l'école de la deuxième chance (E2C) pas de rentrée unique en septembre mais des rentrées tout au long de l'année. "Je suis rentrée à l'école de la deuxième chance de Paris le 3 mai", explique ainsi Camélia, 21 ans, qui a lâché sa formation en coiffure en 2018 et enchainé trois années "sabbatiques" sans suivre de formation ni occuper d'emploi. "On m'avait mis dans une filière qui ne me plaisait pas, je séchais les cours et j'ai arrêté l'école à 16 ans. J'ai longtemps été chez moi à ne rien faire", confie sa copine de promo Maëva, 22 ans. "De mon côté, j'ai été déscolarisé de 2017 à 2019 avant de me dire qu'il fallait que je trouve un métier", témoigne leur camarade Youssef, 22 ans et délégué de la promo.

Des écoles pour jeunes déscolarisés

Comme Camélia, Maëva et Youssef, quelque 15.000 jeunes de 16 à 25 ans, sortis du système scolaire classique sans diplôme ni qualification, reprennent pied dans une des 50 écoles de la deuxième chance (E2C) réparties sur 135 sites partout en France. Objectif : en quelques mois (sept en moyenne) bâtir un projet professionnel et décrocher soit un emploi, soit un contrat d'apprentissage soit entrer dans une formation qualifiante.

"Un jeune vient à l'école de la deuxième chance parce qu'il a décidé de reprendre sa vie en main et décidé d'un point de sortie. Après quelques mois il aura un travail : soit un CDI, soit un CDD, soit un contrat d'apprentissage", explique Denis Bouchard président de l'E2C Paris.

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Une école pour trouver un métier et un emploi

"Choisir un métier ne se fait pas sur internet ou en lisant une brochure mais en expérimentant. C'est pour cela que très vite nos jeunes partent en stage en entreprise découvrir des métiers", poursuit Denis Bouchard. Les quatre premières semaines passées à l'école sont consacrées à une remise à niveau pratique en français, maths ou bureautique avec l'objectif de trouver un stage pour découvrir et tester des métiers.

"On apprend à faire un CV, une lettre de motivation et à bien rédiger des courriels pour décrocher nos stages", explique Maëva qui a effectué quatre stages dont trois dans son domaine de prédilection : les animaux. "Mon projet professionnel est désormais de devenir auxiliaire vétérinaire". Youssef, 22 ans a également trouvé sa voie après deux stages dans des garages automobiles : "Mes stages m'ont aidé à me fixer sur un métier : réparateur automobile. Je suis à la recherche d'une alternance ou d'une formation pour obtenir mon CAP de mécanicien."

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Une école pour reprendre un nouvel espoir

"Quand on a passé 15 ans à l'école et que cela n'a pas débouché sur un diplôme ou qu'on n'est pas sur une voie d'insertion professionnelle, on peut désespérer de trouver sa place dans l'entreprise et dans la société", observe Denis Bouchard. "Mais dans nos écoles on peut retrouver ensemble l'espoir d'une insertion professionnelle et citoyenne".

Pour Youssef, pas de doute, le passage dans cet établissement est une expérience positive : "Outre l'orientation vers un métier, j'ai pris conscience lors d'une mission civique en Ehpad de compétences que j'avais comme l'écoute, la patience et la bienveillance. Et à l'école je suis délégué de ma promotion. C'est la première fois de ma vie que je suis délégué, que je représente un groupe…", sourit le jeune homme.

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