1. Sécurité dans les facs : les étudiants rassurés… mais résignés
Témoignage

Sécurité dans les facs : les étudiants rassurés… mais résignés

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François Hollande s'est rendu à la Sorbonne pour observer une minute de silence en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. // © Virginie Bertereau
François Hollande s'est rendu à la Sorbonne pour observer une minute de silence en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. // © Virginie Bertereau

Suite aux attentats de 2015, les universités ont considérablement renforcé leurs dispositifs de sécurité. Certains étudiants se disent "rassurés" par ces mesures, d'autres attendent de leur fac "des paroles positives".

En pleine période de partiels, les étudiants ne font plus guère attention au contrôle de leur carte et de leur sac à l'entrée de la fac. Une habitude prise au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher en janvier 2015. "Je ne suis pas tellement inquiète de la sécurité sur le campus ; on a vu que le président avait immédiatement pris des mesures drastiques pour contrôler l'accès de la fac. Ce qui m'inquiète, en revanche, ce sont les transports en commun que je prends tous les jours", admet Laura, étudiante en L3 (licence 3e année) de droit à l'université de Cergy-Pontoise (95).

Djalil, étudiant à Paris 13, rappelle que sa fac est sécurisée depuis 2011 à la suite d'agressions commises sur le campus de Villetaneuse (93). "Le président avait fait construire une barrière autour de la fac, et nous devons montrer notre carte pour entrer. Depuis les attentats de Charlie Hebdo, en plus, nos sacs sont contrôlés." Laura renchérit : "Les jours qui ont suivi le 13 novembre, nous avons même dû donner nos couverts aux agents de sécurité. On s'y fait."

Les universités en ordre de marche

Tout de suite après les attentats, les facs ont suivi les consignes du ministère de l'Éducation nationale. Puis, une circulaire, plus adaptée à leurs spécificités, a été mise en place début décembre 2015. Avec pour objectifs notamment de "renforcer la surveillance et le contrôle des accès aux bâtiments, réaliser un audit de sécurité avec la préfecture de police et faire connaître aux étudiants le numéro vert (08.00.00.56.96) de la plate-forme de signalement de radicalisation".

Si le filtrage a été strict les jours qui ont suivi les attentats, pour certaines universités, maintenir un tel niveau de sécurité semble inaccessible et pas forcément souhaitable. "Je ne suis pas d'accord pour barricader les universités. On ne peut pas vivre dans le tout-sécuritaire en redoutant le prochain attentat", estime François Germinet, président de l'université de Cergy-Pontoise. Selon lui, il faut plutôt "développer la vigilance collective".

"Poussé(e)s à être plus paranoïaque(s)"

La "génération Bataclan", comme se définit Laura, se résigne à accepter le caractère fortuit des attentats. "C'est vrai que notre génération est poussée à être plus paranoïaque. En février dernier, nous organisions une soirée au Bataclan....c'est juste une question de hasard", confie l'étudiante.

Pourtant, de l'avis de certains, ce déploiement de sécurité n'est pas une fin en soi. "Je ne suis pas plus rassurée de voir des agents de sécurité à l'entrée de l'université que lorsque je vois des militaires dans la ville de Montpellier (34). Ce qui est rassurant en revanche, c'est de savoir que notre université a pris le problème à bras-le-corps", assure Emma étudiante en M2 (master 2e année) enseignement à Montpellier 3. "Ce que nous attendons finalement c'est la capacité de notre fac à véhiculer une parole positive et un message de paix", conclut Laura.

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