Gwenn, de mécanicien sur Le Terrible à atomicien

Par la Marine nationale, publié le 25 Février 2019
7 min

Gwenn, 26 ans, est second-maître mécanicien sur le sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) Le Terrible. Arrivé des Pyrénées il y a 4 ans, il a enchaîné les formations pour se spécialiser peu à peu. Et il ne compte pas s’arrêter là.

Il y a 4 ans, Gwenn vivait encore à la montagne, à Bagnères-de-Luchon, dans les Pyrénées. Et puis un jour, il est descendu au niveau de la mer… avant de s’engager dans les sous-marins de la base de Brest comme mécanicien. « Les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins m’ont toujours beaucoup attiré, se souvient-il : non seulement, c’est une des plus grandes avancées technologiques au monde, mais en plus le côté secret qui les entoure les rend fascinants. » Logés à Brest, les quatre SNLE de la Marine nationale – motorisés par une propulsion nucléaire et capables de lancer des missiles eux-mêmes nucléaires – sont en effet protégés des regards, et lorsqu’ils plongent, personne – absolument personne – ne sait où ils sont ni où ils vont.

Après son BTS, deux ans comme saisonnier

« Même si j’ai grandi dans les Pyrénées, ma famille habite à Brest, le monde de la mer ne m’est donc pas inconnu. Et puis l’un de mes oncles était lui-même mécanicien sur un sous-marin à propulsion nucléaire, à Brest. » L’influence familiale – ou en tout cas la confrontation, très jeune, avec la réalité de la Marine nationale – a permis au jeune Gwenn de grandir sans clichés sur le milieu.Il passe son enfance à Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne), puis obtient un bac STI en génie mécanique suivi d’un BTS conception et réalisation de systèmes automatiques à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). À 20 ans, il décide d’y travailler comme saisonnier : l’hiver, il est conducteur de télésiège ; l’été, il est mécanicien dans une carrière souterraine. Pendant deux ans, Gwenn enchaîne les saisons et forge peu à peu son expérience de mécanicien. « À 22 ans, j’ai décidé de m’engager, explique-t-il, parce que la Marine offre à toute personne sans expérience le droit de se présenter pour se former en interne. J’ai donc contacté le Cirfa (Centre d’information et de recrutement des forces armées) près de chez moi et j’ai été pris. »

Une spécialisation progressive

La formation jalonne la courte mais déjà riche carrière de Gwenn : il commence à l’École de maistrance pendant quatre mois, poursuit à l’École de spécialité à Toulon, où il passe son BAT mécanicien (brevet d’aptitude technique) en 5 mois. Lors des résultats, il est reçu 4e sur 21 candidats : il choisit son affectation sur les SNLE. C’est ainsi qu’il arrive à Brest fin 2016 pour commencer sa formation à l’École de navigation sous-marine, où les niveaux se spécialisent au fur et à mesure : connaissances élémentaires du sous-marin ; puis spécialité TSP (Tableau Sécurité Plongée) pour tout ce qui relève de la sécurité en plongée ; et enfin une spécialité au poste de conduite des diesels générateurs. « C’est le poste que j’occupe actuellement », commente-t-il avec modestie.

Sous-marin de la Marine Nationale
Sous-marin de la Marine Nationale // © Marine nationale

« On a la peau plus claire après 2 mois et demi sous l’eau »

Car modeste, Gwenn l’est. Il aurait pourtant de quoi pavaner avec ses trois plongées au compteur, dont deux courtes (une semaine) et une longue, de 70 jours, que l’on appelle une « patrouille ». Mais non : il n’en fait pas des tonnes. Il se souvient avec amusement qu’« on a la peau plus claire après 2 mois et demi sous l’eau », mais aussi que « le mal de mer n’existe pas dans un sous-marin : c’est aussi stable que si vous étiez dans un bâtiment à quai : rien ne bouge. » Il se souvient également que « cela passe très vite lorsqu’on est en plongée », avant d’expliquer son quotidien : « On est de quart tous les jours, il n’y a pas de jours de repos. Nous sommes trois mécaniciens PCDG, affectés à l’avant du sous-marin, et nous nous relayons toutes les 8 heures ; nous intervenons sur les générateurs d’oxygène, les réfrigérateurs, le moteur Diesel de secours, et nous sommes chargés d’entretenir tous ces équipements complexes.  »

À bord, on soigne le moral de l’équipage

Si l’isolement ou le sentiment d’éloignement apparaissent, c’est toujours lors des remontées en surface, jamais pendant les plongées elles-mêmes. « D’ailleurs, avec ma copine, cela s’est très bien passé lors de la patrouille. Cela fait plus de deux ans qu’on est ensemble et lorsque je suis revenu, c’était encore mieux entre nous ! » À bord du SNLE, des animations sont prévues pour distraire les marins et éviter que le confinement pèse sur le moral de l’équipage (110 personnes en plongée) : soirées à thèmes, projections cinéma, etc. Pour le moment, Gwenn est à quai. Avec son équipage pendant deux mois, il se forme sur simulateur et engrange beaucoup de théorie. Cela sera précieux lors des plongées.

Projet : devenir atomicien

Le projet de Gwenn, c’est de devenir atomicien, un métier de spécialiste de l’énergie nucléaire. C’est le métier de son oncle, d’ailleurs. Un métier qui l’emmènera cette fois à l’arrière du sous-marin pour s’occuper de la maintenance sur le réacteur nucléaire qui alimente la propulsion. « Pour cela, je dois me former à l’École des applications militaires de l’énergie atomique (EAMEA) de Cherbourg, complète Gwenn. C’est en bonne voie, puisque j’ai été présélectionné à l’issue de mon BS (brevet supérieur) d’atomicien et que j’attends ma sélection définitive. » Une nouvelle étape dans la vie du jeune Pyrénéen débarqué à Brest il y a à peine 4 ans.

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