1. Mémoire et rapport de stage : quelles différences ?

Mémoire et rapport de stage : quelles différences ?

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Mémoires et rapports de stage sont souvent confondus. Il existe cependant des différences entre ces deux exercices. Chacun d’eux peut d’ailleurs prendre plusieurs formes, comme l’explique Myriam Greuter dans Bien rédiger son mémoire ou son rapport de stage, publié aux éditions l’Etudiant. Extraits.


Le rapport de stage est entièrement lié à l’expérience vécue dans l’entreprise ou l’organisme d’accueil (institution, association, laboratoire…), il n’existe pas sans elle et ne s’applique qu’à elle. Le mémoire, lui, se passe d’expérience professionnelle, ou ne considère celle-ci que comme un exemple, une illustration, un jalon de la recherche. Son propos est plus théorique, plus général.

Un rapport de stage expliquera, par exemple, comment mettre en place un contrôle de gestion dans une société Y, tandis qu’un mémoire étudiera les systèmes de gestion des coopératives agricoles de la région Nord-Pas-de-Calais.


Les rapports de stage

Les stages obligatoires concernent surtout les formations techniques et professionnelles : écoles, BTS, DUT. Mais on en trouve également à l’université, en licence et surtout en master (professionnel ou de recherche).

Lorsqu’il a lieu au tout début des études supérieures, le stage constitue souvent une période de découverte du monde du travail. Il donne lieu à un rapport de stage « simple ». Par la suite, l’étudiant devient suffisamment qualifié pour mener à bien un véritable projet de stage. Il rédigera donc un rapport de recherche (lié au progrès de la recherche fondamentale) ou un rapport de synthèse (lié, lui, au progrès de la recherche appliquée).

fleche-rouge Pas de stage fictif !

Est-il besoin de le préciser, le rapport doit faire suite à un vrai séjour en milieu professionnel. Pas question donc de s’inventer une expérience ou d’obtenir un stage de complaisance. Pour les rapports de recherche et de synthèse, le rapport doit exposer une mission réelle, ayant débouché sur une réalisation concrète. Comme le dit Françoise, enseignante en BTS assistant de manager, « il ne peut s’agir ni d’un exercice fictif, ni d’une simulation ».

fleche-rouge Le rapport de stage « simple » : rendre compte d’un stage de découverte

Le rapport de stage « simple » vise à décrire les tâches effectuées par l’étudiant durant quelques semaines passées en milieu professionnel, dans une entreprise, une institution ou une organisation. Ce type de stage est avant tout un moment d’immersion dans le monde du travail.

Le rapport de stage « simple » est alors un triple compte rendu : du travail effectué par l’étudiant, du milieu professionnel qui l’a accueilli, et de l’expérience qu’il y a acquise.

Étudiante en licence de LEA (langues étrangères appliquées), Juliette a ainsi effectué un stage dans un petit journal hippique ; dans son rapport, elle évoque les différents postes qu’elle a occupés, de la comptabilité à la rédaction du magazine. Elle décrit le fonctionnement de l’entreprise, la fabrication du journal, et dresse le bilan personnel de ses trois mois de travail.

fleche-rouge Le rapport de recherche : faire progresser la connaissance scientifique ou technique

Un rapport de recherche fait suite à un séjour en laboratoire, en cabinet d’études, dans un service recherche et développement, dans une ou plusieurs entreprises ou institutions, en un mot, « sur le terrain ».

Durant quelques mois, l’étudiant observe, analyse, fait des expériences, afin d’examiner un domaine particulier, ou une démarche de recherche. Il aboutit à l’étude expérimentale d’un problème, dont le rapport de recherche rend compte. Il sert à enrichir la connaissance.

Étudiante en licence de biologie, Nathalie a ainsi passé deux mois dans un laboratoire new-yorkais pour étudier la mémoire spatiale chez les rongeurs.

fleche-rouge Le rapport de synthèse : répondre à une question ou à un problème

Le rapport de synthèse intervient lui aussi à la suite d’une période d’observation en milieu professionnel. Toutefois, à la différence du rapport de recherche, il vise moins une avancée théorique qu’un progrès dans le fonctionnement de l’entreprise d’accueil.

Son but est de résoudre un problème qui se pose dans l’entreprise. Le bénéfice de l’analyse menée par l’étudiant durant son stage est avant tout pratique. Le rapport propose des solutions et dresse le bilan des actions préconisées.

Pour son projet d’ingénieur, Anne-Kristen, étudiante en agronomie, a ainsi étudié pendant un an les méthodes d’une exploitation vinicole afin d’améliorer les techniques de traitement d’effluents (déchets).


Les mémoires

Les mémoires demandent généralement un bon niveau de connaissances dans le domaine étudié : pour cette raison, ils sont souvent programmés en fin d’études, ou du moins rarement durant les premières années de formation supérieure.

fleche-rouge Du « minimémoire » à la thèse

Le but d’un mémoire est d’explorer un domaine du savoir, de l’analyser et d’en tirer des réflexions originales. En un mot, d’apporter une pierre à l’édifice de la connaissance.

Si l’on suit cette définition, le rapport de recherche ou de synthèse peut être considéré comme un mémoire : la seule différence, mais elle est de taille, c’est que le mémoire ne comporte pas nécessairement d’immersion en milieu professionnel. Les problèmes de méthodologie de recherche sont donc similaires, pas les difficultés liées au cadre professionnel – notamment en ce qui concerne les relations humaines au sein de l’entreprise.

À partir de la quatrième année universitaire, la rédaction d’un mémoire devient chose banale. Il est généralement l’exercice phare de la première année de master (M1). Dans certaines filières, des « minimémoires » jalonnent même la dernière année de licence et préparent les étudiants au travail à fournir l’année suivante.

Les meilleurs étudiants de M1 sont admis à poursuivre en deuxième année de master (M2). Là aussi, un mémoire est le plus souvent prévu. Il viendra clore le deuxième cycle, ou bien préfigurera la thèse pour ceux qui souhaitent poursuivre en doctorat (l’élève élargira alors le sujet de son mémoire en sujet de thèse, ou restreindra dans certains cas son étude à l’un des aspects du problème examiné en M2).

fleche-rouge Le mémoire de compilation, ou mémoire bibliographique

Le mémoire de compilation - aussi appelé mémoire bibliographique - vise à dresser un état des lieux de la connaissance dans un domaine. Il faut, dans ce cas, rassembler l’essentiel des textes qui concernent le sujet choisi, les étudier et en faire une synthèse. Cette dernière ne constitue pas un simple inventaire ou un résumé : elle est critique, elle confronte les thèses existantes, souligne leurs faiblesses théoriques.

Les « minimémoires » de licence sont souvent des exercices de ce genre. En licence d’archéologie, Jean-Marc a ainsi réalisé une brève synthèse sur le début du paléolithique moyen dans le nord de la France, à partir des travaux existant sur le sujet.

En master, certains sujets déjà abondamment traités se prêtent également bien à ce type de mémoire.

fleche-rouge Le mémoire de recherche

Comme le rapport de recherche, il a pour but de faire progresser la connaissance en explorant un domaine peu connu ou en abordant un thème sous un angle original. Il doit fournir un modèle d’explication et de compréhension à une question particulière.

C’est le type même du mémoire. Les domaines de recherche sont infinis.

fleche-rouge Le mémoire de terrain

Le mémoire n’est pas nécessairement un travail de rat de bibliothèque : certains exigent de mener une enquête de terrain. Ils mêlent ainsi recherche fondamentale et expérimentation. C’est le cas des mémoires de fin d’études dans de nombreux instituts ou écoles, qui demandent d’élaborer des modèles d’explication après examen des phénomènes sur le terrain, ou des mémoires scientifiques, qui suivent souvent une période d’analyses en laboratoire.

Étudiant en biologie cellulaire, Mathieu a ainsi passé plusieurs mois au sein de l’INRA (Institut national de recherche agronomique). Il y a élaboré un protocole de différenciation génétique des populations de pucerons, sur lequel a porté son mémoire à bac+4.

« L’avantage de ce type de mémoires, explique Mathieu, c’est qu’ils possèdent un caractère plus humain que les travaux de recherche purement bibliographiques. Ils paraissent plus “exotiques” aux yeux des jurés, et sont peut-être plus séduisants. »

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À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Bien rédiger son mémoire ou son rapport de stage", par Myriam Greuter.