Route du Rhum : comment Lino, ingénieur alternant, a participé à la construction d'un voilier

Par Etienne Gless, publié le 09 Novembre 2022
4 min

Fraîchement diplômé, Lino Delpech a effectué toutes ses études d'ingénieur en alternance au sein du chantier nautique Lalou Multi. Il a notamment conçu et mis au point le système d'électronique embarqué du "Captain Alternance", voilier qui s'est élancé ce mercredi 9 novembre au départ de la mythique Route du Rhum.

À 14 h 15 ce mercredi 9 novembre, les bateaux engagés dans la mythique Route du Rhum, course transatlantique à la voile en solitaire, se sont élancés de la pointe du Grouin à Saint-Malo (35). Enfin ! Le départ a dû être repoussé de trois jours en raison de mauvaises conditions météorologiques.

Parmi les bateaux en lice, un voilier doit beaucoup aux jeunes : "Captain Alternance", un bateau monocoque de 40 pieds (12 mètres, class 40). Outre son skipper de 26 ans, le jeune espoir Kenni Piperol, le bateau a été en partie conçu et fabriqué par des jeunes apprentis se formant à l'un des 25 métiers de la voile, au sein du chantier Lalou Multi composites, une PME située dans le Médoc.

Plusieurs mois à plancher sur la mise au point du système

"Sur ce bateau, j'ai fait tout le système électrique et électronique, coaché par Luis Guervos, un électricien de marine dont le travail consistait à poser les installations et de réaliser le câblage", confie ainsi Lino Delpech, jeune ingénieur diplômé en 2022 de l'ENSEIRB-Matmeca, une grande école d'ingénieurs. Aujourd'hui âgé de 22 ans, il a effectué toutes ses études d'ingénieur en apprentissage au sein de Lalou Multi.

C'est pendant l'hiver 2021–2022 que Lino a travaillé, pendant plusieurs mois, sur "Captain Alternance". "Mes missions durant la construction étaient de designer le système d'électronique embarqué, c'est-à-dire de réaliser le schéma électrique", se souvient-il.

"Mais je devais aussi anticiper les commandes, choisir ce qu'on allait implanter à bord et optimiser le poids des équipements. C'est très important sur un bateau de course : plus son poids est réduit, plus il est compétitif et tous les choix doivent être faits dans ce sens".

"Captain Alternance" sur le chantier Lalou Multi.
"Captain Alternance" sur le chantier Lalou Multi. // © Photos fournies par le témoin

Concevoir un système fonctionnel et le plus léger possible

Les challenges de Lino étaient donc doubles sur ce projet : concevoir un système qui soit le plus léger possible, mais qui soit aussi fonctionnel. Et qui doivent remplir plusieurs missions : pilote automatique, systèmes de communication par satellite et VHF, géolocalisation…

Lino est intarissable sur le pilote automatique du voilier, qui "se rapproche de celui d'un avion" : "Il peut contrôler le bateau en fonction d’énormément de paramètres. Il peut ainsi recalculer le vent réel par rapport au vent apparent ou l’inclination du bateau pour éviter qu'il ne plante dans les vagues. Il possède aussi des fonctions de sécurité, des modes de pilotage alternatif pour lisser les accélérations."

Le système conçu par Lino devait aussi consommer peu d'énergie, car "Captain Alternance" cultive une image de voilier soucieux de son impact. "Le bateau est réalisé à 98% avec des matériaux recyclables, en particulier de la résine recyclable. Au moment de sa construction, ce bateau était la plus grande construction au monde en résine recyclable", précise le jeune ingénieur.

"Captain Alternance" sur les quais de Saint-Malo avant le départ de la Route du Rhum.
"Captain Alternance" sur les quais de Saint-Malo avant le départ de la Route du Rhum. // © Thibaut Cojean

Le projet le plus formateur de toutes ses études

Cette résine thermoplastique n'a pas laissé que des souvenirs agréables à l'apprenti. "Au moment où je suis intervenu dans la construction de ce bateau, les stratifiés n'étaient pas terminés. Or la particularité de cette résine est qu'elle dégage une très forte odeur de citron à vous dégoûter du citron, pour ne pas dire plus !" sourit Lino.

Il préfère garder un souvenir plus positif de cette expérience professionnelle : "C'est la première fois que j'étais en charge de la quasi-totalité du projet, y compris du choix des composants. C'est le projet sur lequel j'ai eu le plus d'autonomie, où je me suis le plus gratté la tête et qui a donc été le plus formateur !" conclut celui qui monte actuellement sa propre entreprise dans le domaine des systèmes embarqués.

Sa petite embarcation professionnelle bien à lui prendra son départ dans quelques semaines.

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