Une nuit au cœur de Nightline France, ligne d'écoute à destination des étudiants

Nightline France est une ligne d’écoute à destination des étudiants et de leur santé mentale. Elle est constituée uniquement d’étudiants bénévoles. L'Etudiant est parti à leur rencontre.
L'écoute des étudiants repose sur quatre principes fondamentaux qui sont la confidentialité, l’anonymat, l'absence de jugement et la non-directivité, c’est-à-dire l’absence de conseils.
Les bénévoles peuvent également prodiguer des informations lorsque l’appelant en émet la demande. "On est une ligne d’écoute, mais aussi une ligne d’information", précise Nasrine. Nightline a d'ailleurs développé un annuaire gratuit qui répertorie tous les soins psychologiques gratuits pour les étudiants. Mais aussi un kit de vie pour prendre soin de sa santé mentale et de celle de ses proches et des fiches pédagogiques sur les différents troubles.
Une permanence de cinq heures à l'écoute d'étudiants
Tous les soirs, de 21h à 2h30 du matin, les membres de l'association se réunissent afin d'apporter leur écoute à des étudiants en difficulté. Dès 20h30, les étudiants commencent à arriver au compte-goutte. Philosophie, lettres, biologie, psychologie, les jeunes bénévoles présents ce jeudi soir à la permanence d’écoute de Paris (75) viennent de toutes les filières pour prêter une oreille attentive aux étudiants qui en ressentent le besoin.
Certains ont ramené leur dîner, d'autres remplissent des petits mots pour les autres bénévoles dans ce qu’ils appellent le "mur du love". Chaque bénévole possède une petite enveloppe accrochée au mur dans laquelle ils peuvent se laisser des petits mots d’encouragement.

À 21h, la permanence d’écoute commence et va durer cinq heures. Les bénévoles sont concentrés, rivés sur leur écran pour répondre aux étudiants qui appellent ou les sollicitent via le chat de l'association.
"J'ai bien aimé l'idée d'aider des étudiants en étant étudiante"
Chaque membre de l'association à ses motivations. Magalie*, bénévole depuis novembre 2022 et étudiante en master de biologie, a, elle aussi, eu envie de donner de son temps. "J’ai vu passer l’annonce sur le site de la fac et je me suis dit que c’était un super projet. Moi aussi, j'ai eu des galères au début de mes études et ça aurait été cool de connaître ça avant. En plus, je suis dans un master qui me laisse beaucoup de temps."
Lisa*, elle, est étudiante en psychologie. La jeune femme explique qu’elle a eu envie de s’engager après avoir entendu parler de l’association sur les réseaux sociaux. "J’ai bien aimé l’idée d’aider des étudiants en étant étudiante. Je trouve qu'on les néglige un peu et que c’est bien de leur donner un espace où ils sont écoutés. J'avais aussi envie de me sentir utile", raconte-t-elle.
Une fois recrutés, les bénévoles suivent une formation validée par des psychologues d’une trentaine d’heures, étalée sur deux week-ends consécutifs, au cours de laquelle ils vont découvrir ce qu’est l'écoute active et s’entraîner à travers des jeux de rôles. La formation se termine par un test de validation afin de s’assurer que le bénévole connaît les principes et est à même de les appliquer. Chaque membre de Nightline peut faire au maximum trois permanences par mois.

La santé mentale des étudiants au cœur des actions de Nightline
Patrick Skehan, alors en Erasmus. Et pour cause, dans une enquête de 2022 menée auprès de 3.500 étudiants par la mutuelle des étudiants LMDE en partenariat avec le CSA, on apprend que "70% des étudiants se déclarent en situation de mal-être". Le suicide est même la deuxième cause de décès chez les 15-29 ans et la majorité des troubles psychiques se développent durant cette tranche d’âge.
Pour autant, ce thème reste un sujet tabou, même s'il fait partie intégrante de la santé comme l’indique l’OMS (organisation mondiale de la santé). "Aujourd’hui, on parle un peu plus de santé mentale et il faut continuer", affirme Nasrine. Un combat que Nightline est bien décidée à mener.
Aujourd’hui, l’association touche 50% des étudiants via ses permanences situées dans plusieurs villes de France comme Paris, Saclay, Lille, Lyon, Toulouse et Angers. Elle ambitionne, à l'avenir, d'ouvrir d'autres permanences pour toucher davantage d’étudiants. Pour se faire connaître auprès d’eux, l'association réalise des interventions en amphithéâtre ainsi que des campagnes de prévention dans les universités et les Crous.