Lucas Fugeard, un étudiant en psychologie engagé pour la santé mentale des étudiants

Par Amélie Petitdemange, publié le 26 Janvier 2022
6 min

GÉNÉRATION ENGAGÉE. Lucas Fugeard, 22 ans, est le président de l’association Nightline Lyon, un service d'écoute entièrement dédié aux étudiants, depuis le 10 janvier 2022. Étudiant en deuxième année de master de psychologie, il a décidé de s’engager en faveur des étudiants après le confinement.

Lucas, étudiant en deuxième année de master de psychologie, est le nouveau président de Nightline Lyon, un service d'écoute nocturne gratuit dédié aux étudiants. Après le confinement, il a choisi de s'engager envers les étudiants isolés.

"Je n’ai jamais été engagé dans une association auparavant. Je passais beaucoup de temps chez moi à jouer aux jeux vidéo et je restais avec mon cercle d’amis du collège", raconte le jeune homme de 22 ans d’une voix douce. Pendant le confinement, ses amis lui demandent des contacts de psychologues. "En faisant des recherches, je suis tombé sur Nightline Lyon. Avec la crise sanitaire, j’ai ressenti le besoin de faire quelque chose d’utile et de m’engager dans quelque chose qui a du sens", se souvient l’étudiant. Il débute alors comme bénévole dans l’association.

"Dialoguer avec ses pairs"

Les bénévoles de Nightline Lyon assurent des permanences téléphoniques de 21h à 2h du matin. "Nous écoutons activement les étudiants, en respectant quatre principes : confidentialité, anonymat, non directivité et non jugement", énumère Lucas.

Cet engagement n’est pas lié à son cursus en psychologie. "Quand je faisais des permanences, j’enlevais la casquette d’étudiant en psycho, car nous ne sommes pas des professionnels. Le principe de Nightline, c’est le soutien des étudiants par les étudiants. C’est plus facile de dialoguer avec ses pairs, nous sommes dans la même situation qu’eux", explique Lucas.

Lire aussi

Un étudiant engagé pour le bien-être des étudiants

En septembre dernier, il est élu co-président de l’association, aux côtés de la présidente Floriane Varais-Kurtz, étudiante en droit. "Floriane a monté l’antenne lyonnaise et elle voulait que la transition se fasse en douceur. Après le vote auprès des bénévoles, j’ai donc entamé une vice-présidence pour qu’elle me passe le flambeau". Le 10 janvier, un deuxième vote auprès des 32 bénévoles l’a confirmé comme président.

Lors de ce mandat d’une année, il gère les bénévoles et les partenaires, participe au conseil d’administration et assume le rôle de porte-parole. "Je rencontre des étudiants d’horizons totalement différents et des personnes très bienveillantes. D’un point de vue personnel comme professionnel, c’est une grande aventure", se réjouit Lucas.

En parallèle de son engagement nocturne, il jongle entre ses cours à l’université Lumière Lyon 2 et un stage à l’hôpital. Il est aussi engagé au service de santé universitaire de l’université Claude Bernard Lyon 1 pour soutenir les étudiants étrangers qui rencontrent des problématiques de déracinement et d’isolement. Le dimanche, Lucas a par ailleurs un job alimentaire dans la grande distribution. "C’est hyper stimulant et enrichissant de faire plein de choses. J’aime bouger de partout, c’est bon pour ma santé mentale", assure-t-il.

Lire aussi

Prendre soin de sa propre santé mentale

Épauler les étudiants dans les moments difficiles peut être dur à gérer pour les bénévoles. Après les appels, ils débriefent entre eux tout en respectant la confidentialité des échanges. Ils assistent également à des réunions de partage une fois par mois.

Pour se changer les idées et prendre soin de sa propre santé mentale, Lucas passe du temps avec ses amis, va à la patinoire et pratique la méditation tous les jours. "J’ai arrêté de voir un psy cette année mais auparavant je suivais une thérapie. C’est intéressant de passer de l’autre côté de la barrière, c’était aussi une observation", raconte le jeune homme.

Il encourage tous les étudiants qui en ressentent le besoin à contacter Nightline. "On entend souvent dire que les années étudiantes sont les plus belles mais entre les études, les jobs étudiants et le stress, ça peut être compliqué. Toutes les inquiétudes et émotions que l’on peut ressentir sont légitimes, il n’y a pas de petits problèmes", affirme-t-il.

L’année prochaine, il aimerait poursuivre ses études en doctorat à l’université Lumière Lyon 2, avec une thèse sur la prise en charge des personnes en situation d’obésité. Il poursuivra aussi son stage dans un hôpital privé de la Loire, sa région d’origine. "Je continuerais à faire des allers et retours entre Lyon et Saint Etienne pour assurer mes cours et mon stage", explique Lucas. Et bien sûr, son mandat de président de Nightline Lyon jusqu’en janvier 2023.

Articles les plus lus

A la Une engagement et vie associative

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !