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Bac 2017 : "Je passe mon baccalauréat et je suis dyslexique"

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Être dyslexique n'empêche pas de passer le bac. Des aménagements sont prévus lors des différentes épreuves. // © plainpicture/Onimage/Davies
Être dyslexique n'empêche pas de passer le bac. Des aménagements sont prévus lors des différentes épreuves. // © plainpicture/Onimage/Davies

Ismaël est en terminale ES au lycée Parc Impérial de Nice. Comme 5 % d’élèves en France, il est dyslexique. Candidat au bac, il nous explique le déroulement de ses épreuves aménagées.

Ismaël, 19 ans, était en 5e lorsqu'il a été diagnostiqué dyslexique et dysorthographique. Les aménagements nécessaires à son handicap n'ont pas été réalisés immédiatement. Le jeune homme, aujourd'hui en terminale ES au lycée du Parc-Impérial à Nice (06), a d'abord dû faire une demande de PPS (projet personnalisé de scolarisation) auprès de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées). Une démarche qui prend beaucoup de temps... Ce n’est qu’en 3e qu'il a obtenu un ordinateur et des aides pour passer le brevet.

"C'est un rythme assez difficile"

Candidat au bac, Ismaël bénéficie d’un tiers-temps. Pour des épreuves de quatre heures, par exemple, il dispose d'une heure 20 supplémentaire. "Mon tiers-temps m’aide vraiment. Sans cela, je n’arriverais pas à finir", assure-t-il. Un temps supplémentaire indispensable mais qui, par conséquent, rend les épreuves particulièrement longues. "Pour les SES (sciences économiques et sociales), j'ai sept heures d'épreuve au total au lieu de cinq, car je passe aussi ma spécialité sciences politiques. C'est un rythme assez difficile, il faut rester concentré longtemps", souffle Ismaël.

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Le jeune Niçois passe son bac dans une salle réservée aux candidats bénéficiant d'aménagements. "Je suis aussi rassuré de voir que je ne suis pas le seul dans cette situation", explique-t-il. Le lycéen travaille avec un ordinateur. Son handicap lui permettrait d’être accompagné par une personne pour ses épreuves, mais Ismaël préfère travailler seul. "Je trouve plus difficile de réfléchir et de dicter simultanément", justifie-t-il.

Un tiers-temps supplémentaire limité

Ismaël passe toutes les épreuves du bac à l'exception de l’anglais, car, explique-t-il, "c’est une langue difficile à apprendre pour les dyslexiques". Il a en revanche un oral d’italien, un moment compliqué du fait qu'il n'ait pas droit à son ordinateur lors de l'épreuve. En outre, le tiers-temps supplémentaire est limité. Initialement, pour cette épreuve, la préparation dure dix minutes. Avec son aménagement, Ismaël n'a que trois minutes supplémentaires. Pourtant, la rédaction de son brouillon à la main lui demande beaucoup plus de temps et les trois minutes ne s'avèrent pas suffisantes

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Ismaël a déjà rencontré des difficultés liées à la mise en place de son tiers-temps. L’année dernière, il a échoué à son épreuve de sciences du fait de la gestion de son temps. "Je n’avais pas bien compris le principe du tiers-temps et j’ai cru que j’avais une heure supplémentaire alors que je n'avais que 30 minutes de plus. Je n’ai pas pu finir mon épreuve à temps et cela m'a porté préjudice", déplore-t-il. Il a obtenu 5/20.

"Il faudrait avoir des ordinateurs plus récents"

Globalement, Ismaël se dit "content de constater que la dyslexie est reconnue aujourd’hui, car cela n’a pas toujours été le cas". Selon lui, les aménagements proposés donnent envie de réussir car ils prennent en compte les difficultés d’apprentissage. Ismaël reconnaît toutefois que quelques points pourraient être améliorés. "Je pense qu’il faudrait avoir des ordinateurs plus récents, car ceux qui nous sont prêtés possèdent de vieux logiciels auxquels nous ne sommes pas habitués. Il m’arrive parfois de ne pas trouver une fonctionnalité et de perdre du temps à la chercher."

Le lycéen met également en avant le manque d'informations vis-à-vis de la mise en place des aménagements. "Au début, on ne sait pas vraiment comment cela fonctionne et les surveillants n’ont pas forcément toutes les informations pour nous aider", indique-t-il. Et de proposer un nouvel amènagement possible : "Pendant les épreuves, nos documents sur ordinateur sont imprimés puis agrafés dans les copies, mais il faut remplir le haut, là ou l'on inscrit son identité.  Mais cela me fait perdre du temps, car je dois écrire à la main." En espérant toutefois que les amènagements actuels lui permettent d'avoir le sourire le 5 juillet prochain, lors de l'annonce des résultats du bac.

Ils (re)passent le bac avec l'Etudiant

Chaque année, au moment du bac, l'Etudiant accueille des étudiants en journalisme pour couvrir les épreuves en direct. Enquêtes, reportages, témoignages... Vous pouvez lire cette année sur letudiant.fr les articles de 14 étudiants de l’IEJ : Antoine, Fabien, Heloïse, Inès, Jennyfer, Julia, Kassy, Laura, Laurène, Léa, Luca, Matthias, Pierre et Wallis*.