1. Métier d'avocat : un pro vous répond

Métier d'avocat : un pro vous répond

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Les études

Comment devient-on avocat ? (Tatiana, wanadoo.fr)

Pour devenir avocat, il faut être titulaire d’une maîtrise en droit et réussir les examens d’entrée dans un CRFPA (centre régional de formation à la profession d’avocat), puis, après un peu plus de dix-huit mois de formation, il faut encore réussir un autre examen pour obtenir le CAPA (certificat d’aptitude à la profession d’avocat). Enfin, c’est à partir de la prestation de serment que l’on devient avocat.

Actuellement en fac de droit, j’ai peur de ne pas réussir mon entrée au CRFPA. Existe-t-il d’autres possibilités d’accéder à la profession en cas d’échec ? Combien de fois peut-on passer le concours d’entrée ? (Fatiha, hotmail.fr)
Il est possible de présenter trois fois l’examen d’entrée au CRFPA. Par ailleurs, de très nombreuses professions sont dispensées d’examen d’entrée : les notaires, les huissiers de justice, les greffiers des tribunaux de commerce, les administrateurs et mandataires judiciaires, les enseignants titulaires d’un doctorat en droit, en sciences économiques ou en gestion et justifiant de cinq ans d’enseignement juridique, les juristes d’entreprise justifiant de huit ans de pratique professionnelle, ou encore les fonctionnaires de catégorie A ayant exercé des activités juridiques pendant huit ans dans une administration ou un service public.

À quel moment un avocat se spécialise-t-il ? Quelle est la spécialité la plus recherchée ? (Marion, gmail.com)
Il y a 15 mentions de spécialisation reconnues par les textes réglementaires, du droit des personnes au droit des relations internationales. Il n’y a pas de spécialité « plus recherchée » qu’une autre. Tout dépend des goûts et des aspirations de chacun. Du point de vue des étudiants en droit, le domaine le plus convoité est celui du droit des affaires, devant le droit pénal. Du point de vue des cabinets, les recrutements en droit des affaires ne sont pas aussi massifs que l’on tend à le croire.

Quelles spécialisations faut-il choisir pour pouvoir travailler comme avocat à l’international ? (Julien, yahoo.fr)
Encore faut-il définir « l’avocat à l’international » ! Est-ce le goût du voyage, de l’ouverture sur d’autres cultures, la recherche d’une situation que l’on croit très rémunératrice, ou encore l’exercice du droit international ? En d’autres termes, il n’y a pas de réponse précise à cette question. Seule certitude : la pratique courante d’une langue étrangère sera la première exigence sur le parcours de cette formation.

Peut-on faire un stage chez un avocat avant de passer le concours ? (Sophia, voila.fr)
Bien entendu, beaucoup de cabinets d’avocats accueillent des stagiaires, à tous les niveaux d’études, pour quelques jours ou quelques mois.


Le métier

J’aimerais savoir quelles sont les différentes « sortes » d’avocats (avocat d’affaire, d’assises…) ? (Celia, yahoo.fr)
Nous sommes tous avocats avec une même déontologie. Il n’y a pas de distinction de ce point de vue et nous avons donc tous à répondre à la même discipline. Mais nos modes d’exercice et nos affaires nous distinguent dans notre pratique professionnelle. Pour simplifier, il existe des avocats généralistes qui acceptent de traiter différentes matières du droit (droit de la famille, des contrats civils et commerciaux, etc.), des avocats spécialisés qui affichent une compétence exclusive (à l’exemple des « avocats d’affaires », qui font du droit des affaires, et des « avocats d’assises », qui plaident devant la cour d’assises, mais aussi devant les autres juridictions pénales). Il existe aussi des avocats plutôt judiciaires, c’est-à-dire qui plaident beaucoup, et des avocats plutôt juridiques, c’est-à-dire qui rédigent des contrats et autres actes juridiques. Les deux peuvent se cumuler. Par exemple, je partage mon activité à égalité entre le judiciaire et le juridique. Enfin, il existe des avocats qui exercent seuls et d’autres qui s’associent.

Quelles sont les qualités requises pour faire un bon avocat ? (Mélanie, hotmail.fr)
On devient avocat en prêtant un serment qui répond à votre question : « Je jure, comme avocat, d’exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité. » Et en complément, notre déontologie fixe les principes essentiels de la vie d’un avocat : « L’avocat exerce ses fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité, dans le respect des termes de son serment. Il respecte en outre, dans cet exercice, les principes d’honneur, de loyauté, de désintéressement, de confraternité, de délicatesse, de modération et de courtoisie. Il fait preuve, à l’égard de ses clients, de compétence, de dévouement, de diligence et de prudence. »

Il semble que les revenus des avocats soient médiocres. Est-ce vrai ? Pourriez-vous m’indiquer une fourchette de rémunération mensuelle ? (Léa, hotmail.com)
L’avocat n’est plus le notable bourgeois nanti du passé. Les situations financières des avocats sont très disparates selon leur expérience, leur situation (collaborateur, individuel ou associé) et leur lieu d’exercice (Paris/province, et encore grandes, moyennes ou petites villes). Je vous renvoie au site du Conseil national des barreaux (www.cnb.avocat.fr), qui donne des statistiques intéressantes sur la question. À Paris, l’Union des jeunes avocats revendique une rémunération minimale (pas toujours appliquée) pour les jeunes avocats exerçant à titre libéral : 3 040 euros pour un avocat en première année et 3 440 euros pour un avocat en deuxième année d’exercice. Cette rémunération n’est pas un salaire. Elle doit être diminuée des charges que l’avocat paie directement (de 30 à 40 % les premières années).

Faut-il être doué à l’oral pour exercer ce métier ? (Valérie, yahoo.fr)
Tous les avocats ne sont pas des « ténors » du barreau, loin de là. Mais la parole et les mots restent le fondement de notre métier. Alors, oui, il faut savoir s’exprimer à l’oral et à l’écrit pour exposer (comprendre) la situation de ses clients et convaincre ses interlocuteurs.

Quels sont les points négatifs et positifs du métier ? (Fatiha, hotmail.fr)
Point positif : pas un seul jour ne passe sans que nous n’apprenions quelque chose de nouveau. Point négatif : les responsabilités et les missions confiées peuvent nourrir un stress parfois pesant (que l’on transforme en adrénaline dans l’action).


Pour en savoir plus, contactez l'UJA (Union des jeunes avocats) : www.uja.fr