Fermeture des établissements scolaires : "C’est la politique de la débrouille"

Par Thibaut Cojean, publié le 31 Mars 2021
5 min

Avec la flambée de l'épidémie de Covid-19, la question de la fermeture des établissements scolaires est de nouveau sur la table. Alors qu'Emmanuel Macron doit s'exprimer ce mercredi soir, professeurs et parents voient le dernier recours approcher de plus en plus vite.

En ce 31 mars, tous les yeux sont rivés sur l’école. L’épidémie continue de flamber et de nouvelles annonces officielles sont attendues ce mercredi soir lors d'une allocution d'Emmanuel Macron. Parmi les scenarii sur la table : un confinement strict avec fermeture des établissements scolaires.

Fermer les écoles ? Les avis ne sont pas tranchés. Dans l’absolu, personne ne souhaite en arriver là. Pour autant, tout le monde s’accorde à dire que la situation actuelle n’est pas tenable. "On ne souhaite pas la fermeture, rapporte Hubert Salaün, porte-parole de la Peep, syndicat représentatif de parents d’élèves. Les enfants le vivent assez douloureusement. Ils risquent de perdre à nouveau leur vie sociale. Les lycéens, qui sont en demi-groupes depuis longtemps, ont l’impression qu’on les prive de quelque chose."

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Les fermetures de classes explosent

Le porte-parole regrette les dernières mesures annoncées. Depuis le 29 mars et dans les 19 départements confinés, un seul cas de Covid confirmé dans une classe entraîne désormais sa fermeture, au lieu de trois auparavant. Il y voit "une mécanique difficile à tenir". "Le ministre ne prend pas la décision de fermer les écoles, mais elles vont fermer d’elles-mêmes", abonde Clara Dugault, co-présidente de la FCPE, autre syndicat de parents d’élèves.

Les chiffres leur donnent raison. Lundi soir, le Snes-FSU, syndicat enseignant majoritaire, avait recensé 260 classes fermées au sein de 109 établissements dans l’académie de Créteil, 111 classes réparties dans 37 établissements dans celle de Lyon, ou encore 82 sur 37 établissements dans celle de Versailles. "Des remontées parcellaires car toutes les fermetures ne sont pas comptées", précise Sophie Vénétitay, la secrétaire générale adjointe du syndicat.

"Ces chiffres montrent la dégradation assez nette de la situation, poursuit-elle. Le virus circule dans les établissements, on ne peut plus nier cette évidence." Malgré cette situation sanitaire inquiétante, elle n’accueille pas chaleureusement l’éventualité d’une fermeture. "On n’est pas prêts, toutes les leçons de l’année dernière n’ont pas été tirées."

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"Il faut que les moyens soient donnés à l’école "

Un avis partagé par Jean-Rémi Girard, le président du Snalc, un autre syndicat d’enseignants. "Si demain on ferme, on n’est pas plus prêts à faire de l’enseignement à distance qu’en mars dernier", a-t-il déclaré lundi 29 mars sur BFMTV. Et pourtant, "une fermeture de quatre semaines serait moins grave que ce qu’on est en train de vivre en ce moment", souffle Hubert Salaün.

La situation actuelle, "c’est la politique de la débrouille", résume Clara Dugault. La FCPE se mobilise dès ce mercredi 31 mars pour se faire entendre. "On déplore le manque de concertation et d’anticipation. Il faut que les moyens soient donnés à l’école pour lui permettre de faire son travail."

Parmi les différentes revendications du syndicat : le recrutement de professeurs et de personnels de vie scolaire, le suivi psychologique des élèves, la vaccination des professeurs ou encore tout simplement "l’installation de lave-mains avec de l’eau et du savon" dans les établissements scolaires.

Absence de décisions

Ces demandes trouvent un écho chez les professeurs, qui dénoncent un protocole sanitaire de façade. "Les choses sont écrites mais ne se traduisent pas dans les actes, regrette Sophie Vénétitay. Le dispositif ‘tester, alerter, protéger’ n’est pas appliqué." Le Snes demande ainsi "une vraie politique de tests", mais aussi "des consignes claires sur les collèges".

Si la fermeture des écoles fait encore débat, le manque d’anticipation et de positionnement du gouvernement fait l’unanimité contre lui. "Il faut prendre les décisions ! a martelé Jean-Rémi Girard sur le plateau de BFM lundi soir. Si les autorités scientifiques nous disent d’avancer les vacances ou de les faire durer une semaine de plus, on s’adaptera. Mais il ne faut pas nous prévenir la veille au soir."

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