Prépas EC : pourquoi attirent-elles moins qu’avant ?

Par Camille Jourdan, publié le 20 Juin 2022
5 min

Selon l’APHEC, réunie en congrès le 10 juin dernier, les CPGE EC ont perdu 9% de leurs étudiants entre les rentrées 2020 et 2021. Comment expliquer cette désaffection ? Quelles pistes pour l’enrayer ? Quels atouts présentent encore les prépas ?

Depuis septembre 2021, les prépas ECE (option économie) et ECS (option scientifique) ont laissé leur place à la prépa ECG (voie générale). Les lycéens qui postulent sur Parcoursup pour ce parcours doivent obligatoirement conserver les mathématiques en terminale, en spécialité ou en option complémentaire.

Cette nouvelle configuration a certainement contribué à la baisse des effectifs constatée à la rentrée 2021. Mais la réforme du bac n’est pas le seul élément qui ralentit l’attractivité des CPGE. Lors de son congrès du 10 juin, l’APHEC a rappelé les atouts de la prépa, et donné quelques pistes pour redorer son image.

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La prépa ECG, un parcours multidisciplinaire sécurisé

Outre un tronc commun de culture générale et de langues vivantes, les étudiants en prépa ECG choisissent entre quatre parcours : mathématiques approfondies, mathématiques appliquées, économie, sociologie et histoire du monde contemporain (ESH), et histoire, géographie et géopolitique du monde contemporain (HGG).

Pour Véronique Bonnet, vice-présidente de l’APHEC, ce programme tranche avec la logique de "flexibilité" introduit par les spécialités du nouveau bac. "Notre filière est un sas d’élargissement qui peut donner un effet de vertige au lycéen", reconnaît la professeure.

Elle note aussi un déficit de "lisibilité" des CPGE EC, qui forment en réalité aux écoles de commerce, sans se réduire à l’économie et au commerce.

Mais ce programme pluridisciplinaire présente aussi de multiples avantages, avance Jean-François Fiorina, directeur adjoint de GEM : "Les étudiants de prépa ont une très bonne culture générale, une forte capacité de travail, de conceptualisation, de compréhension de la complexité, et ils ont un bon niveau en langue étrangère."

À l’heure où l’on demande aux étudiants de choisir de plus en plus tôt leur orientation, la prépa suit une autre logique, plébiscitée par certains. "La prépa est l’assurance d’un parcours sécurisé", observe ainsi Jean-François Fiorina. En effet, à l’inverse de l’université, où les deux premières années se soldent par de nombreux abandons ou échecs, peu d’étudiants en première année de prépa ne poursuivent pas en deuxième.

Autre atout, le nombre de candidats aux concours d'écoles de commerce étant quasiment le même que le nombre de places ouvertes aux concours, les postulants ont toutes les chances d'intégrer une école de commerce et donc un parcours de grade master (bac+5).

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Valoriser la prépa par un diplôme de grade licence ?

Néanmoins, ce parcours sans risque est aussi un parcours peu valorisé à court terme. "S’engager en prépa signifie ne pas obtenir de diplôme avant cinq ans !", s’indigne Alain Joyeux. Cet horizon lointain incite les lycéens à préférer d’autres formations post-bac.

Et les écoles de commerce jouent aussi sur cet attrait des formations post-bac en proposant en interne des parcours à l’international, ou des bachelors, qui sont de plus en plus validés par le grade de licence. Un diplôme que l’APHEC veut aussi voir attribué aux étudiants passés par une prépa, après un an en école de commerce.

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Alain Joyeux invite aussi les écoles de commerce à instaurer des parcours différenciés pour les étudiants sortis de CPGE : "Il faudrait qu’une partie du cursus soit différent pour eux, car ils ont des compétences spécifiques, et manquent de reconnaissance."

Pour Jean-François Fiorina, "l’introduction d’un module d’expérience en entreprise, ou de stages entre les deux années de prépa", pourrait aussi contribuer à renforcer l’attractivité des prépas, face aux autres alternatives post-bac.

C’est donc avant les choix sur Parcoursup, dès la seconde, que les prépas doivent être présentées aux lycéens. "J’appelle les grandes écoles de commerce, à l’échelle de la filière et non chacune dans leur coin, à communiquer sur l’intérêt et la valeur ajoutée des classes prépas", a fait valoir Alain Joyeux.

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