Pédagogie : Neoma propose des séminaires pour imaginer le monde du travail de demain

Par Agnès Millet, publié le 20 Mai 2021
6 min

À l’heure de la pandémie, les méthodes pédagogiques se réinventent plus que jamais. Mais il n’a pas fallu attendre 2020 pour que les écoles de management explorent de nouveaux formats. L’Étudiant en décrypte trois pour vous. Dans ce dernier focus, nous revenons sur le concept de "Future of work" de Neoma.

"Aujourd’hui on a une drôle de mission : préparer des étudiants à des métiers qui n’existent pas encore", constate Delphine Manceau, directrice générale de Neoma.

Aux côtés des cours classiques des écoles de management, une semaine de début janvier était consacrée au concept "Future of work", pour que les étudiants puissent se projeter professionnellement de la manière la plus cohérente possible dans ces professions à naître.

"Nous voulons préparer les étudiants de première année à l’évolution du marché du travail, que ce soit la transformation numérique ou l’articulation entrepreneuriat/salariat", explique Imen Mejri, directrice du PGE. "Par exemple, nous avons organisé une conférence sur la question du numérique comme facteur de diversité".

Les métiers de demain sont un thème cher à l’école, qui a publié un livre blanc avec l’école d’ingénieurs Arts et Métiers, en automne 2020. "Le monde du travail change, notamment avec la transdisciplinarité : les managers travailleront de plus en plus avec les ingénieurs. Et les soft skills seront de plus en plus importantes. Dans un environnement où une partie des tâches seront faites par la machine, l’empathie, l’intelligence émotionnelle et la créativité seront les valeurs ajoutées de l’humain", peut-on lire dans cet ouvrage.

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Un séminaire pédagogique pour cadencer le 2e semestre du programme Grande école

Le séminaire "Future of work" s’articule en deux temps : conférences sur trois jours, puis ateliers vidéo. Pour donner un fil rouge au 2e semestre, un autre temps est prévu comme une piqûre de rappel : c’est la "capsule", axée sur "les soft skills".

Pour Aliénor de Guerny, étudiante à Neoma, ce séminaire est arrivé au bon moment. "En janvier, nous étions dans un moment de creux, car nous avions appris que l’année se finirait surtout en distanciel. Beaucoup d’entre nous remettaient en question leur cursus, leur projet professionnel, à cause de la crise, et alors que l’on devait se positionner sur nos stages et nos spécialisations de l’an prochain…".

"Durant les conférences, on nous a sensibilisés aux métiers du futur, à l’importance du numérique… mais on nous a aussi rappelé de ne pas limiter nos rêves : ils sont porteurs et peuvent être réalisables !"

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Imaginer son métier dans 20 ans

Pour la partie atelier, par groupe de cinq ou six, les volontaires devaient réaliser une vidéo. "Il fallait imaginer le métier que l’on exercerait à 40 ans et l’expliquer à un enfant", indique l’étudiante.

"Dans mon groupe, on a d’abord discuté de nos craintes. Mais ensuite, on s’est projetés dans ce qui nous faisait rêver : l’évènementiel, un secteur à l’arrêt, cette année. On a imaginé une agence parisienne… avec un côté surréaliste et fun puisqu’on utiliserait des portails de téléportation pour se déplacer. De quoi garder espoir, en faisant abstraction du moment".

Dans sa vidéo, la Chine et New York sont des destinations accessibles en quelques minutes. Une façon d’oublier les frontières fermées et les mobilités internationales contraintes de ces derniers temps.

À distance, Aliénor a aussi apprécié d’échanger avec des étudiants hors de son groupe de TD, puisque les étudiants des campus de Reims et Rouen sont mélangés, à cette occasion. Elle a aussi découvert les bases du montage. "C’était une pause, permettant de reprendre son souffle pour la suite".

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Un séminaire articulé avec la trame classique du PGE

"Nos conférenciers, multidisciplinaires, sont des spécialistes qui initient nos étudiants à leur thématique. En délivrant des avis engagés, ils permettent aux étudiants de s’ouvrir. Et, avec les ateliers, ceux-ci nous proposent leur avis. Ces formats hybrides permettent de sortir du cours classique", explique Imen Mejri.

Les trois premiers semestres du PGE ont chacun une thématique fil rouge, pensée comme le squelette du cursus. Un premier séminaire "Time to Act – Time To Impact" a lieu à la rentrée et se penche sur l’éthique du monde contemporain. Au troisième semestre, ce sont les transitions durables qui sont décortiquées.

Ils ont été conçus en articulation avec les cours plus classiques. "Ces générations ont besoin de varier les thèmes. Et certains ne sont pas faits pour être étudiés via un cours hebdomadaire classique : pour ces trois thématiques, on veut immerger les élèves et leur permettre de monter un projet", explique la directrice générale.

Selon Neoma, la clef est de varier les rythmes d’apprentissage. "Mais nous modernisons aussi les cours de finance, de comptabilité, en intégrant les dimensions d’éthique, d’environnement. Et les formats sont plus séquencés qu’il y a 20 ans !", note Delphine Manceau.

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