Quelle place pour les associations étudiantes dans les écoles de commerce  ?

Par Clémentine Rigot, publié le 26 Novembre 2021
5 min

Les écoles de commerce font la part belle à la vie associative et poussent les élèves à s’engager dans des entreprises étudiantes, synonymes d’expériences fédératrices qui les préparent à la vie professionnelle.

Pour attirer les futures recrues, de plus en plus d’écoles de commerce misent sur les associations étudiantes. Sur leurs sites, nombreuses sont celles qui mettent en avant leur riche vie associative, à grand renfort de vidéos promotionnelles où les jeunes s’affichent, tantôt suants lors de compétitions sportives, tantôt concentrés en immersion dans un projet humanitaire.

Elles garantissent une large palette, allant de la voile à la photographie en passant par le débat, avec une promesse commune : chacun peut trouver son bonheur et s’épanouir pleinement.

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La vie associative serait-elle un réel tremplin fédérateur, loin du cliché de l’étudiant en commerce expert en beer-pong ? C’est ce qu’assure Alexandre Blum, responsable administratif en charge de la vie associative et étudiante de l’EM Strasbourg. D’après lui, ces expériences "permettent de développer des compétences tout en trouvant une posture managériale".

Sur le campus, une quinzaine d’associations accueillent les élèves et organisent divers évènements. Soirées, week-end d’intégration, séjours : ce sont elles qui chapotent la vie nocturne et les loisirs. Et à l’EM Strasbourg, on est attentif au bien-être de tous : chaque rassemblement se fait en la présence d’un agent de sécurité. Les jeunes sont aussi sensibilisés à la question des violences sexistes, des problèmes d’addiction et de bizutage.

Une tendance à la précaution qui se développe dans les cursus, notamment post-bac. Charlotte, 19 ans, étudiante à l’IESEG Lille a elle aussi vu évoluer les mentalités et suivi des formations similaires.

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Se découvrir

Membre de l’association de radio, Charlotte s’entraîne aux podcasts, aux chroniques, à l’organisation d’évènements musicaux… Le programme est dense mais en vaut la chandelle : "Je me sens utile, on me donne des missions", résume-t-elle. L’étudiante a bien conscience que, en plus de lui permettre de s’investir pour ses pairs et de développer ses compétences techniques, c’est un bonus pour son CV. "Ça montre qu’on est engagé et investi. Certaines associations sont plus professionnalisantes que d’autres et on peut découvrir le management, la comptabilité, la trésorerie."

Et ça, les entreprises y sont attentives : "Un CV, ce n'est pas seulement un diplôme, c'est aussi les expériences qui vont avec", abonde Alexandre Blum. À Strasbourg, tout est fait pour s’épanouir dans l’activité bénévole : jeudi matin banalisé pour préparer les évènements, encadrement des projets par le responsable administratif et même un cours "parcours associatif", sanctionné de cinq ECTS.

Côté finances, l’école garantit des cotisations de 7 à 50 euros l’année selon les bureaux. Le plus prestigieux de tous reste le BDE, composé d’une équipe élue par les étudiants au terme d’une véritable campagne. Si organiser les soirées se mérite, les places semblent moins prisées dans les plus petites associations, où l’entrée se fait sur entretien de motivation.

Et mine de rien, cela aussi prépare au monde du travail. "L’engagement des étudiants leur permet de se démarquer et de se découvrir", affirme Alexandre Blum. Un "deviens qui tu es", version école de commerce.

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"L'associatif permet de développer son réseau"

Présidente de l’EM Spirit, association qui dirige la vie étudiante de l’école strasbourgeoise et fait le lien avec l’administration, Salomé a un emploi du temps bien rempli. Pas de quoi effrayer cette étudiante en parcours grande école, qui prend ses fonctions très au sérieux : "La vie associative est le meilleur moyen de mettre en pratique ce que l’on apprend en cours. C’est très formateur et ça développe le réseau !"

Salomé pilote également les projets transversaux : "C'est ce qui enrichit la vie associative, c'est encore plus fédérateur", assure-t-elle. Récemment, l’étudiante a dû gérer la réédition des pulls de l’école, portés disparus depuis la crise sanitaire. Une mission plus compliquée qu’il n’y parait : design et gammes à penser, prix à arrêter, fournisseurs et retards à gérer… Un projet digne d’une véritable entreprise. Salomé porte un regard positif sur son engagement : "Le parcours associatif c'est un atout en tant qu'étudiant, ça apprend à gérer une équipe, à penser un budget". Des soft skills apprises hors des salles de classes qui se révèleront, elle en est sûre, une vraie plus-value sur le marché du travail.

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