Comprendre le numérique et la data : des compétences de plus en plus recherchées

Par Pauline Bluteau, publié le 07 Decembre 2021
6 min

Identifier les données pour les décrypter et les utiliser sont des compétences de plus en plus recherchées. On a beau vivre avec le numérique, s'y former devient tout de même indispensable. Et ce, même pour les plus littéraires d'entre vous. Exemple avec trois formations qui vous proposent un coup de pouce.

Elles n'ont rien en commun… ou presque ! Que ce soit l’Institut pratique du journalisme (IPJ) de Paris-Dauphine, le master Communication numérique et analyse des données (CNAD) de la Sorbonne Nouvelle ou encore, le master Humanités numériques de l’université de Rennes 2, ces trois formations mettent en avant la data et plus largement l'outil numérique.

Leur but : permettre aux étudiants – et futurs journalistes, chercheurs, responsables communication, analystes de données, chargés d’études, conseillers en stratégie numérique, chargés de projet/de mission, ingénieurs d’études, médiateurs numérique, webmasters… – de savoir rechercher, analyser et utiliser les données mais aussi tous les outils numériques nécessaires au traitement de ces données.

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La nécessité de se former au numérique

À Rennes 2, le master Humanités numériques permet d’obtenir un double-diplôme avec un master de sciences humaines et sociales (art, lettres, histoire…). Une journée par semaine, les étudiants suivent des cours d’épistémologie numérique (étude de l’origine des données) puis s’attèlent à la pratique et apprennent, entre autres, à coder.

La formation vient compléter un cursus sur lequel les étudiants sont déjà experts mais leur permet d'y ajouter une coloration numérique pour les aider à faire de la recherche plus efficacement notamment. "Pour nous, l’important est de ne pas distinguer le technicien du savant. Pour se servir des outils numériques, il faut les comprendre et connaitre leurs contraintes. Tout le monde a besoin du numérique, à des échelles différentes selon les métiers, mais il faut le voir comme un plus dans une formation", assure Karine Karila-Cohen, responsable pédagogique du master rennais.

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Même raisonnement à l’IPJ où l'on prépare les futurs journalistes à bien identifier les données et leurs sources, les traiter et s'en servir correctement. Les cours dédiés au numérique et à la data sont orientés sur le fact cheking (vérification des faits, ndlr) et la désinformation : "On y est tous exposé, c’est un mouvement de fond, estime Eric Nahon, directeur adjoint de l’école parisienne. Nous formons les journalistes à mieux enquêter, mieux sourcer et surtout à expliquer ce qu’ils font."

On parle ainsi de plus en plus des data-journalistes, chargés de comprendre ce qui se cache vraiment derrière les chiffres pour coller au plus près de la réalité. Au sein de l’école, les journalistes échangent aussi avec des statisticiens : "L’objectif est de comprendre que d’un côté comme de l’autre, on ne peut pas faire, écrire ou dire n’importe quoi", poursuit le directeur adjoint.

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Des compétences attendues par les entreprises

Pour l’instant, les compétences numériques viennent compléter une discipline initiale déjà existante. C’est d’ailleurs pour cela que la formation arrive le plus souvent en master. "En licence, il faut d’abord qu’ils apprennent les bases, le contenu, en master on commence à pratiquer et à s’intéresser à la recherche", estime Karine Karila-Cohen.

Toutes ces formations restent encore assez récentes mais ont vocation à se développer car de plus en plus demandées sur le marché de l’emploi. C'est le cas du master CNAD de la Sorbonne Nouvelle, né il y a tout juste trois ans. Il permet à des étudiants intéressés par l'univers médiatique, l'information et la communication d'agrandir leurs compétences. "Ils peuvent travailler dans des services dédiés à la e-réputation des entreprises ou à la cellule innovation du travail ou du numérique…", détaille Alan Ouakrat, responsable du master.

Les possibilités sont vastes pour ces futurs professionnels qui seront capables d'allier technicité et vulgarisation autour du numérique. "Il y a un intérêt pour les données numériques dans les entreprises, il faut des spécialistes de cette culture pour créer de la valeur autour de ces outils et comprendre leurs limites."

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Le pouvoir de l'apprentissage du numérique

Pourtant, il y a encore quelques freins autour de ces cursus et leur intérêt : "On veut que les étudiants comprennent les enjeux du numérique sans en faire des techniciens, qu’ils dépassent cette appréhension du chiffre, qu’ils la désacralisent. C’est un domaine qui évolue constamment, il faut donc aider les étudiants à développer leur autonomie pour actualiser leurs connaissances numériques", complète le responsable à la Sorbonne Nouvelle. Car vous l'aurez compris, dans ces formations, pas besoin d'être un crack en maths pour réussir. Au contraire, elles s'adaptent à tous les profils.

Et finalement, derrière ces chiffres, ces statistiques et tout cet univers qui parait impénétrable aux yeux de tous, se former à l'utilisation des données et outils numériques permet plus largement de comprendre les informations que nous recevons tous les jours notamment à travers les médias. C'est aussi se construire en tant que citoyen et développer son esprit critique. Qui aurait cru que le numérique avait autant de pouvoir ?

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