Étudiants et sportifs de haut niveau : quand les Jeux en valent la chandelle

Par Séverine Mermilliod, publié le 17 Mai 2021
5 min

VOUS FAITES L'ACTU. Entre une saison chaotique faite de compétitions annulées, la préparation des Jeux olympiques en pleine pandémie n'a pas été chose facile. L’Etudiant a rencontré des étudiants sportifs de haut niveau pour savoir comment ils réussissent à allier préparation aux JO et études supérieures.

Anaïs Mai Desjardins est étudiante en troisième année de médecine à la faculté de Lille (59). Elle est aussi vice-championne de France 2020 et championne d’Europe junior 2018 de kitefoil, une discipline nautique qui va faire son entrée pour la première fois aux JO de Paris 2024. Inscrite comme sportive de haut niveau (SHN) sur liste ministérielle, elle a le statut du même nom auprès de son université, à Lille. Cela lui donne droit à des aménagements d'emploi du temps, bouleversé l'an dernier par la crise.

"Pendant le premier confinement, toutes les compétitions ont été annulées, je ne me suis pas du tout entraînée. Mais au niveau des cours, j'ai pu suivre normalement mon cursus", relativise la jeune athlète.

"On se maintenait seulement en forme, alors suivre les cours m'a aidée. J'ai pu rattraper mon retard", constate de son côté Iliana Rupert, 19 ans, basketteuse en équipe de France qui va participer aux JO de Tokyo et garde ceux de 2024 dans un coin de sa tête. La jeune femme étudie en parallèle de sa carrière sportive à emlyon, en troisième année d'un Global BBA en quatre ans, "déjà en distanciel, donc le Covid n'a pas changé grand-chose". Elle note toutefois avoir "eu de la chance par rapport à certains" camarades, car elle a pu jouer tous ses matchs de la saison.

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L'atout du distanciel pour les sportifs de haut niveau

Lorsque les entraînements ont repris, la faculté d'Anaïs, "à fond derrière" elle, l'a "dispensée de certains cours qui requièrent une présence obligatoire". Un vrai atout pour celle qui passe les "trois-quarts de son temps" dans le Sud, car il n'y a pas de structure de haut niveau dans le Nord, où elle habite.

Même son de cloche pour Iliana qui vante aussi le suivi de son école, "avec si besoin des tuteurs dans n'importe quelle matière". Un dispositif mieux adapté que celui mis en place lors de sa première année passée à la Sorbonne, peu compatible avec son sport : "Je devais être sur place pour passer les examens sur une semaine complète", se souvient-elle.

Les entraînements des SHN ont en effet des allures de marathon : Anaïs s'entraîne sur des blocs de trois semaines, cinq jours sur sept de 9h à 19h et travaille une heure le matin et le soir plus le week-end. "J'optimise le temps au maximum. Soit je me consacre à mon sport, soit à mes études", confie-t-elle. Les déplacements, surtout en période d'épidémie, peuvent vite devenir une contrainte.

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Étaler son cursus pour s'adapter au projet olympique

C'est pourquoi la plupart des écoles et universités qui proposent un cursus aménagé pour les SHN font preuve de souplesse, même si tous ne sont pas, comme à Grenoble école de management ou l'emlyon, en 100% distanciel.

Les directeurs des sections dédiées de l'Insa Lyon et Paris Dauphine, qui préfèrent les cours sur place, reconnaissent que la crise "va rebattre les cartes", et les "amener à s'interroger sur les modes d'enseignement, avec plus d'hybride, de distance". Malgré cette réflexion, ils préconisent la possibilité, répandue dans ces cursus aménagés, d'étaler les études.

C'est ce que vont faire Iliana Rupert et Anaïs Mai Desjardins. "Plus on va se rapprocher des JO, plus mon sport va prendre le dessus. Je pense faire ma quatrième année en deux ans, et si je suis sélectionnée, faire une année de césure pour me consacrer à ça", prévoit déjà la championne de kitefoil. Quant à la basketteuse, qui participe aux JO de Tokyo, elle va rater la Summer session de son école et va "accumuler un peu de retard, ce qui risque de se reproduire tous les ans." Conséquence : un cursus en six ans au lieu de quatre. "Mais je ne suis pas pressée !" sourit-elle.

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