Elodie Bouzid, cette étudiante en droit et sciences politiques est la plus jeune élue EELV

Par Amélie Petitdemange, publié le 07 Decembre 2021
6 min

GÉNÉRATION ENGAGÉE. A 19 ans, Elodie Bouzid est la plus jeune élue du conseil régional d’Ile-de-France. Conseillère EELV (Europe-Ecologie-Les Verts) jusqu’en 2028, elle jongle entre son mandat et sa double licence de droit et sciences politiques à la Sorbonne-Paris 1.

Un épais dossier sous le bras, Elodie, 19 ans, entre dans les bureaux d’EELV (Europe-Ecologie-Les Verts) au conseil régional d’Ile-de-France. Installés à Saint-Ouen depuis 2020, ces immenses locaux, flambants neufs, réunissent tous les partis politiques qui siègent au conseil. "C’est très grand, on se perd facilement", sourit Elodie avant de s’installer.

La jeune femme siégeait toute la matinée au conseil régional pour EELV. Après notre interview, elle filera à la Sorbonne pour assister à son cours de sociologie de l’Etat, de 15h à 17h30. "Ensuite, je devais retourner au conseil mais il risque de se terminer tard dans la nuit. C’est un pari risqué, car je dois réviser un galop d’essai avant demain matin". Une journée intense mais représentative du quotidien d’Elodie.

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Représenter les collectivités

Elue conseillère régionale l’année dernière, Elodie siège dans la commission Relations internationales et affaires européennes. "Nous étudions des rapports sur les pays étrangers et sur les aides humanitaires. Nous votons ensuite pour envoyer tant d’argent dans tel ou tel pays. L’objectif, c’est de représenter les collectivités au sein de l’Europe et d’assurer les relations entre les différents élus d’Europe", explique Elodie.

La séance dont Elodie vient de sortir a ainsi fixé le pré-budget, qui donne les orientations budgétaires qui seront votées en décembre. "Chaque parti fait ses propositions et ses amendements, puis nous votons le budget définitif", raconte l’étudiante.

"Je n’étais plus une gamine de 15 ans mais une militante"

Jamais à court de projets, Elodie est par ailleurs secrétaire du groupe EELV de la ville de Suresnes, membre de la Coordination politique départementale (CPD), et elle coordonne le mouvement des jeunes pour Yannick Jadot, le candidat écologiste à l’élection présidentielle de 2022.

"C’est la première fois que je suis élue mais j’ai toujours été très investie. Je suis militante chez EELV depuis mes 15 ans", raconte la jeune femme. Après un passage dans des associations pour le climat, Elodie s’est rapidement tournée vers la politique. "Au fil des manifestations, j’avais l’impression qu’on ne nous écoutait pas en tant que jeunes. Ce n’était pas une cause d’absence en cours par exemple, alors que je manifestais pour mon futur. Encore aujourd’hui, on nous dit que nous n’avons pas d’expérience et qu’on nous écoutera plus tard. Entrer à EELV m’a permis d’être écoutée. Je n’étais plus une gamine de 15 ans mais une militante qui pouvait donner son avis".

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Jongler entre politique et université

Depuis son élection comme conseillère EELV, Elodie mène de front son mandat de sept années avec sa double licence en droit et sciences politiques. "Je suis très 'tout ou rien'. Cela explique aussi mon choix d’une double licence. Honnêtement, ce n’est pas simple, mais je suis très organisée", explique la jeune élue.

L’étudiante se prépare un agenda "très précis" sur le mois entier, voire plusieurs mois, même si de nombreux imprévus viennent le modifier. "Il y a toujours une réunion qui peut arriver et me fait repousser mes études tard le soir ou tôt le matin. Mais je trouve une bonne répartition entre les deux. Je ne sacrifierai jamais mon mandat pour les études et l’inverse est vrai aussi. Ma technique, c’est de les mettre en commun : j’exploite des exemples de mon mandat dans les dissertations et j’utilise les cours dans mon mandat", affirme Elodie.

Malgré tout, son engagement en politique a un impact sur son cursus. "Je n’ai pas assisté à un CM depuis la L1. J’achète les manuels des professeurs et je travaille dessus. Pour les TD, c’est jouable car j’ai le droit à trois absences par semestre. Mais si je suis malade, j’y vais quand même. Je ne peux pas cramer un joker !"

Moment de battement au conseil, soirée, temps de transport… Chaque laps de temps est mis à profit pour réviser. "Ça a forcément un impact sur mes notes, car je n’ai pas le temps de m’y prendre à l’avance ou de beaucoup réviser. Mais c’est aussi un choix d’avoir de moins bonnes notes au profit d’une expérience professionnelle, et même d’une expérience de vie".

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Moins de vie étudiante, un choix assumé

La vie étudiante est aussi un défi pour Elodie, qui met un point d’honneur à garder le lien avec les étudiants de sa promotion. "Ma plus grande crainte, c’est d’être enfermée dans la politique. Je ne veux pas me couper des élèves et des jeunes. Je m’organise pour voir régulièrement mes amis et avec eux je ne parle pas politique. Mais évidemment, je ne suis pas souvent là en soirée. J’ai moins de vie étudiante que les autres mais c’est un choix que j’assume".

Pour les années à venir, l’étudiante n’a pas encore choisi sa voie. "La politique me plait énormément et je me verrais bien continuer, mais ce n’est pas une fin en soi. La fonction publique m’intéresse aussi, je vais peut-être tenter l’ENA pour devenir haut fonctionnaire. Je pourrais aussi travailler dans le juridique, comme avocate par exemple". Si elle opte pour la politique, son plus grand rêve est d’exercer à l’Assemblée nationale. "Pour moi, c’est là que s’exerce la démocratie".

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