1. En France, les filles boudent les sciences, surtout le numérique
Décryptage

En France, les filles boudent les sciences, surtout le numérique

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En France, contrairement au reste du monde, la part d'étudiantes en sciences baisse. // © plainpicture/harry + lidy
En France, contrairement au reste du monde, la part d'étudiantes en sciences baisse. // © plainpicture/harry + lidy

INFOGRAPHIE. En dix ans, le pourcentage de femmes dans les formations scientifiques est passé, aux niveaux licence et master, de 30 à 27 %. En cause : le poids des stéréotypes qui détourne les adolescentes et jeunes adultes de ces filières.

Alors qu'elle progresse au niveau mondial (34 % en 2013 contre 30 % en 2003), la part des femmes en licence et master en France dans les STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) a baissé de trois points sur la même période. "Cette sous-représentation s'explique principalement par le poids des stéréotypes", explique Claudine Schmuck, la présidente de Global Contact, un cabinet d'études sur l'emploi et la formation des femmes et des jeunes dans les filières scientifiques, techniques, high-tech et l'innovation.

Principaux mis en cause : les parents et le cadre scolaire. "Des études scientifiques démontrent que les filles en classe de troisième, à résultats égaux avec les garçons, sont découragées par leurs parents d'aller dans des filières scientifiques. Il y a une différence marquée dans la manière dont les garçons et les filles perçoivent leur niveau", détaille Claudine Schmuck.

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Une tendance qui s'accentue à l'adolescence

Les comportements stéréotypés, considérés comme faibles dans les petites classes, explosent ainsi à l'adolescence. Ils sont confortés par les centres d'intérêt des jeunes exprimés sur les réseaux sociaux, souvent par conformisme.

Cette tendance à obtempérer à des stérérotypes est encore plus prononcé dans le numérique qu'ailleurs. Résultats ? Entre 1985 et 2010, la part des femmes dans les formations du secteur a chuté de 18 % à 12 %, avec une sous-représentation féminine encore plus marquée dans les écoles spécialisées (4-5 % selon Claudine Schmuck). Un constat que déplore la présidente de Global Contact : "C'est là que s'écrit l'avenir et où vont se créer les emplois. Nous ne pouvons pas concevoir que les femmes ne profitent pas de ces opportunités."

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