Licence de droit : pourquoi ces étudiants ont choisi des petits campus

Par Gaétan Trillat, publié le 06 Octobre 2020
5 min

Coût de la vie moins élevé, proximité avec le corps enseignant et ambiance familiale : de plus en plus d’étudiants en droit choisissent d’effectuer leur licence dans une ville de taille moyenne.

"Un parcours d’excellence dans une structure à taille humaine" : voilà comment Solal, en L3 de droit, décrit l'antenne de Montauban de l’université de Toulouse 1-Capitole, où sont inscrits 320 étudiants. Comme lui, de plus en plus d'étudiants font le choix des petits campus. Depuis une trentaine d’années, pour faire face à l’afflux d’étudiants, les universités ont effet délocalisé une partie de leurs cursus. C’est particulièrement fréquent au sein des facultés de droit, de la L1 à la L3, et plus rarement en master.

Solal, originaire du Tarn-et-Garonne, se réjouit de pouvoir étudier à seulement 30 minutes du domicile familial. Même constat pour Julie, en licence de droit à Bourg-en-Bresse, une antenne de Lyon 3 : "J’ai choisi la proximité, j’habite à 30 km d’ici et je viens en voiture. Je voulais rester chez mes parents, avoir un petit boulot et mettre de l’argent de côté", explique-t-elle.

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"Les étudiants nous viennent de partout"

"Beaucoup de ces jeunes ne seraient pas étudiants si ces campus de proximité n’existaient pas", affirme François Fenaux, qui dirige l’antenne de Cambrai de l’université de Lille. Il y voit une manière de "démocratiser" l’accès aux études supérieures.

Cependant, ces antennes séduisent bien au-delà des frontières de leur département, et nombreux sont ceux qui y voient la possibilité d’étudier dans un meilleur cadre pédagogique. "Par le bouche-à-oreille, des étudiants nous viennent de partout, même de Toulouse, parce que les conditions sont plus difficiles là-bas", assure Hiam Mouannès, qui dirige l’antenne de Montauban. "Les effectifs sont plus réduits, cela permet une proximité entre étudiants et professeurs. Ils se sentent à l’aise et donc plus concernés".

La maître de conférences en droit public met en avant "des taux de réussite aux examens plus élevés qu’à Toulouse", ainsi qu’une proportion importante de doctorants passés par la licence montalbanaise.

"Suivi personnalisé"

Pauline, 20 ans, a préféré étudier à La Roche-sur-Yon qu’à Nantes, "pour la double licence droit/LEA". Elle aussi loue une "accessibilité des profs" sans comparaison avec les grandes facultés. "On peut très facilement leur parler pendant ou après le cours, ou bien prendre rendez-vous avec eux pour un suivi personnalisé".

Ces campus offrent "une transition douce pour passer du lycée aux études", analyse Solal. "C’est parfait si on veut être plus encadré".

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Accès à la culture plus limité

Les étudiants peuvent parfois regretter un accès à la culture ou aux loisirs plus limité que dans une capitale régionale. "Nous avons une faiblesse sur les bibliothèques universitaires", admet Romain Bourrel, responsable de l'antenne de Valence de l’université de Grenoble. "Il manque aussi un labo de recherche pour les enseignants chercheurs".

Les étudiants compensent en s’investissant davantage au sein du campus. "Il règne une ambiance particulière", reconnaît Romain Bourrel. "Tout le monde se connaît, ça favorise l’esprit d’équipe. Notre association d’étudiants en droit est très active, elle fait venir beaucoup d’intervenants".

À Bourg-en-Bresse, Julie se réjouit des "trois assos étudiantes, dont une spécialement pour les soirées". Comme les autres étudiants interrogés, elle ne regrette pas son choix. Pour eux, il n’y a "quasiment que des avantages" à étudier dans ces mini-campus.

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