1. Harvard, Stanford, MIT… : 5 conseils pour intégrer les meilleures facs américaines

Harvard, Stanford, MIT… : 5 conseils pour intégrer les meilleures facs américaines

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Le Massachusetts Institute of Technology accueille près de 10.000 étudiants chaque année dont une centaine de Français // © iStockphoto
Le Massachusetts Institute of Technology accueille près de 10.000 étudiants chaque année dont une centaine de Français // © iStockphoto

Chaque année, près de 8.000 jeunes Français partent étudier aux États-Unis, avec l'espoir d'intégrer l'une des prestigieuses universités de la Californie et de la côte Est. Mais ne rentre pas qui veut dans le club ultra select de la Ivy League. Suivez nos conseils pour mettre toutes les chances de votre côté.

"Nous sélectionnons les meilleurs candidats", expose sans détour Alessia Lefebure, directrice du programme d'échanges Alliance* à Columbia. Sans un bon dossier, vos chances d'intégrer une université de renom aux États-Unis sont minimes. Et même pour les bons élèves, rien n'est gagné d'avance... Cinq conseils pour multiplier vos chances de fréquenter les amphis les plus cotés au monde.

1. Postulez dans plusieurs universités

Comme Lucie, élève de Polytechnique inscrite en double diplôme au MIT, ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier. "J'ai postulé dans quatre universités. J'en avais repéré d'autres mais j'ai dû faire des choix à cause du temps qu'exige la préparation de chaque dossier."

Les frais de dossier sont aussi à prendre en considération : "Il faut compter environ 100 dollars par dossier (90 €), auxquels on ajoute les frais d'inscription pour les tests. Personnellement, je suis arrivée à près de 1.000 dollars en tout (900 €)", détaille Lucie.

2. Double diplôme : gare au surcoût !

Trois étudiants sur quatre choisissent de partir dans le cadre d'un échange universitaire. Avantage : ils bénéficient de l'expérience américaine en payant uniquement les frais de scolarité en France. Inconvénient : ils repartent sans le diplôme américain.

Marie-Laure, étudiante de Centrale Supélec, a privilégié le double diplôme et s'est inscrite de manière autonome à Stanford : "Je paie 13.500 dollars par trimestre (12.200 €) et je vais en passer cinq au total. C'est un sacrifice et contrairement à ce qu'on m'avait dit au départ, il y a très peu de bourses."

De son côté, Lucie a eu plus de chance au MIT : "L'université finance la scolarité de tous les élèves dans la school of engineering et je suis indemnisée 2.500 dollars par mois (2.250 €) pour mes travaux de recherche. C'est très confortable."

3. Oubliez tout ce que vous savez sur la lettre de motivation

Le SOP (Statement of Purpose) est un élément clé de votre candidature qui consiste à raconter sur deux pages l'histoire de votre parcours et ce qui vous a amené à choisir cette formation en particulier. "Même en étant bilingue, j'ai dû recommencer plusieurs fois et demander de l'aide à mes profs d'anglais", confie Lucie, de Polytechnique.

Et pas question de copier-coller la même lettre dans tous vos dossiers. "On peut dupliquer la première moitié mais l'autre moitié doit être adaptée à l'université : pourquoi on veut travailler avec tel professeur, pourquoi on veut prendre tel cours", indique Lucie. C'est en partie grâce à sa lettre de motivation qu'Émilie, de Paris 1, a accédé au double diplôme en histoire de l'art avec Columbia. "Je m'étais déjà arrangée avec un professeur de Columbia pour qu'il soit mon tuteur et je l'ai mentionné dans ma lettre."

4. Anticipez les tests de langue...

Que vous partiez en échange ou en double diplôme, les tests de langue sont obligatoires. Certaines universités se réfèrent au TOEFL (Test of English as a Foreign Language), d'autres à l'IELTS (International English Language Testing System). Aussi, préparez-vous à passer les deux si vous ciblez plusieurs établissements.

Quand les "petites" universités se contentent d'un minimum de 80 sur 120 points au TOEFL, les plus renommées exigent, quant à elles, un score supérieur à 100. "J'ai un très bon niveau en anglais mais il y a une méthode particulière à acquérir, précise Émilie. J'ai commencé à m'entraîner au début du master 1 pour passer le test en mai."

Attention aux coûts : 180 € pour le TOEFL et 210 € pour l'IELTS. Et il est courant de les passer plusieurs fois. "J'ai passé les deux tests deux fois, confirme Marie-Laure, reçue à Stanford. J'ai obtenu 102 au TOEFL la première fois, puis 106."

5. ... et les tests de connaissances

Le GRE (Graduate Record Examination) consiste à évaluer le niveau de connaissances générales des étudiants américains à l'entrée en master. S'il est exigé dans le cadre des doubles diplômes, certaines universités le demandent aussi parfois pour un échange simple.

Le test est composé d'une partie vocabulaire, d'une partie mathématiques et d'une dissertation. "Les questions sont simples mais c'est un test de rapidité et il est difficile d'obtenir le score maximal", prévient Marie-Laure, de Centrale Supélec. Quant à la partie rédactionnelle, elle porte sur un sujet de société. "Il faut apprendre à écrire à l'américaine car la structure et la façon de rédiger diffèrent totalement de la dissertation française", souligne Céline Ouziel, de la Commission franco-américaine. "C'est souvent l'esprit critique qui fait la différence et il est utile de se préparer en groupe pour brainstormer sur les sujets", renchérit Marie-Laure.

Enfin, le GMAT (Graduate Management Admission Test) est le test requis en MBA. Céline Ouziel est cependant formelle : "Bien qu'il intéresse souvent les jeunes en écoles de commerce, il faut savoir que le MBA américain est traditionnellement destiné aux personnes qui ont déjà un minimum d'expérience professionnelle."

Vous souhaitez vous mesurer aux prestigieuses universités américaines ? Alors last but not least : sachez que la chance ne vous sera d'aucun secours, c'est votre investissement dans la préparation de vos dossiers qui fera la différence.

*Alliance : Programme d'échanges entre l'université new-yorkaise Columbia et trois institutions françaises (Paris 1 — Panthéon-Sorbonne, Polytechnique et Sciences Po).


S'inscrire après le bac : difficile mais pas impossible
Tenter sa chance directement après le bac, c'est possible. "Ce n'est pas un choix classique, note cependant Alessia Lefebure, directrice du programme Alliance à Columbia. On voit arriver des étudiants issus le plus souvent de lycées internationaux et courageux." Pas évident de quitter le nid familial à 17 ou 18 ans !

En plus du dossier classique et du TOEFL/IELTS, les futurs bacheliers doivent passer le SAT (Scholastic Assessment Test), comme tous les candidats américains. Celui-ci comporte un QCM de vocabulaire, un QCM de mathématiques et une rédaction. Les universités les plus prestigieuses exigent un score élevé : au minimum 2.100 sur 2.400.

Attention : les bourses sont rares et la note grimpe à toute allure.

Comptez environ 50.000 dollars l'année (environ 45.200 €), uniquement pour les droits d'inscription, auxquels il faut ajouter les divers frais de bibliothèque et d'accès aux infrastructures sportives, l'allocation santé, le logement et les dépenses courantes.