1. Ma vie d'étudiante en management à Raleigh : Julie à la recherche de l'American way of life
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Ma vie d'étudiante en management à Raleigh : Julie à la recherche de l'American way of life

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Julie suit les cours du "MSC International Business" sur le campus de Raleigh. // © Cécile Peltier
Julie suit les cours du "MSC International Business" sur le campus de Raleigh. // © Cécile Peltier

Julie, 23 ans, effectue son deuxième séjour sur le campus américain de Skema. Une expérience dont elle profite à fond, avec, en ligne de mire, un début de carrière aux États-Unis.

Dans son mince tee-shirt de sport rouge – malgré la douceur toute relative de ce début de printemps –, Julie ressemble à n'importe quelle étudiante de NCSU (North Carolina State University) : sportive et "casual". Alors que beaucoup d'élèves de Skema se contentent d'un semestre sur le campus de Raleigh (Caroline du Nord), au cœur de NCSU, l'étudiante française, après un premier séjour de trois mois en M1,"un peu court", est revenue y passer sa troisième et dernière année du programme grande école.

Mais pourquoi revenir ? "En M1, j'étais arrivée à Raleigh en cours d'année. Je voulais avoir l'occasion de vivre le semestre d'automne, qui coïncide avec la saison du football américain. Le week-end, tous les étudiants prennent leur transat et passent leur journée au bord du terrain, c'est incroyable !, raconte la Montpelliéraine, des étoiles dans les yeux. Il y aussi moins d'étudiants de Skema à cette période, et c'est plus facile pour se faire des amis américains."

Une résidence standing sur le campus

Pour réussir son immersion, Julie a choisi l'une des résidences du campus, prisée des locaux. "Il y a surtout des étudiants américains, mais c'est l'une des meilleures résidences du campus, et les Français commencent à se passer le mot. Pour 525 € par mois (tout de même), elle dispose de sa propre chambre dans un appartement tout équipé – lave-vaisselle, cafetière, grande télé...– en colocation avec deux Françaises et une Américaine un peu discrète. "Je paie moins cher qu'à Lille pour un logement deux fois plus grand. Digne du Club Med, sa résidence comprend, entre autres, un billard, une salle de fitness, une cabine de bronzage et même une piscine !

"Bien manger coûte cher"

Son visa étudiant ne lui permet pas de travailler aux États-Unis, et ses parents lui font un virement mensuel de 1.100 €. Une somme importante qui lui permet de "vivre confortablement". Après le loyer, la nourriture est son principal poste de dépenses : "Ici, bien manger coûte cher", reconnaît l'étudiante, qui continue "de mettre beaucoup de temps à faire ses courses".

Le campus de NCSU est immense, et sans voiture, Julie a pris l'habitude de tout faire à pied, ou presque. D'où l'intérêt d'habiter à un quart d'heure seulement des locaux de Skema. Les trois bâtiments de brique rouge, flanqués de pelouses, sont situés dans le Centennial, la partie du campus qui accueille de nombreuses entreprises.

Peu d'heures de cours mais beaucoup de travail personnel

À l'intérieur, les salles de cours colorées, équipées de mobilier modulable, ressemblent à ce qu'on pourrait trouver dans n'importe quelle business school française.

Julie suit les cours du "MSC International Business". Dispensés par des profs de Skema, de NCSU ou des universités environnantes, les cours sont 100 % en anglais et adoptent une pédagogie américaine. "En France, le travail se fait surtout pendant le cours. Ici, on est censé arriver en ayant lu des textes pour préparer le thème dont on débattra en classe." Une participation importante qui peut déstabiliser les élèves français.

Bibliothèque ultramoderne, salle de sport quasi gratuite

Julie aime travailler à la Hunt Library. Cette bibliothèque toute en verre déroule, sur cinq niveaux, à peu près tout ce dont peut rêver un étudiant du 21e siècle : espaces de lecture cosy, bulles de coworking, salle de cinéma à 360° pour des cours en immersion, studios audio ou vidéo, salles pour jouer à la Playstation, Ipad et ordinateurs en libre service... "C'est un endroit génial qui donne vraiment envie de travailler. Je pourrais y passer toute la journée."

Quand elle a envie de se défouler, elle court à la salle de gym à laquelle les "Skemiens" ont accès, ainsi qu'aux autres infrastructures du campus. "En France, faire de la gym en salle me coûterait 600 € par an. Ici, je peux faire de la piscine, du yoga, du tennis pour rien et à peu près n'importe quand !" s'exclame cette accro au fitness.

Un contact long à établir avec les étudiants américains

Julie s'était aussi promis de profiter de ce nouveau séjour pour adhérer à l'une des nombreuses associations étudiantes du campus. Elle a rejoint "l'International business club", rattaché au Poole College of Management de NCSU. Depuis le début de l'année, ses membres ont mis en place des séances de networking avec des recruteurs, des conférences, des visites d'entreprises... "Récemment, j'ai organisé une visite à Citrix, qui possède une grosse antenne à Raleigh. C'était génial", s'enthousiasme Julie, élue vice-présidente en janvier. De cette manière, Julie s'est fait pas mal d'amis américains, mais le contact a été long à établir : "On a tendance à rester entre Skemiens. Les Américains sont gentils, serviables, mais la relation reste souvent assez superficielle."

Une vie nocturne limitée

Beaucoup d'étudiants américains sortent assez peu du campus. En bonne Française,le week-end,Julie a pris l'habitude de se rendre en centre-ville de Raleigh pour des séances de shopping ou un verre entre amis. Mais pas question de faire la fête jusqu'au bout de la nuit, comme à Lille : "Les boîtes et les bars ferment tous à deux heures du matin." À partir de 22 heures, les bus se font rares et Julie opte pour Uber. "À quatre, cela nous revient à 3 ou 4 dollars par personne."

Travailler sur place ? Pas gagné...

La fin des cours approche, et, avec l'aide de Skema, l'étudiante est en train de mener les démarches pour décrocher l'OPT (optional practical training), un visa étudiant d'un an qui lui permettrait de travailler aux États-unis. Son rêve : un job dans le marketing, idéalement dans le secteur du divertissement.

Pour mettre toutes les chances de son côté, Julie a assisté à plusieurs ateliers proposés par le service carrière du Poole College of Management de l'université, sur la manière de s'habiller, de se présenter lors d'un entretien d'embauche ou de rédiger son CV, qu'elle a "totalement refait". "Ici, c'est très carré, en noir et blanc, et sans photo." Ensuite, elle a répondu à de nombreuses offres transmises par Skema ou NCSU, mais, de son propre aveu, la partie n'est pas gagnée : "Un certain nombre d'entreprises préfèrent les ressortissants américains, qu'elles sont sûres de pouvoir fidéliser."