1. Mélanie Luce, nouvelle présidente de l'UNEF : "Le syndicalisme, ça prend aux tripes"
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Mélanie Luce, nouvelle présidente de l'UNEF : "Le syndicalisme, ça prend aux tripes"

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Mélanie Luce, la nouvelle présidente de l'Unef. // © Unef
Mélanie Luce, la nouvelle présidente de l'Unef. // © Unef

Tout juste élue, la nouvelle présidente de l’UNEF entend mener d’une main de fer la deuxième organisation étudiante de France. Parmi ses principaux combats : le droit d’étudier, l’engagement syndical et l’écologie.

C’est officiel, l’UNEF (Union nationale des étudiants de France) change de tête. À partir du 8 février 2019, Lilâ Le Bas cède sa place à Mélanie Luce, 22 ans, étudiante en troisième année de droit. Celle qui se dit tenace, convaincue et volontaire a déjà tout l’air d’une pro. Et pour cause : la jeune Toulousaine s’est engagée à l’UNEF dès son arrivée à l’université Paris 2 Panthéon-Assas, en septembre 2014.

Depuis, elle a gravi les échelons en étant successivement présidente de la section locale à Paris 2, en charge des questions universitaires au niveau national à partir de mai 2016, vice-présidente en charge des questions sociales en juillet 2018 et enfin, présidente de l’UNEF. L’étudiante a maintenant deux ans et demi pour faire ses preuves et remplir ses (nombreux) objectifs.

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Une âme de justicière

"J’ai toujours pensé qu’il fallait s’engager pour défendre les autres et se battre pour faire avancer les choses", commence Mélanie Luce. Depuis la 3e, la jeune femme souhaite devenir avocate en droit pénal ou en droit du travail. Ce domaine qu’elle étudie depuis quatre ans lui a d’ailleurs permis de se rendre compte du rôle de la justice et de toutes les revendications que cela impliquait. "Ce que je veux avant tout, c’est aider et en tant qu'avocate ou militante à l’UNEF, on aide les gens."

Elle qui ne connaissait pas les syndicats étudiants, qui n’avait jamais participé à une manifestation de sa vie et dont les parents ne sont pas engagés, a tout appris en arrivant à Paris. "J’ai assisté à un sitting en sixième, mais il a duré cinq minutes. Après tout le monde est retourné en cours", se souvient-elle le sourire aux lèvres. Pourtant, quelques années plus tard, l’étudiante finit par s’intéresser aux actions syndicales. "J’avais quelques revendications de base mais, au départ, je ne suis pas quelqu’un de convaincu. C’est venu au fur et à mesure."

Un engagement sans faille

Finalement, partager ses idées et défendre ses opinions est vite devenu essentiel pour la jeune femme. "Tout seul, tu ne peux pas changer le monde. C’est le collectif qui nous fait progresser", insiste-t-elle.

Et si Mélanie Luce ne s’imaginait pas un jour devenir présidente de l’UNEF, son ascension n’en est pas moins impressionnante. "Tout a commencé quand je suis arrivée à Assas. L’UNEF faisait une campagne pour des demandes de bourses tardives. Je suis allée me renseigner pour savoir si j’y avais droit. L’UNEF m’a accompagnée dans mes démarches et c’est comme cela que je me suis rendu compte de l’utilité des syndicats."

Après son adhésion à l’UNEF, la jeune femme participe à des activités syndicales autour de la précarité étudiante et du féminisme, deux sujets qui lui tiennent particulièrement à cœur. Elle distribue ses premiers tracts aux étudiants et affiche ses convictions. "Et cela, c’était déjà impressionnant !", se rappelle-t-elle.

Apporter sa pierre à l’édifice

Aujourd’hui, la Toulousaine veut aller encore plus loin. "J’ai une feuille de route à suivre puisque mon mandat s'insère dans la continuité de celui de Lilâ, mais j’ai envie d’y mettre ma patte. D’ailleurs, je me suis fixé plusieurs objectifs." Et la liste est longue. Parmi ceux qui lui tiennent le plus à cœur : le droit d’étudier. "C’est aussi bien lutter contre l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, que de se battre contre la précarité étudiante, la sélection à l’entrée à l’université et tous les types de discrimination. Car ce sont tous des freins à la réussite", s’insurge-t-elle.

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Autre sujet important : la défiance envers les syndicats. "L’enjeu va être de faire évoluer nos pratiques en étant plus présents sur les réseaux sociaux pour répondre aux demandes et accompagner les étudiants." À plus long terme, Mélanie Luce veut aussi faire de l’écologie sa priorité. "On va être les premières victimes du réchauffement climatique, on va devoir s’impliquer davantage à notre échelle et dans les universités." Plusieurs actions devraient être organisées à ce sujet dans les mois prochains.

Militante mais toujours étudiante

Quant à savoir si elle est prête à endosser le rôle de présidente, Mélanie Luce se sent plutôt confiante. "J’ai été bien préparée et bien formée tout au long de mon parcours, mais c’est vrai que je ne m’attendais pas à avoir autant de responsabilités. Je n’ai jamais rêvé d’être présidente de l’UNEF. J’espère juste que tout se passera bien", assume-t-elle.

En plus de son engagement syndical, son objectif est aussi de réussir son entrée en master en septembre prochain. "En période d’examens, mes études sont ma priorité." Si elle se laisse un peu de temps pour voir ses amis et aller au cinéma, elle s’est aussi habituée à adapter son emploi du temps. "On donne beaucoup, c’est très fatigant mais l’UNEF, ça prend aux tripes", affirme-t-elle.

Motivée, Mélanie Luce ne regrette pas une seconde de s’être lancée dans l’aventure. "Même si ça ne sera pas toujours facile, je suis très heureuse de vivre tout cela, c’est une expérience humaine très enrichissante", conclut-elle.