1. Une sélection à l'entrée en master dès la rentrée 2017
Décryptage

Une sélection à l'entrée en master dès la rentrée 2017

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Le projet de réforme prévoit une sélection à l'entrée du M1 et un droit à la poursuite d'études des étudiants. // © JPGPhotos / UT1 Capitole
Le projet de réforme prévoit une sélection à l'entrée du M1 et un droit à la poursuite d'études des étudiants. // © JPGPhotos / UT1 Capitole

À partir de la rentrée 2017, les universités pourront choisir leurs étudiants à l’entrée du M1. Mais, parallèlement, tous les étudiants titulaires d'une licence et souhaitant poursuivre leurs études devront se voir proposer une place en master. Si les principes de la réforme sont fixés, de nombreux détails pratiques sont encore en discussion.

Un accord sur la sélection en master est signé aujourd'hui, mardi 4 octobre 2016, par l'ensemble des parties prenantes, Ministère, organisations étudiantes, syndicats et présidents d’université. Il crée "un droit à la poursuite d'études" en master pour tous les titulaires d'une licence, tout en permettant aux universités de choisir leurs étudiants à l'entrée du M1.

Cette réforme arrive après que le Conseil d’État a jugé illégale, en février 2016, la sélection entre le M1 et le M2. Un décret listant les M2 sélectifs avait par la suite été publié, une solution provisoire qui n’avait pas permis d’endiguer le flux de litiges devant les tribunaux administratifs.

Une sélection à l'entrée du M1

Les universités pourront donc "fixer des capacités d'accueil pour l'accès" au M1 et, dans ce cas, "l'admission des étudiants sera subordonnée à un concours ou à l'examen du dossier du candidat". La sélection entre le M1 et le M2 disparaîtra alors.

Quelques exceptions seront admises : certains masters continueront d'accepter tous les titulaires d'une licence et maintiendront une sélection entre le M1 et le M2. Ce devrait être le cas uniquement en droit et en psychologie. En effet, dans ces domaines de formation, l'accès à certaines professions se fait par des concours accessibles dès le M1. "Une situation transitoire, en attendant une solution plus pertinente", précise Jimmy Losfeld, président de la FAGE.

Le recteur, garant du droit à la poursuite d'études

Comment se traduira ce "droit à la poursuite d'étude des étudiants" ? Vous pourrez toujours postuler à autant de masters que vous le souhaitez et pour cela, vous pourrez également vous appuyer sur un portail des masters appelé trouvermonmaster.gouv.fr : cette plateforme, qui ouvrira en janvier 2017, devrait recenser l'ensemble des masters proposés sur le territoire, les pré-requis exigés, et les mentions de licences permettant de candidater.

Dans l'hypothèse où vous ne seriez retenu dans aucun des masters demandés, c'est le recteur de la région académique qui jouera le rôle de médiateur. Il devra faire trois propositions de formations, tenant compte "du projet professionnel de l'étudiant et des prérequis des formations."

Des bourses à la mobilité

L'une des propositions du recteur devra concerner "en priorité l'établissement de l'étudiant [...] et, à défaut, un établissement de la région académique." Dans l'hypothèse d'une mobilité forcée de l'étudiant, un fonds spécifique d'aide à la mobilité est également prévu afin de financer des bourses.

Une loi devrait être votée au cours des mois prochains afin de concrétiser cet accord. Mais les détails pratiques sont encore en discussion... Une affaire à suivre avec attention.

Lire sur Educpros : Universités, la sélection en master sur les rails