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Emploi : les entreprises en quête de travailleurs handicapés diplômés

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Quelle que soit la nature de votre handicap, plus votre niveau de diplôme sera élevé, plus votre profil intéressera les grandes entreprises.

Embaucher des jeunes diplômés en situation de handicap, les grandes entreprises ne demandent que cela. Et pourtant... rares sont celles qui atteignent le minimum de 6 % de travailleurs handicapés imposé par la loi.

Travailleuse handicapéeLa Société générale, qui depuis 2007 a signé un accord en faveur de l'emploi de personnes handicapées, atteint aujourd'hui un taux de 2,45 %. L'année dernière, l'entreprise a recruté un millier de jeunes diplômés, dont 50 sont en situation de handicap.

"Nous sommes dans la moyenne du secteur bancaire", précise Richard Ozwald, le responsable diversité et mission handicap, qui rappelle "la grande difficulté, pour toutes les entreprises, à recruter des jeunes diplômés à partir de bac+2 et au-delà".


Des entreprises handi-accueillantes

À cela, deux raisons principales. Tout d'abord, vous n'êtes pas assez nombreux à continuer vos études une fois le bac en poche. Ensuite, vous êtes trop nombreux à passer votre handicap sous silence. Une légère surdité, des problèmes de dos persistants, une maladie rare qui exige d'importants soins médicaux... sont autant de situations dont vous vous accommodez. Sans en alerter votre école, donc l'entreprise, quand vous cherchez un stage ou un premier emploi. Est-ce vraiment dans votre intérêt ?

Un aménagement de vos con­ditions de travail par l'entreprise qui vous accueillera est ­toujours possible : matériel bureautique adapté, fauteuil ergonomique, autorisation d'absences si nécessaire, ou bien encore une prise en charge des frais de taxi entre votre domicile et le lieu de travail... "Et si le jeune le souhaite, nous gardons la confidentialité de sa situation vis-à-vis de son école", ajoute Richard Ozwald.

L'objectif de la Société générale, qui a reçu le label handi-accueillant de l'Afnor comme de nombreux grands groupes, est de tout mettre en œuvre pour recruter des personnes handicapées, mais surtout pour les maintenir dans l'emploi. L'établissement bancaire a ouvert un blog (tous­uniques.fr) et il organise tous les ans un forum de recrutement : Pass pour l'emploi. En interne, le personnel dispose d'un numéro vert anonyme pour toutes les questions concernant le handicap.

"Malgré la bonne volonté des entreprises, le recrutement des personnes handicapées n'est pas toujours simple. Si la déclaration du handicap peut accélérer le processus au niveau des ressources humaines, cela peut être un frein au niveau opérationnel. L'information doit être accompagnée en interne par des formations aux managers", rappelle Marion Sebih, responsable partenariats chez Hanploi, un site Internet spécialisé dans le recrutement des personnes handicapées.


Du recrutement spécialisé

La banque fait aussi appel à des associations et cabinets de recrutement spécialisés dans le placement de diplômés handicapés. "Ces cabinets ont l'avantage d'être implantés en régions, or certains handicapés sont forcés de postuler près de chez eux", souligne Richard Ozwald.

Patricia de Kermoysan est directrice associée de Défi RH, un cabinet rennais spécialisé dans le placement de personnes handicapées, plus particulièrement détentrices de bac+2/3. Pour faciliter les entretiens quand les candidats habitent loin de Rennes ou de Paris, le cabinet les organise par webcam. "Les jeunes n'ont pas le réflexe de se tourner vers les cabinets de recrutement, qu'ils soient handicapés ou non. Et, pourtant, nous n'arrivons pas toujours à répondre aux demandes des entreprises sur des profils juniors, que ce soit pour une embauche ou une formation en alternance. Nous cherchons en permanence des commerciaux, des comptables, des assistantes de direction", relate-t-elle.


Misez sur l'alternance


Trois dispositifs facilitent le recrutement en apprentissage d'étudiants handicapés dans les secteurs de la banque, de l'assurance et de l'aéronautique.

Passez le cap de la licence

Les étudiants handicapés sont moins nombreux à poursuivre leurs études en master que les autres étudiants (22 %, contre 32 %), alors qu'ils sont plus représentés en licence (76 %, contre 62 %).

Source : ministère de l'Enseignement supérieur.

Sommaire du dossier
Le handicap : un atout pour le recrutement ? Handicap : “J’ai visé les entreprises qui ont une politique handicap plus favorable.”