1. En images. Au cœur de la manif contre la loi Travail
Reportage

En images. Au cœur de la manif contre la loi Travail

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Refus de la précarisation, craintes quant à leur avenir professionnel... Les jeunes – lycéens, étudiants et salariés –, qui défilaient ce 9 mars 2016 contre la loi Travail, exprimaient également un ras-le-bol plus général envers la politique du gouvernement. Rencontres en images.

Contre la Loi Travail, lycéens, étudiants et jeunes diplômés sont descendus le 9 mars dans la rue

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  • Les étudiants à la manif du 9 mars 2016 contre la loi Travail. Seront-ils plus nombreux le 17 ? // © Etienne Gless
    Les étudiants à la manif du 9 mars 2016 contre la loi Travail. Seront-ils plus nombreux le 17 ? // © Etienne Gless
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  • Les étudiants à la manif du 9 mars 2016 contre la loi Travail. Seront-ils plus nombreux le 17 ? // © Etienne Gless
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  • Ambiance bon enfant à quelques minutes du début de la manifestation parisienne.

    Place de la République à Paris, les lycéens, à l'appel des syndicats UNL, FIDL ou SGL, sont arrivés les premiers depuis la place de la Nation. Ils s'y étaient réunis dès 10h30. Les étudiants se sont rassemblés ensuite à l'appel de l'UNEF ou Solidaires étudiant-e-s. Les syndicats de salariés en provenance du siège du Medef les ont rejoints en dernier. À 14 heures, le cortège de lycéens, d'étudiants et de salariés pouvait s'élancer.

  • Yassine, 23 ans, étudiant en journalisme à l'IEJ et membre du Collectif citoyen du 9 mars

    "Avec ce projet de loi, l'État abandonne sa fonction de médiation entre salariés et entreprises. Avec le primat accordé aux accords d'entreprises, les salariés vont se retrouver seuls face aux employeurs sans l'État pour les protéger. Le rapport de force sera encore plus déséquilibré qu'aujourd'hui. Pour moi qui ai déjà du mal à trouver des stages et des piges, l'avenir devient plus sombre."

  • Laure et Élodie (au centre), 23 ans, et leurs amies, infirmières jeunes diplômées.

    Laure et Élodie (au centre), 23 ans, sont infirmières à l'hôpital Saint-Louis à Paris. C'est le premier poste de leur vie professionnelle. Pour ces jeunes diplômées de 2015, "le projet de loi Travail est injuste. Nous avons l'impression de reculer dans le temps par rapport à nos collègues plus anciens. Ce qu'ils ont gagné comme acquis, on est en train de le perdre. La loi de Madame El Khomri est la goutte d'eau qui fait déborder le vase."

  • Lycéennes et lycéens mènent le bal contre la loi Travail.

    Malgré la pluie, les lycéens étaient les premiers mobilisés. En Île-De-France, une quarantaine de lycées étaient bloqués ce mercredi.

  • L'université Paris 8 contre la loi Travail… comme contre le CPE dix ans plus tôt.

    "Loi Travail, t'es foutue ! Paris 8 est dans la rue !" L'université Vincennes-Saint-Denis était fortement mobilisée dans la rue, ce 9 mars 2016. Dix ans plus tôt, contre le projet de CPE (contrat première embauche), ses étudiants étaient déjà en pointe.

  • Charles, 19 ans, étudiant en LLCE anglais à Paris-Sorbonne (Paris 4)

    "Je soutiens la mobilisation contre le texte de loi Travail. Je me suis renseigné sur ce projet après avoir vu la vidéo d'un collectif de vidéastes Les Youtubeurs. En suivant le #OnVautMieuxQueCà, j'ai été sensibilisé et j'ai eu envie d'en savoir plus et de m'informer. J'ai suivi le lien Internet LoiTravail.lol qui menait à la pétition en ligne lancée par la militante féministe et politique Caroline de Haas. Beaucoup de témoignages de travailleurs précaires expliquent pourquoi ils le seront encore plus si ce texte de loi était voté et appliqué. En écoutant les arguments des uns et des autres, je ne suis pas rassuré quant à mon avenir."

  • Sonia, 27 ans, étudiante en 5e année de psychologie à Paris 8

    "Je suis venue manifester contre la philosophie d'ensemble du texte de loi Travail. Je trouve que c'est pire que le CPE (contrat première embauche) que le gouvernement Villepin voulait imposer aux jeunes en 2006. J'étais déjà mobilisée contre à l'époque. Cette fois, le gouvernement Valls veut jeter aux oubliettes le Code du travail pour l'ensemble des salariés. Ce n'est plus une période d'essai rallongée comme en 2006 avec le CPE. C'est carrément une période d'essai durant toute notre existence professionnelle. Désormais, le patronat aura tous les droits."

  • Maayane, élève en terminale S au lycée Racine et présidente du SGL (Syndicat général des lycéens)

    "Avec d'autres organisations lycéennes, nous appelons au retrait pur et simple du projet de loi Travail. Apprentis mineurs, lycéens, étudiants... tous les jeunes doivent se sentir concernés par ce texte. Il veut remettre en cause de nombreux acquis sociaux : le travail des apprentis mineurs peut passer à 40 heures, une entreprise par accord pourra baisser les salaires et changer le temps de travail. Ce gouvernement prépare déjà les élections et se droitise pour ramener à lui un maximum d'électeurs. Déjà qu'en sortant du lycée, on n'est pas sûr de pouvoir trouver une fac pour s'inscrire et étudier ! Après l'état d'urgence, après la déchéance de nationalité, trop c'est trop !"

  • Etudiants, lycéens et jeunes diplomés salariés se mobilisent le 9 mars pour dire non au texte de loi Travail.

    Étudiants, lycéens et jeunes diplômés salariés se mobilisent le 9 mars pour dire non au texte de la loi Travail de Myriam El Khomri

  • Maria, 23 ans, étudiante en thèse d'économie à Paris 13 (Villetaneuse-Bobigny-Saint-Denis)

    "Je me suis déguisée en koala pour avoir chaud et pour mettre une touche d'humour dans la manifestation ! Je trouve important de se mobiliser tout en gardant le sourire. Sur le fond, cette loi va précariser encore plus les gens. La facilitation du licenciement sous prétexte d'encourager l'embauche est une hérésie en période de crise économique comme actuellement. Cela risque même de faire diminuer encore plus le nombre d'emplois. Ce type de politique est tenté depuis des années et ne marche pas. J'ai lu le projet de loi El Khomri première version : il proclame que ce sont aux salariés de s'adapter à l'entreprise. Cette philosophie va à l'encontre de l'histoire du droit du travail. Privilégier l'accord d'entreprise est injuste : le rapport de force est asymétrique entre salariés et employeurs."

  • Mohamed, 20 ans, étudiant en informatique et salarié dans un magasin

    Mohamed est un ancien élève du lycée Maurice-Ravel et militant au Mouvement lycéen indépendant, il a mobilisé durant 2 semaines, via les réseaux sociaux, les jeunes pour les faire descendre dans la rue. "Un jeune de moins de 25 ans sur trois sera touché par ce texte de loi qui tire un trait sur 40 ans d'acquis sociaux. Les stagiaires qui touchent environ 400 € par mois pour un temps plein pourront désormais être amenés à travailler jusqu'à 12 heures par jour et 46 heures par semaine pour la même rémunération. Si on compte 200 heures travaillées par mois pour 400 €, le stagiaire ne coûtera à l'employeur que 2 € de l'heure !"

  • L'UNEF mobilisait les étudiants contre le texte de la loi Travail

    L'UNEF, premier syndicat étudiant, est à l'origine de la mobilisation des jeunes de l'enseignement supérieur contre la loi Travail. Il était bien représenté dans le cortège.

Lyon, Marseille, Grenoble, Bordeaux, Lille, et bien sûr Paris... Pour la première journée d'action contre le projet de réforme du Code du travail, les lycéens ont bloqué, mercredi 9 mars 2016, une centaine de lycées en France (100 selon l'UNL [Union natinale lycéenne] et 90 selon l'Éducation nationale). Une quarantaine de lycées, notamment, étaient  bloqués en Île-de-France.

Selon FO et l’UNEF les quelque 150 manifestations en France ont mobilisé entre 400.000 et 500.000 personnes dont 100.000 jeunes lycéens ou étudiants. Ces derniers étaient également présents dans les cortèges auxquels se mêlaient beaucoup de salariés. Ils répondaient à l'appel des organisations syndicales, l'UNEF (Union nationale des étudiants de France) en tête.

Si la pluie et le froid en ont dissuadé certains de venir protester dans la rue, ceux qui sont venus étaient mo-ti-vés ! L'Etudiant a interviewé des jeunes mobilisés par leurs parents qui travaillent, leurs amis ou par les réseaux sociaux (le #OnVautMieuxQueCa, la pétition en ligne Loitravail.lol, le collectif Les youtubeurs...). Tous expriment la même peur des licenciements abusifs, de la hausse de la précarisation. Et pour certains, après la prolongation de l'état d'urgence et le débat sur la déchéance de la nationalité, la loi Travail est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Paroles recueillies à Paris, entre les places de la Nation et de la République.