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5 raisons de miser sur le crowdfunding

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Faire appel à des donateurs : une bonne façon de lancer vos projets. // © Fotolia
Faire appel à des donateurs : une bonne façon de lancer vos projets. // © Fotolia

Vous êtes de plus en plus nombreux à vouloir développer des projets. De la création d'entreprise ou d'associations à des voyages ou reportages, le mode de financement est toujours une question importante. Le crowdfunding, ou financement participatif, devient ainsi très répandu chez les jeunes. On vous donne 5 raisons de miser dessus.

LE CROWDFUNDING, C'EST QUOI ?

Le principe du crowdfunding – ou financement participatif – est simple : vous présentez votre projet, vous indiquez la somme dont vous avez besoin, vous proposez des contreparties – souvent des cadeaux en échange du don, mais plus la somme donnée est importante plus la contrepartie doit être intéressante – et tout à chacun peut venir vous soutenir financièrement.

En France, le financement participatif s'est notamment fait connaître avec l'éclosion d'un chanteur : Grégoire. En 2007, cet inconnu récolte 70.000 € sur la plate-forme MyMajorCompany pour financer son album. Une campagne réussie, qui en a inspiré d'autres par la suite. Et dans tous les domaines. Un Américain a même récolté plus de 35.000 dollars (environ 32.000 €) pour créer... une salade de pommes de terre. Du côté des plates-formes, les trois plus connues du grand public français sont MyMajorCompany, Ulule, et KissKissBankBank. Elles aident à définir le projet et mettent en avant sur leur site les plus populaires. Une aide non négligeable. Alors, pourquoi miser sur le crowdfunding ? Démonstration en 5 points.

#1. Gagner en crédibilité

Ne vous faites pas d'illusion : la majorité des dons viendra de vos amis et de vos connaissances. Passer par le crowdfunding est un moyen de bien présenter votre projet et de le rendre plus sérieux. Vos amis seront davantage convaincus s'ils voient une page soignée, avec des photos et des vidéos explicatives, plutôt que si vous leur en parlez entre deux verres à une soirée. Avec le crowdfunding, vous vous adressez à un public moins spécialisé que si vous envoyiez un dossier de financement à destination d'entreprises ou à des fonds publics. Un effort de pédagogie doit donc être fait à son maximum.

#2. Récolter de l'argent par des réseaux élargis

Si la majorité des dons viennent souvent des amis, il est possible de toucher un public plus large. Avec une page de présentation soignée, efficace et si possible multimédia, vos contacts pourront la partager sur les réseaux sociaux et atteindre d'autres donateurs. Effet boule de neige garanti si votre projet est séduisant !

#3. Développer votre communauté

Une communauté de soutien, c'est toujours utile pour monter et porter un projet. Quel qu'il soit, du tour du monde humanitaire à la création d'entreprise, cela pourra vous servir. Le crowdfunding est un excellent moyen d'impliquer les donateurs et de créer cette communauté. En soutenant financièrement votre idée, ils s'en sentiront forcément plus proches. Ils deviendront vos meilleurs ambassadeurs, en partageant vos nouvelles sur les réseaux sociaux et en en parlant à leur tour à leurs amis.

#4. Tester votre projet grandeur nature

Dans tout projet, il y a des erreurs, des points à améliorer ou à revoir. Le présenter à un grand nombre de personnes, c'est maximiser les chances de recevoir des conseils et découvrir des failles. Une grande communauté verra sûrement des choses que vous n'aurez pas vues, connaîtra des personnes utiles dont vous n'aviez pas le contact.

#5. Développer vos compétences

Avant même de lancer votre campagne de financement, un important travail est nécessaire. Préparer son projet, le mettre bien en avant, réfléchir à la communication, c'est déjà tout un travail. Mais il ne faut surtout pas s'arrêter une fois l'entreprise lancée. Communiquer sur la campagne de financement, interagir avec les donateurs ou encore donner des nouvelles des avancées réalisées sont des actions très utiles, voire indispensables. Vous développerez ainsi de nouvelles compétences, qui pourront plaire un jour aux recruteurs : communication sur un projet/produit, interaction avec une communauté, mise en place d'une page de présentation...


LA CAMPAGNE DE CROWDFUNDING RÉUSSIE D'EMMA ET D'ESTELLE

En octobre-novembre 2014, Estelle Faure et Emma Roulin, deux journalistes pigistes de 27 ans, sont parties en reportage aux quatre coins de l'Europe à la rencontre d'adolescents entreprenants. La partie reportage a été financée par des bourses, notamment de la Mairie de Paris et de la région Île-de-France. Mais il leur manquait 3.500 € pour la conception et le développement de leur interface multimédia. Une somme récoltée grâce au financement participatif. Leur projet, "la Dream Teen", a ainsi vu le jour.

Rien de magique

"C'était plus logique de mener la campagne de financement participatif après, en rentrant de reportage, fin novembre 2014. On pouvait montrer des éléments pour que le projet multimédia voie le jour. Forcément, cela implique plus les gens", résume Emma. Les deux amies ont choisi la plate-forme KissKissBankBank pour récolter les 3.500 € manquants. "Il ne faut surtout pas imaginer que c'est quelque chose de magique. Cela demande énormément de temps", font-elles remarquer. Un mois et demi avant, elles avaient cherché des relais pour diffuser le projet, réfléchir à sa présentation, le graphisme, les contreparties données aux contributeurs. Ces dernières pouvaient aller du simple remerciement au cour de guitare ou un concert donné par un des jeunes interrogés, en passant par la distribution de badges avec le logo, de tablettes de chocolat, etc.

Un impératif : boucler à temps

La campagne est très bien partie au début : en 15 jours, les journalistes avaient déjà obtenu 70 % de la somme demandée. Puis vint le coup de mou. "C'était pendant la période des attentats de janvier 2015. On a fait une pause pendant une semaine et demie", raconte Emma. Mais leur projet étant rapidement arrivé dans la section populaire du site, elles sont parvenues à boucler leur campagne à temps. Chaque collecte s'étale en effet sur un temps limité. Si la somme demandée n'est pas atteinte en 40 jours, par exemple, les donateurs sont remboursés... et le financement échoue.

Un projet béton de rigueur

Cette campagne de financement participatif reste un très bon souvenir pour les deux journalistes. "C'est chouette, on a créé quelque chose, une vraie communauté autour du projet", se réjouit Emma. Mais la jeune journaliste ne pense pas retenter l'expérience. "J'ai sollicité tout mon réseau pro et perso pour celui-là, je ne vais pas le refaire dix fois. C'est un peu délicat", justifie-t-elle. Ses conseils : "Pour réussir sa campagne, il faut bien la préparer. Que ce soit le texte de présentation, les types de contreparties, le réseau, etc.". Elle recommande également d'avoir un projet "béton et cohérent". "Ce n'est pas quelque chose qui s'improvise." Pour Emma et Estelle, cela a marché. Alors pourquoi pas pour vous ?