1. Quel type d'emploi exercerez-vous selon le niveau de votre diplôme ?
Enquête

Quel type d'emploi exercerez-vous selon le niveau de votre diplôme ?

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Licence pro, L1, L2 ou master… le niveau et la spécialité du diplômes décident en grande partie de votre avenir professionnel. // © Unîmes
Licence pro, L1, L2 ou master… le niveau et la spécialité du diplômes décident en grande partie de votre avenir professionnel. // © Unîmes

INFOGRAPHIE - Débuterez-vous votre carrière comme cadre ? Profession intermédiaire ? Employé qualifié ? Une étude du Cereq permet de rapprocher le niveau d’études, la filière et le type d’emploi décroché à l’issue du diplôme. Verdict.

Quel type d'emploi occuperez-vous après être sorti de l'enseignement supérieur ? Bien sûr, votre avenir n'est écrit nulle part. Mais pour la génération sortie de l'enseignement supérieur en 2010, les jeux sont faits.

Le Cereq, qui mène des études sur l'emploi et les qualifications, s'est penché sur le destin professionnel de 369.000 jeunes 3 ans après être sortis, diplômés ou non, de l'enseignement supérieur en 2010. Voici ce qu'il faut en retenir et notre infographie interactive qui vous permettra de comparer les conditions d'insertion professionnelle en fonction des niveaux d'études, mais aussi des filières

Le diplôme protège encore plus depuis la crise

Le chômage de masse fait planer la crainte du déclassement social chez les diplômés du supérieur. Ne stressez pas outre mesure ! L'enquête du Cereq se garde du catastrophisme : votre diplôme continue dans l'ensemble de bien vous protéger. 76 % des diplômés accèdent rapidement et durablement à un emploi.

C'est l'absence de diplôme qui prédispose davantage au chômage ou aux emplois à bas niveau de qualification. Près d'un jeune sorti sans diplôme du supérieur sur quatre est au chômage 3 ans plus tard. 39 % des jeunes qui ont échoué au niveau L1 ou L2 universitaire occupent un emploi non qualifié 3 ans plus tard. Même proportion (4 sur 10) chez ceux qui ont échoué à obtenir un BTS ou un DUT. Ils sont en revanche moitié moins à occuper un emploi sans qualification s'ils ont décroché un BTS industriel (18 %) ou un DUT (19 %).

Moralité : le diplôme protège encore, même si les conditions d'accès à l'emploi des diplômés se sont – un peu – dégradées depuis la crise de 2008. Aux niveaux bac+2/+3 c'est la filière santé-social qui s'en tire le mieux avec un taux de chômage à 3 ans de 2 %.

Au niveau L3, avantage à la licence pro

À partir du niveau bac+3, les diplômés restent pour la plupart largement épargnés par le risque d'occuper des emplois non qualifiés. Mais au niveau licence, les résultats sont très hétérogènes : le taux de chômage des diplômés de niveau L3 varie de 2 à 21 % selon le type de diplôme ou les disciplines.

"A priori les sortants des formations de licence professionnelle ont un avantage en termes d'insertion sur ceux sortant de licence générale", remarque Virginie Mora, chargée d'étude au Cereq. Le taux de chômage des sortants de LP (licence pro) est en effet inférieur de 4 points (10 %) à celui des diplômés de L3 générale (14 %). Un avantage somme toute assez logique puisque les LP, qui forment à un métier précis, ont vocation à une insertion immédiate sur le marché du travail et prévoient un stage long (de 12 à 16 semaines).

Mais, là encore, tout dépend des spécialités de formation. Certaines spécialités de licence générale s'en sortent mieux sur le marché du travail que les licences pro : ainsi le taux de chômage des diplômés d'une LP du domaine des "services à la personne et à la collectivité" (LP activités juridiques, achat public, sécurité des biens et des personnes, protection et valorisation du patrimoine historique et culturel…) est de 18 % 3 ans après la fin de leurs études, contre 8 % pour les titulaires d'une licence générale en sciences par exemple.

À noter, dans certaines spécialités, licences pro et licences générales font jeu égal. Ainsi le taux de chômage est le même – 12 % – chez les diplômés d'une licence pro "maintenance et technologie systèmes pluri techniques" que pour les diplômés d'une licence générale de philo, socio, psycho ou sciences de l'éducation. Autrement dit, si le niveau de diplôme joue sur les conditions d'insertion, la spécialité choisie a aussi un fort impact.

Statut cadre en début de carrière : réservé aux M1 au minimum

Et côté statut de l'emploi ? C'est la bonne nouvelle de l'étude : "Malgré la crise de 2008, les jeunes sortis de l'enseignement supérieur en 2010 occupent plus d'emplois cadres que leurs ainés sortis avant la crise", observe Virginie Mora. Parmi l'ensemble des sortants, 33 % des jeunes en emploi occupaient un poste de cadre, et 40 % un poste relevant des professions intermédiaires 3 ans après la fin de leur formation initiale.

Cependant, l'accès au statut de cadre en début de vie active est rendu encore sélectif par les recruteurs depuis la crise de 2008. "L'accès aux positions de cadres dès les premières années de la vie professionnelle est plus probable à partir de bac+4 (M1) pour les diplômés de spécialités scientifiques et bac+5 pour les autres", souligne Virginie Mora. Sans compter que, là aussi, les différences demeurent importantes selon les filières et spécialités d'origine. Chez les scientifiques, les sortants d'écoles d'ingénieurs gardent ainsi une nette avance sur les diplômés scientifiques bac+5 sortis de l'université : 88 % des ingénieurs occupent un emploi cadre en début de carrière contre 73 % des titulaires d'un M2 sciences.

Reprise d'études : une pratique gagnante en essor

Reprendre ses études après une année d'interruption pour vivre une expérience professionnelle ou se donner le temps de la réflexion et se réorienter est une stratégie de plus en plus courante. "Pour la génération 2010, 16 % des diplômés du supérieur ont repris des études d'une façon ou d'une autre (classique ou en alternance) dans les 3 ans qui ont suivi leur fin de formation initiale, un pourcentage en hausse constante depuis 15 ans", souligne l'étude du Cereq.

Pour les jeunes sortis sans diplôme du supérieur, les chiffres sont encore plus éloquents : 31 % ont repris des études rapidement. "Études, emploi... Les jeunes ont depuis 15 ans une perception plus souple des deux univers. Les allers-retours se multiplient", constate encore Virginie Mora. Les portes ne sont donc pas closes.

Comment utiliser notre comparatif
À partir des données de l'enquête "Génération 2010" du Cereq, l'Etudiant a établi l'infographie interactive suivante. En cochant plusieurs diplômes dans la colonne de droite du graphique, vous pourrez comparer le type de poste obtenu avec un même diplôme, mais dans des spécialités différentes ; ou dans un même secteur, à des niveaux d'études plus ou moins élevé.