1. Volontaire en service civique, elle œuvre pour l’accueil des réfugiés
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Volontaire en service civique, elle œuvre pour l’accueil des réfugiés

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Marie organise tous les événements permettant à la  communauté Singa de se retrouver. // © Photo fournie par le témoin
Marie organise tous les événements permettant à la communauté Singa de se retrouver. // © Photo fournie par le témoin

LES JEUNES ONT DE L'AVENIR - Marie, 25 ans, est volontaire en service civique chez Singa, une association spécialisée dans l’accueil des personnes réfugiées. Une expérience à la fois très pratique et humainement enrichissante, que la jeune diplômée va poursuivre en tant que salariée.

"J'ai appris la vie !", garantit Marie, interrogée sur son expérience chez Singa. Depuis janvier 2015, sa mission de service civique porte sur le tutorat. "En fonction de leurs centres d'intérêt communs, je mets en relation les gens pour composer des binômes avec quelqu'un qui parle le français et une personne réfugiée qui l'apprend".

Marie organise aussi tous les événements permettant à la communauté Singa de se retrouver. "Tournois de foot, cinéma, pièces de théâtre, visites de musées, projections de films…", ces temps de rencontre sont aussi variés que le quotidien de la volontaire de 25 ans.

De l'humilité avant tout

Plutôt timide à la base, Marie anime aussi la formation des bénévoles qu'elle a elle-même suivie en arrivant au sein de l'association. Et parmi tous ses apprentissages - "des choses pratiques", "écouter plutôt que parler", "faire parler les gens" -, c'est sur "l'humilité" que Marie tient à insister. "Être en service civique dans une association qui travaille avec des réfugiés ce n'est pas faire quelque chose POUR les gens, mais faire AVEC les gens."

La communauté Singa compte aujourd'hui plus de 1.000 personnes. Elle réunit environ 200 personnes chaque semaine (100 binômes francophone/réfugié), au début de la mission de Marie, ils n'étaient qu'une vingtaine. C'est "l'effet de la médiatisation de la situation des réfugiés", commente-t-elle.

Soirée Youth We Can

Forte de ses 10 ans de scoutisme, d'un master en relations internationales obtenu à l'Australian National University de Canberra, d'une création d'association étudiante et d'une expérience au sein du collectif Stop harcèlement de rue, Marie a d'abord hésité à travailler "dans l'interculturel ou le féminisme". En septembre 2014, la jeune femme a tranché. "J'ai su que je voulais travailler chez Singa en voyant Nathanaël Molle, directeur de Singa, pitcher lors de la soirée Youth We Can, dans le cadre du Forum Convergences", se souvient-elle. 4 mois plus tard, elle commençait son service civique.

Du service civique au CDI

"J'ai appris que je pouvais tout faire et tout réussir entourée des bonnes personnes et en travaillant avec plaisir. On fait ensemble. On fait de tout. On a 1.000 idées à la minute. C'est comme ça que je veux travailler", assure Marie. Début octobre 2015, elle poursuivra son travail chez Singa en contrat à durée indéterminée. Nathanaël Molle se réjouissait de pouvoir intégrer "quelqu'un d'hyper impliqué, qui a beaucoup appris" et qui "va encore apprendre beaucoup, en ce qui concerne le management, notamment". De quoi motiver celle qui n'exclut désormais plus de "monter un jour [sa] boîte dans l'économie sociale et solidaire". Forcément.

Vous voulez contribuer à l'accueil et l'accompagnement des réfugiés sur le sol français ?
La mission de service civique que Marie quitte pour son CDI est toujours disponible ! Et si vous ne décrochez pas celle-ci, soyez rassuré : un "programme d'urgence du service civique pour soutenir les réfugiés" a été annoncé le 18 septembre dernier par le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner. Il prévoit que 1.000 jeunes puissent effectuer un service civique sur ce type de mission. Où ? Auprès d'une collectivité engagée dans l'accueil de réfugiés, d'associations spécialisées ou d'établissements publics. "Une vraie bonne idée", selon la Croix-Rouge française.