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Les syndicats étudiants dressent les enjeux de l’année 2023 pour les universités

Les universités vont faire face à de nombreux défis en 2023.
Les universités vont faire face à de nombreux défis en 2023. © Adobe Stock/Charnchai saeheng
Par Amélie Petitdemange, publié le 02 janvier 2023
5 min

Réforme des bourses, plateforme unique de candidature en master, formation à la transition écologique… Les présidents des syndicats étudiants Fage et Unef pointent les principaux défis de l’année 2023.

De nombreux chantiers attendent les universités en 2023. Le premier concerna les bourses sur critères sociaux délivrées par le Crous. Longtemps annoncée, cette réforme est en cours d’arbitrage. Elle devrait voir le jour en deux temps : une première salve de mesures dès septembre 2023 puis une réforme complète en 2025.

Faire évoluer les conditions d'accès aux bourses Crous

La fédération d’associations étudiantes Fage plaide tout d’abord pour une défamiliarisation de l’aide. L’attribution de la bourse Crous est en effet basée sur le quotient familial, alors que certains étudiants ne reçoivent pas d’aides de leurs parents.

La Fage demande également que l’aide soit territorialisée en fonction du bassin de vie. "Étudier à l’IFSI de Meaux ne coûtera pas le même prix que faire une licence de droit à Assas", pointe Etienne Matignon, président de la fédération étudiante. Il espère par ailleurs la création d’un guichet unique pour avoir accès à d’autres aides, comme les APL par exemple.

Lutter contre les effets de seuil des bourses sur critères sociaux

L’Unef va de son côté en profiter pour proposer à nouveau la création d’une allocation d’autonomie pour les étudiants. "Cela dit, nous sommes inquiets, car il n’y a pas de grosse hausse de budget prévue pour cette réforme", souligne Imane Ouelhadj, sa présidente.
Elle est par ailleurs favorable à une linéarisation des bourses afin de lutter contre les effets de seuil. La bourse sur critères sociaux peut en effet grandement varier lorsque l’étudiant change d’échelon.

Une plateforme unique de candidature en master

L’autre grand changement pour l’année 2023 concerne les futurs étudiants en master. Les candidatures pour ces formations s'effectueront désormais sur une plateforme unique, qui va ouvrir en février. Auparavant, il fallait postuler auprès de chaque université.

"Sur le papier, cela facilite les démarches administratives et unifie le calendrier. Mais la plateforme manque de transparence, nous avons peu d’informations sur son fonctionnement", pointe Imane Ouelhadj. L’Unef s’inquiète de la mise en place d’un algorithme pour classer les dossiers, ce que réfute le ministère de l’Enseignement supérieur.

Quinze vœux non hiérarchisés pour postuler en master

La plateforme ne proposera pas de hiérarchiser les vœux - au nombre de 15 en formation initiale et 15 en formation en alternance -, un point positif selon la Fage. La fédération s’inquiète cependant que la phase complémentaire ne soit pas mise en place cette année, mais à la rentrée prochaine. "Si certaines fonctionnalités ne sont pas prêtes, le temps a-t-il été pris pour travailler correctement et éviter des bugs, comme au début de Parcoursup ?" s’interroge Etienne Matignon.
Ce dernier plaide par ailleurs pour que cette nouvelle plateforme de candidature soit accompagnée d’un plan de création de places en master. Selon le ministère, elle devrait justement permettre de pointer les besoins selon les formations.

Former tous les étudiants à la transition écologique

Enfin, la ministre de l’Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, a annoncé que tous les étudiants seront formés à la transition écologique d’ici 2025. Un socle de compétences sera fixé dès 2023, afin que les établissements puissent s’en saisir. Une bonne nouvelle pour les syndicats étudiants, qui portaient cette revendication.

"Il faudra créer des formations et ajouter des modules à des formations existantes", souligne Etienne Matignon. Selon lui, la bonne réponse consiste à créer un module spécifique afin de former tous les étudiants aux enjeux de la transition écologique, mais aussi diffuser ces problématiques dans les enseignements. "Par exemple, cela serait pertinent qu’un étudiant en chimie connaisse l’empreinte carbone de son expérience", illustre le président de la Fage.
Imane Ouelhadj reste quant à elle vigilante à la forme que prendront ces modules. "Cela doit être un vrai cours dispensé par les universités et en lien avec les formations, pas un Mooc à distance". Elle souligne aussi l’importance de dédier un budget spécifique à la création de ces modules.

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