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Célia, en terminale ES : "Je veux voyager pour voir d'autres façons de fonctionner"

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Attirée par la forêt amazonienne, Célia est partie un an au Brésil. // © Christian Bellavia pour l'Etudiant
Attirée par la forêt amazonienne, Célia est partie un an au Brésil. // © Christian Bellavia pour l'Etudiant

Célia, en terminale ES, est une lycéenne engagée. Pas question pour elle de s'abstenir aux prochaines élections. Portrait de notre série "Avoir 18 ans en 2017 : ils vont voter pour la première fois".

Chez Célia, l'engagement est comme une seconde peau. "À l'école, j'ai toujours eu de bons résultats, mais j'avais l'impression qu'il me manquait quelque chose, que je ne faisais rien pour contribuer à la communauté, se rappelle-t-elle. Maintenant, j'ai l'impression d'être utile."

C'est peu dire que l'élève en terminale ES de Colomiers (31), petite ville près de Toulouse, met à profit son temps libre pour s'impliquer. Guidée toujours par une valeur essentielle à ses yeux : la justice. "Le fait que nous ne soyons pas libres et égaux en droit dans le monde me touche beaucoup", précise-t-elle.

Une lycéenne très impliquée

À peine entrée en seconde, Célia ressuscite le club UNICEF (Fonds des Nations unies pour l'enfance) sommeillant de son lycée et devient jeune ambassadrice de l'association. Participe à l'occasion du G7 en 2014 à une rencontre entre 40 jeunes du monde entier et Angela Merkel [chancelière allemande]. Organise avec des camarades de lycée une vente de viennoiseries en 2015 pour collecter des fonds pour les réfugiés. Monte un débat avec plus de 200 participants sur l'accueil des migrants. Mais sa grande aventure reste son programme d'échange d'un an au Brésil, entre la première et la terminale. "Depuis toute petite, c'est ancré en moi : je suis curieuse de la culture des autres. J'avais très envie de me retrouver en immersion totale."

Cette polyglotte, qui maîtrise quatre langues et s'apprête à passer un bac bilingue, endosse à nouveau son costume d'ambassadrice et multiplie les actions auprès des enfants. Elle s'intéresse de plus près à l'environnement. "Je suis attirée par la forêt amazonienne et le problème de déforestation, explique-t-elle. Pourquoi devrait-on payer les erreurs de nos aînés ? Ce qui m'énerve le plus, c'est que les gens ne se réveillent pas." Sans surprise, sensible aux valeurs d'Europe Écologie-les Verts, elle ne se voit pas militer pour autant. "Je n'ai pas envie qu'on me colle une étiquette : je préfère faire de la politique autrement, par des actions concrètes." Et à terme "travailler pour des causes en voyageant. Je voudrais voir d'autres façons de fonctionner, et revenir en France pour, pourquoi pas, créer une communauté locale autonome en énergie, 100 % verte, comme il en existe déjà", imagine la future candidate à Sciences po.

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Si elle n'envisage pas un instant de s'abstenir de voter "alors que ma grand-mère s'est battue pour que les femmes aient ce droit", Célia a bien du mal à se résigner à donner son bulletin à ceux dont elle est pourtant le plus proche. "À part au niveau local, les Verts sont un peu comme les autres, affirme-t-elle. Certainement animés au départ par des valeurs saines, tous les politiques se laissent corrompre par les lobbys. L'écologie ne devrait pas être un parti, mais un mode de vie."