1. Marceau, en terminale S : "On nous parle du chômage depuis notre naissance"
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Marceau, en terminale S : "On nous parle du chômage depuis notre naissance"

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Marceau, en terminale S, ne se laisse pas gagner par le pessimisme ambiant. // © Marie-Pierre Dieterlé pour l'Etudiant
Marceau, en terminale S, ne se laisse pas gagner par le pessimisme ambiant. // © Marie-Pierre Dieterlé pour l'Etudiant

Dans le cadre de notre enquête "Avoir 18 ans en 2017 : ils vont voter pour la première fois", nous avons rencontré Marceau, élève en terminale S. Le jeune homme n'a pas fait encore de choix définitif mais compte bien utiliser son droit de vote.

Pour Marceau, les prochaines élections promettent d'être un casse-tête. Fils "d'un directeur financier en recherche d'emploi de gauche et d'une consultante de droite", le jeune homme peine à se retrouver dans un échiquier politique dont les clivages lui paraissent dépassés. "Quand je parle politique avec mes parents, chacun me semble un peu dans le vrai, précise le Neuilléen. D'un côté, l'aspect social est primordial : on ne va pas laisser les gens sur le carreau sans les aider. De l'autre, faire marcher l'économie est impossible sans un minimum de libéralisme, pour que les entreprises n'aient plus peur d'embaucher pour des questions de charges. La distinction droite-gauche n'a plus vraiment de sens", estime le jeune homme qui suit l'actualité, et qui s'informe régulièrement sur Twitter, les chaînes d'infos, et même, de temps à autre, les débats politiques télévisés.

Le vote, un devoir

"Certaines questions me touchent beaucoup. Comme la discrimination, qu'il s'agisse de racisme ou de sexisme. Ou le rassemblement de tous les Français autour des valeurs républicaines : elles devraient préoccuper tous les partis." Seulement, comment s'identifier à des prétendants en place depuis des années ? "Le manque de renouvellement des politiques empêche l'émergence d'un candidat jeune qui nous représente", déplore cet élève de terminale S. Marceau aimerait qu'"enfin, les politiques proposent des choses différentes". "Ils devraient tenir compte des mouvements qui, tel Nuit debout, ont le mérite de partager des idées pour essayer de changer les choses." Pourtant, pas question pour lui de s'abstenir.

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"Voter est plus qu'un droit, c'est un devoir, affirme-t-il. Sinon, on laisse la porte ouverte aux partis qu'on ne veut en aucun cas, comme le FN." Alors il pense qu'il pourrait s'orienter vers Emmanuel Macron. "La première qualité d'un président est d'être ouvert sur le monde. Il est le seul à savoir vraiment parler anglais et à avoir fait autre chose qu'une carrière politique en travaillant en entreprise, apprécie-t-il. En plus, il est trentenaire !"

Le jeune homme, qui a prévu de faire médecine pour devenir chercheur, refuse malgré tout de céder au pessimisme. "On nous parle du chômage depuis notre naissance. On est un peu blasés, sourit-il. C'est vrai qu'en regardant le film 'la Haine', qui date de 1993, on a l'impression que le pays stagne ! Mais il ne faut pas dramatiser : la France est un pays où on vit bien, on travaille bien ; elle a des atouts pour se redresser !"