Enquête AFIJ 2012 : seul un jeune diplômé 2011 sur deux a un emploi

Si 80 % des jeunes diplômés 2011 ont occupé un emploi au cours de l’année écoulée, seulement un sur deux est toujours en poste. C’est le constat morose que dresse l’AFIJ (Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés) dans son enquête annuelle.

2012, année morose pour les jeunes diplômés. C’est ce qui ressort de l’enquête annuelle de l’AFIJ (Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés), qui réalise depuis 3 ans une étude auprès de ses adhérents pour connaître leur situation professionnelle un an après l’obtention de leur diplôme (1). Une enquête qui porte sur des profils variés (allant des titulaires d’un bac+2 aux doctorants), tout comme le sont les secteurs d’activité.

Enquête AFIJ 2012-Infographie 1
© AFIJ (Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés).


Principal enseignement de cette troisième édition, si 88 % des jeunes sondés ont occupé un emploi au cours de l’année écoulée (septembre 2011 - septembre 2012), seulement 50 % sont toujours en poste. Parmi eux, 2 sur 3 sont en CDI (contrat à durée indéterminée) ou en CDD (contrat à durée déterminée) de plus de 6 mois. Les autres occupent des postes non pérennes (contrats de moins d’un semestre). Quant à l’autre moitié des sondés, elle est sans emploi.

“Ces résultats attestent d’une situation économique difficile, analyse Christian Darantière, directeur délégué de l’AFIJ. Les entreprises embauchent peu et lorsqu’elles le font, elles préfèrent se tourner vers des profils plus expérimentés, qui seront selon elles plus vite opérationnels.”
 
Moins de responsabilités
Comme les années précédentes, les jeunes titulaires d’un bac+3 ou d’un bac+5 sont ceux qui s’insèrent le mieux. Plus d’un tiers des emplois occupés sont jugés sans évolution, contre 30 % il y a 2 ans. Les postes de cadre et d’encadrement sont moins proposés aux jeunes diplômés. C’est particulièrement le cas pour les diplômés en lettres et sciences humaines.

À l’inverse, les diplômés d’écoles de commerce et les titulaires d’un DUT (diplôme universitaire de technologie) tertiaire sont ceux qui occupent le plus de postes à évolution. Par ailleurs, 61 % des jeunes ingénieurs ont déjà une fonction de cadre. Les entreprises de moins de 200 salariés restent les principales pourvoyeuses d’emploi.

Enquête AFIJ 2012 - Infographie 2
© AFIJ (Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés).

Plus de jeunes femmes en situation précaire
Pour la première année depuis 2010, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à être en poste (52 % contre 48 %). Mais cette évolution positive ne doit pas faire oublier les autres inégalités qui perdurent : les CDI leur sont toujours moins offerts, les postes à responsabilités restent encore majoritairement détenus par les hommes (46 % d’entre eux en occupent un, alors que ce n’est le cas que de 29 % des femmes) et elles sont plus nombreuses à avoir un temps partiel, qui se révèle “subi” pour 3 jeunes diplômées sur quatre. Qui plus est, la différence de salaires demeure : pour un emploi à temps complet, le salaire brut mensuel moyen est de 1.791 € pour les femmes, contre 1.972 € pour les hommes.
 
19 % de jeunes sans emploi depuis leur diplôme
Parmi tous les jeunes sondés, 19 % n’ont occupé aucun poste depuis l’obtention de leur diplôme. La principale difficulté évoquée reste le manque d’offres d’emploi, qui a baissé d’un tiers au cours de l’année selon l’AFIJ. S’ils sont prêts à être mobiles pour décrocher du travail, 44 % des jeunes diplômés n’envisagent cependant pas de quitter leur département. “La mobilité a un coût, analyse Christian Darantière. On le voit dans l’enquête, le soutien financier des proches augmente : beaucoup de jeunes diplômés n’ont pas les moyens de payer un loyer, de s’acheter une voiture.” Priorité est donc donné à un poste situé près du foyer familial. Quitte à accepter un emploi jugé “d’attente”, à défaut de trouver mieux.
 
Céline Authemayou
15 novembre 2012

Les résultats complets de l'enquête AFIJ 2012 “Un an après” (pdf).

(1) Enquête réalisée fin septembre 2012 à partir d’un échantillon représentatif de 1.016 réponses. L’échantillon est composé de 75 % de femmes et de 25 % d’hommes. La répartition des jeunes par niveau de diplôme est de : 23 % de BTS/DUT, 15 % de licence, 5 % de master 1 (bac+4), 55 % de master 2 (bac+5) et 2 % de doctorats. 80 % d’entre eux ont obtenu leur diplôme depuis au moins un an (la plupart des diplômes ont été obtenus entre juin et octobre 2011).

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