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Bac 2018 : pouvez-vous parler d’actu dans vos copies ?

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Se tenir au courant de l'actualité sera toujours un plus pour le bac. // © Fotolia
Se tenir au courant de l'actualité sera toujours un plus pour le bac. // © Fotolia

Politique d'Emmanuel Macron, guerre en Syrie, menace nord-coréenne… Ces thématiques rythment l'actualité depuis plusieurs semaines. Les sujets du bac peuvent-ils traiter de ces questions ? Est-il judicieux de parler de l'actualité dans vos copies ? Nos conseils.

Au bac, en français, philosophie, histoire-géographie ou SES (sciences économiques et sociales), vous devrez disserter sur des questions qui peuvent vous évoquer un sujet d'actualité. Un exemple, au bac S de philosophie de 2017 : "Défendre ses droits, est-ce défendre ses intérêts ?" Si cette question tombait en juin prochain, vous pourriez être tenté de parler de la réforme de la SNCF et de la grève des cheminots. Auriez-vous raison de le faire ? Oui, parfois, et sous certaines conditions, qui varient selon les matières. Ce qui est certain, en revanche, c'est que vous n'aurez pas au bac un sujet en rapport direct avec l'actualité récente, les sujets étant élaborés plusieurs mois avant le bac.

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À l’oral de français, gardez l’actu pour l’entretien

Pour les épreuves de français, la pertinence d'évoquer l'actualité diffère à l'oral et à l'écrit. En ce qui concerne l'oral, si vous souhaitez parler de l'actualité, "ce ne sera que lors de la seconde partie, à l'entretien. La première partie, qui est un exposé du candidat sur un texte, ne doit pas s'éloigner de celui-ci", assure Stéphanie Martel, enseignante au lycée Évariste-Galois, à Sartrouville (78), et membre de l'AFEF (Association française des enseignants de français).

Mais n'hésitez pas à le faire lors de l'entretien : l'effort sera valorisé, à condition que le lien entre le texte et le fait d'actualité soit pertinent. "Par exemple, si le candidat tombe sur "Réparer les vivants", de Maylis de Kerangal, il est possible d'évoquer le cas d'une personne récemment décédée des suites d'une greffe. Cela peut permettre d'élargir la réflexion au-delà du texte et de montrer que le candidat se montre intéressé par l'actualité", précise l'enseignante.

À l’écrit de français, évoquez l’actu dans la conclusion

À l'écrit, tout dépend de l'exercice que vous choisissez. Dans tous les cas, si vous souhaitez parler d'actualité, ce ne doit pas être n'importe laquelle. "En français, il s'agit surtout d'actualité culturelle (littérature, cinéma, théâtre…) mais également les livres que vous avez lus, les films que vous avez vus, etc."

Si vous choisissez la dissertation, évoquer l'actualité ne pourra se justifier qu'en conclusion, au moment d'ouvrir le sujet. Toutefois, et cela vaut pour tous les exercices de toutes les matières, "le lien avec l'actualité est généralement apprécié s'il est fin et réfléchi. Mais l'actualité pour l'actualité, non !" assure Stéphanie Matel.

Si vous optez pour le commentaire de texte, "il n'est pas conseillé de sortir du texte, même si, encore une fois, en ouverture – voire en introduction, pour contextualiser – cela n'est pas interdit, si le lien est intelligent", poursuit l'enseignante.

Pour l'écriture d'invention, cela dépendra du sujet. "Cela peut être envisageable si le sujet est une conversation entre deux personnages d'aujourd'hui", indique Stéphanie Martel. Parler d'actualité alors que le sujet se place au XVIIIe siècle serait en effet maladroit…

En philo, tout peut être relié à l’actualité

"La philosophie est forcément en rapport avec l'actualité", explique Nicolas Franck, enseignant au lycée La Folie-Saint-James, à Neuilly-sur-Seine (92), et président de l'APPEP (Association des professeurs de philosophie de l'enseignement public). Attention : cela ne veut pas dire que le sujet de philo que vous aurez au bac traitera de l'actualité. Cela signifie, selon l'enseignant, que "se questionner de manière philosophique permet de mieux comprendre l'actualité."

Un fait, une thématique d'actualité peut être un moyen de construire une analyse. "Un attentat peut être ramené au travail sur l'État, la violence, la justice. La campagne électorale peut aussi être liée aux chapitres sur l'État, la liberté, voire le désir, si l'on évoque l'ambition présidentielle", cite Nicolas Franck.
Et l'enseignant de vous mettre toutefois en garde : "Les élèves peuvent se laisser emporter par leurs opinions ou leurs convictions par une actualité récente et ne pas avoir assez de distance critique. C'est pour cela que, un jour d'examen, je ne le recommande pas forcément."

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En histoire-géographie, seulement en conclusion

Le problème n'est pas le même en histoire et en géographie. En histoire, par principe, les sujets traiteront d'événements passés. "Si un sujet contient l'expression "jusqu'à nos jours", cela signifie un an avant", indique François Da Rocha Carneiro, enseignant au lycée Jean-Moulin, à Roubaix (59), et vice-président de l'APHG (Association des professeurs d'histoire-géographie).

"En géographie, en revanche, on essaie de faire en sorte que les documents fournis n'aient pas plus de 5 ans. C'est logique : concernant la mondialisation, par exemple, ce qui était vrai en 2010 ne l'est plus vraiment aujourd'hui", justifie François Da Rocha Carneiro.

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Que ce soit en histoire ou en géographie, "rien n'interdit au candidat de faire allusion à l'actualité même très récente. En revanche, il peut le faire quasi uniquement dans sa troisième partie ou en conclusion", précise l'enseignant.

Il s'agit toutefois pour vous de ne pas prendre parti sur ces faits d'actualité mais uniquement d'en faire le constat. Par exemple, si vous avez affaire au chapitre "Les États-Unis et le monde", vous pouvez ouvrir en fin de propos sur la position au départ isolationniste de Trump et qui s'avère finalement interventionniste en Syrie. Pour le chapitre sur les "Mémoires de la Seconde Guerre mondiale", la phrase de Marine Le Pen sur le rôle de la France dans la tragédie du Vél'd'Hiv "montre que la question n'est pas réglée", explique l'enseignant.

À chaque fois, en revanche, "le correcteur valorisera une ouverture sur l'actualité seulement si la réflexion est fine, que la méthode est maîtrisée. C'est comme un condiment : il peut relever un plat qui est déjà bon mais ne peut pas améliorer un mauvais plat. Mais si le candidat n'évoque pas l'actualité dans sa copie, on ne peut pas lui reprocher."

En SES, en lien avec vos connaissances théoriques

En sciences économiques et sociales, l'idée est similaire. "L'utilisation de l'actualité valorisera la copie si cela répond aux exigences de l'exercice. Mais ne pas utiliser l'actualité ne la dévalorisera jamais", assure Marie Marchal, enseignante de SES au lycée Hélène-Boucher, à Paris (XXe).

Les consignes du sujet de bac de SES vous proposent la plupart du temps de travailler "à l'aide du dossier documentaire". Autrement dit, ce n'est pas la seule ressource que vous pouvez mobiliser. Une bonne utilisation de l'actualité consiste à faire le lien avec les connaissances théoriques apprises en classe.

"Par exemple, il est intéressant de regarder les programmes économiques des candidats à l'élection présidentielle. La proposition de revenu universel entre totalement dans les chapitres "Pouvoir public et justice sociale" et "Rapport au travail et intégration sociale". Le protectionnisme vanté par Trump peut aussi être utilisé", ajoute Marie Marchal, qui conseille, dans tous les cas, de se tenir au courant. Un conseil qui vaut d'ailleurs plus largement que pour le bac.